Lecture numérique > Acteurs numériques > Actualité

L'Open Library numérise des oeuvres épuisées, sous droit

Attention, ça va faire réagir

Le jeudi 11 juillet 2013 à 10:52:36 - 1 commentaire

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

L'Open Library est cette émanation de l'Internet Archive, impulsé par Brewster Kahle. Le projet, tant culturel que social doit bénéficier à tous sur la toile, en servant d'archivage pour tout type de documents. Mais quand on évoque un principe de bibliothèque, il y a fort à parier que ce sera une collection de titres numériques. L'intention de Kahle, qui commença à collecter des livres papier, était de les rassembler et après numérisation, de préserver les ouvrages. Tous les ouvrages.

 

 

 IMG_6991

hardwarehank, CC BNY-SA 2.0

 

 

Un projet qui ressemble à bien d'autres, et calqué sur le modèle d'un Google Books, ou d'un HathiTrust, des bibliothèques numériques constituées à partir de numérisations massives. On scanne, puis on rend disponibles pour des extractions, traitant le livre papier et la copie numérisée, comme s'il ne s'agissait que d'un seul et même ouvrage. Une chose qui pose de légers soucis... 

 

Le Wall Street Journal explique ainsi le projet de numérisation d'oeuvres épuisées (tiens donc...) pour lequel oeuvre l'Open Library. Depuis mardi, une association de bibliothèques a créé un site présentant un million d'ouvrages du domaine public, et un catalogue de quelques milliers de titres contemporains, présents dans les bibliothèques publiques. Parmi les premiers acteurs, la Boston Public Library et le Marine Biological Laboratory.

 

Et leur contribution passe par la numérisation d'oeuvres indisponibles : et c'est cette partie du projet qui fait lever quelques sourcils... Dans le monde numérique, le droit d'auteur n'est jamais bien loin, et le cas Google Books a déjà démontré que les ayants droit avait la dent dure. La firme californienne, qui travaille sur cette question de numérisation est en proie à un procès depuis des lustres, opposée aux éditeurs et auteurs qui se considèrent spoliés.

 

Sur Openlibrary.org, on peut ouvrir et consulter des oeuvres numériques sous droit, mais indisponibles dans le commerce : c'est le drame. En outre, Open Library, comme d'autres établissements, prévoit de cataloguer 70.000 titres proposés par le service OverDrive, spécialisé dans l'alimentation en ebooks des établissements. 

 

 

"Je ne comprends pas pourquoi il devrait en être autrement

vis-à-vis du droit d'auteur parce que le livre est épuisé.

Le droit des auteurs ne diminue pas lorsqu'une oeuvre est épuisée.

 

 

Thomas Blake, directeur des projets numériques à Boston rappelle que « les utilisateurs commencent leurs recherches d'informations en ligne. Au lieu de rester assis et d'attendre que les gens reviennent à la bibliothèque, nous souhaitons les rencontrer, où qu'ils vivent ». Mais l'Internet Archive compte bien aller plus loin, et dépasser la simple offre d'OverDrive. Brewster Kahle fondateur de l'Internet Archive précise : « Nous essayons de construire une bibliothèque de prêt numérique intégrée, proposant tout ce qui est disponible, partout où vous allez, et de trouver des informations sur les livres, mais également les livres eux-mêmes, que vous pouvez emprunter. »

 

Immédiatement, Paul Aiken, directeur de l'Authors Guild, et l'homme qui mène la guerre contre Google, se montre perplexe. « On ne sait pas quelle base juridique autoriserait la distribution du travail des auteurs. Je ne comprends pas pourquoi il devrait en être autrement vis-à-vis du droit d'auteur parce que le livre est épuisé. Le droit des auteurs ne diminue pas lorsqu'une oeuvre est épuisée. » Mais pour Kahle, la vocation est celle, traditionnelle, d'une bibliothèque, de stocker, d'archiver et de proposer l'information.

 

« Si vous possédez un exemplaire physique de quelque chose, vous devriez être en mesure de le prêter. Nous ne pensons pas que cela perturbera la valeur, sur le marché, de ces oeuvres », conclut Blake. 

 

En France, rappelons que toutes ces choses ont trouvé une solution, puisque l'État a voté une loi, le 1er mars 2012, relative à l'exploitation numérique des oeuvres indisponibles, du XXe siècle. Sauf que, plutôt que d'avoir à négocier les contrats avec les auteurs ou les ayants droit, on a recouvert le projet d'un vernis patrimonial, et légalement fait en sorte que la numérisation puisse se faire sans l'accord de l'auteur. Mais le droit moral est respecté, clament les autorités, puisqu'au moment où l'auteur ou l'ayant droit découvre que son livre va être numérisé, ou qu'il l'est déjà, et qu'il est commercialement exploité, des solutions, menues, de retrait ont été mises à disposition... 

Pour approfondir

photo Solym Clément

   

Journaliste ActuaLitté média et high-tech. tête pensante et roseau flexible

 

Mots clés :
Open Library - Internet Archive - numérisation - oeuvres épuisées



Réactions

Publié par Lucie Chenu

 

"Mais le droit moral est respecté, clament les autorités, puisqu'au moment où l'auteur ou l'ayant droit découvre que son livre va être numérisé, ou qu'il l'est déjà, et qu'il est commercialement exploité, des solutions, menues, de retrait ont été mises à disposition..."

Pas exactement, puisqu'un ayant droit (héritier, concrètement l'enfant de l'auteur décédé), s'il découvre la numérisation (ou le projet de numérisation) plus de six mois après l'inscription du livre sur le registre ReLIRE, ne peut plus rien faire. Nada. Son droit moral ne peut pas jouer.

Écrit le 11/07/2013 à 13:29

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

La traversée du chien, Pierre Puchot

Quatrième de couverture : « Elle se tient là, à trente kilomètres de Paris, cette immense ville-cité de la Grande Borne, [...]

Aperçu sur la littérature dite « populiste » – Un article à paraître en Roumanie

Chers lecteurs de Roumanie, Une pluie épaisse comme une soupe tombe depuis plusieurs jours sur Paris. On se croirait en automne. [...]

Devenir son propre livre : « La boucle du relieur », 48ème nouvelle du Projet Bradbury

Je ne m'en cache pas. D'ailleurs, ce n'est plus un secret pour personne : même si je suis fier d'avoir [...]

pub

Sondage

Un abonnement pour les livres numériques, en illimité, ça vous inspire quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com