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L'histoire d'un roman gratuit qu'il faut désormais soutenir

Et l'appel est important

Le mardi 12 février 2013 à 18:14:04 - 5 commentaires

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En septembre 2012, nous avions publié un long article racontant l'aventure de Pouhiou et de son livre baptisé #Smartarted - le cycle des Noénautes, une fantaisie urbaine décrivant la cavale d'un héros geek, télépathe, et adorablement antipathique. Il s'agissait d'un roman distribué sous licence libre, et qui méritait que l'on attirer l'attention et plus encore, que l'on sensibilise à cette initiative. 

 

Et voilà que Pouhiou nous a recontactés, quelques mois plus tard : « Je venais vous faire part des suites de l'aventure qui sont... surprenantes. Quelques mois ont passé. Le tome I de mon roman-feuilleton est paru aux éditions Framasoft (une centaine de ventes et plus de 1000 téléchargements), et le tome II a connu un réel succès sur le blog (écrit/publié de septembre à janvier).

 

À l'occasion des précommandes de ce 2e opus, #MonOrchide, Framasoft et moi-même lançons une souscription via UluleLe circuit court va nous permettre de générer des bénéfices (la loi prisunic nous obligeant à encaisser les parts stockage, distribution ou vente). MAIS ces bénéfices seront consacrés à financer la distribution gratuite  d'exemplaires papier du premier tome, #Smartaded. L'idée est de pousser encore plus loin la libre distribution et de montrer les mécanismes qui existent derrière le geste gratuit, le partage. » Et c'est dans un fantastique billet que notre Calimaq national fait le récit de cette aventure éditoriale.

 

  

J'ai déjà à plusieurs reprises parlé sur S.I.Lex de l'aventure des Noénautes (ici ou ). Lancée il y a un an par l'auteur Pouhiou, elle a consisté pour lui à écrire un roman feuilleton sur un blog, au rythme de quatre épisodes par semaine durant quatre mois. De ce marathon d'écriture à ciel ouvert est né un premier roman, #Smartarded,  puis un second ,#MonOrchide, que l'auteur a choisi de diffuser gratuitement en ligne.

 

 

Pour aller plus loin dans cette dynamique de partage, indissociable de sa démarche d'écriture, Pouhiou a décidé de placer volontairement ses écrits dans le domaine public, en optant pour la licence CC0 (Creative Commons Zéro). L'éditeur Framabook lui a ensuite proposé d'éditer son premier roman sous la forme d'un livre papier et si l'aventure s'était arrêtée là, on aurait déjà pu considérer qu'il s'agissait d'une belle histoire de Culture Libre.

 

Mais à l'occasion du premier anniversaire de son projet, Pouhiou se lance - et nous lance à tous – un nouveau défi pour faire en sorte que son roman devienne non seulement libre, mais gratuit… jusqu'au papier !

 J'ai pour habitude de dire que « Mon roman est gratuit. Ce qu'on achète, c'est un objet fait de papier sur lequel l'histoire a été imprimée. »

J'ai envie qu'on me fasse mentir. Que le livre papier puisse devenir « gratuit » à son tour. J'ai envie de voir le regard surpris des gens à qui j'offrirai les 217 pages de #Smartarded en leur disant.

C'est gratuit. Ce qui veut dire que ça a déjà été payé.

Il a fallu les efforts d'un auteur, d'un éditeur et d'une foule de lecteurs pour que cet exemplaire vous soit offert… C'est dire combien on a eu envie de le partager avec vous…

Concrètement, Pouhiou a lancé une opération de crowdfunding sur la plateforme Ulule, dont les dons seront utilisés pour imprimer de nouveaux exemplaires de son premier roman #Smartarded, afin qu'ils puissent être distribués gratuitement, à l'occasion de conférences, de rencontres, de salons.

 

 

 

 

Pouhiou avait déjà initié un jeu de cache-cache génial avec la notion d'auteur, par le biais de la licence CC0. Voilà qu'il se joue à présent des notions de gratuit et de payant et nous entraîne jusqu'au bout de la logique du don. La gratuité est souvent attaquée, comme si elle dévalorisait les oeuvres, mais Pouhiou nous invite à secouer un peu ces préjugés.

 

Il nous montre aussi paradoxalement que la gratuité a toujours un prix et qu'il faut bien mettre en place un modèle économique pour que des choses soient gratuites. Certains de ces modèles économiques sont rapaces et instrumentalisent la gratuité pour en faire un piège à contenus. Mais d'autres peuvent être vertueux et comme Pouhiou a fait voeu de « non-violence légale » avec la licence CC0, il nous propose d'explorer les potentialités de cette économie du don et du contre-don, en nous offrant une chose très précieuse : la liberté de payer.

 

Bien sûr, comme dans toute opération de crowdfunding, les donateurs sont récompensés pour leurs dons par des gratifications. Les premières vous permettront par exemple de recevoir l'eBook du second roman #MonOrchide en avant première sur votre boîte mail, d'obtenir des clés USB ou des livres papier dédicacés. Mais des dons un peu plus importants vous ouvriront droit à des récompenses plus originales !

 

 

La récompense « Ceci n'est pas qu'un partage«  (c'est celle que j'ai choisie of course) vous donne par exemple le grand privilège de… renoncer à votre récompense  ! Au lieu de recevoir un exemplaire papier, vous acceptez qu'il soit donné gratuitement par Pouhiou en votre nom. Excellente mise en abime du concept ! Less is more !

 

Pour 150 euros, avec la récompense « Ceci n'est pas qu'une question d'ego« , un des personnages du troisième roman à venir portera carrément votre nom ou votre pseudo. Une façon pour Pouhiou de prolonger les jeux d'écriture interactifs avec les lecteurs, qu'il a déjà mis en oeuvre dans les romans précédents, en leur demandant par exemple de lui offrir des phrases à insérer dans son texte.

 

Avis à mes collègues bibliothécaires, la récompense ultime « Ceci n'est pas qu'une rencontre » est faite pour vous ! Pour 200 euros, Pouhiou en personne se déplacera dans votre établissement pour une conférence, une lecture publique, un atelier d'écriture ou tout autre proposition indécente que vous lui feriez. Et il viendra les bras chargés d'exemplaires de son roman, que vous pourrez ainsi faire entrer dans vos collections. J'avais déjà écrit un billet pour inciter les bibliothécaires à intégrer les eBooks libres de Pouhiou dans leur offre, voilà une excellente occasion d'augmenter encore l'expérience.

D'autres soutiennent déjà cette initiative, comme Antoine Viry sur @Diffuser.net, qui vient de lancer un vrai-faux concours de remix pour emmener les mots de Pouhiou « là où il ne l'aurait même pas imaginé« . C'est aussi ce genre de choses que permet la licence CC0 !

 

Sur son site Noénaute, Pouhiou a inscrit cette phrase : « Il n'y a pas de marketing, il n'y a que toi« . A nous donc de faire en sorte que cette aventure continue et il reste encore plus d'un mois pour que la campagne de Pouhiou atteigne son objectif ! Quelque chose me dit qu'il va réussir, mais plus les dons seront importants et plus ce succès permettra à sa démarche de rebondir plus loin encore.

 

PS : allez, moi aussi, je mets quelque chose dans la balance. Si Pouhiou réussit son pari, je passe S.I.lex en CC0. Ceci n'est pas une parole en l'air !

Pour approfondir

photo Calimaq S.I. Lex

   

"Juriste", Bibliothécaire / Auteur du blog S.I.Lex http://scinfolex.wordpress.com

 

Mots clés :
licence libre - roman - distribution numérique - Pouhiou



Réactions

Publié par Yohann

 

Mis à part que c'est une belle histoire très morale, est-ce que l'auteur a du talent ?
Parce qu'en définitive, c'est ça qui compte au moins autant que le Common congratulation, non ?
Et ça permettrait de lever partiellement la critique comme quoi ce sont les nuls qui pensent par le partage de leurs bouquins, ou se font éditer numériquement...

Écrit le 13/02/2013 à 09:44

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Publié par Pouhiou

 

Yohann : merci !
En effet, même si je défends ma démarche, j'ai aussi envie que les livres s'échangent par le plaisir qu'ils procurent. C'est ce qu'il semble se passer, au final... Je ne compte plus les témoignages de lecteurs qui viennent sur les NoéNautes parce que c'est libre et qui y restent parce que c'est bon (=agréable pour eux, je ne prévaut pas ici de la qualité).
Quant à ta question, elle fait tellement appel au subjectif que nul critique ne saurait y répondre convenablement. Mais si elle se pose toujours en toi, je t'invite à lire le premier épisode de #Smartarded ici : http://noenaute.fr/livre-i-smartarted/ (pdf, epub, ou blog).
Au Plaisir, donc (parce qu'au fond c'est bien ça qui compte).
Pouhiou.

Écrit le 14/02/2013 à 15:13

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Écrit le 24/04/2014 à 04:41

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