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Le Kindle, ebook d'Amazon, sera l'iPod des livres

Une révolution est en marche. Attendons qu'elle ait donc fait un tour complet.

Par Clément S.,Le mardi 10 juin 2008 à 10:43:27 - 0 commentaire

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Alors que l’Iliad est tout juste vendu en Angleterre depuis quelques semaines, le Kindle avait déjà creusé son trou bien avant son arrivée dans l’île. Et pour les éditeurs, l’angoisse majeure est que cet ebook, qui ne sera pourtant pas pleinement fonctionnel au royaume de Sa Majesté, ait la même incidence que l’iPod en son temps : bouleverser le secteur de l’édition, autant que le lecteur d’Apple l’avait fait. Un défi que le PDG de Borders, qui distribue l’Iliad, n’avait pas estimé réalisable pour ce périphérique.

Révolution colossale pour l'Angleterre

Pour un agent littéraire, le Kindle représente une évolution colossale : « C’est un moment très excitant. Je pourrais presque m’imaginer le moment où je vendrai les livres d’un auteur directement depuis son site internet. » Et pour un autre, le message est clair : « Amazon souhaite manifestement que le Kindle soit l’iPod du marché du livre. » Bref, personne ne doute de la réussite de l’objet…

Tout est-il réuni dans le Kindle ?

Le Kindle devrait être mis en vente sur le marché anglais un peu plus tard dans l’année, alors que l’on ne sait toujours pas quelle sera sa date de disponibilité en France. Et pour Pat Schroeder, le président de l’Association of American Publishers, le constat est simple : « Je pense que les gens se sont imaginé que le produit attirerait en premier les jeunes. Mais le fait est que les plus âgés l’apprécient également. »

Entre autres fonctionnalités, le Kindle permet par exemple d’agrandir la police d’écriture très simplement, ce que les seniors apprécient particulièrement. À ce titre, la récente expérience de Walter Isaacson, directeur de CNN, est particulièrement significative. En prêtant son Kindle sont père de 84 ans, il a finalement adopté le lecteur.

Fort engouement aux États-Unis

Par ailleurs, la disponibilité nouvelle du Kindle l’a rendu très attractif aux États-Unis, où les ventes de livres électroniques d’Amazon ont particulièrement augmenté, jusqu’à représenter un acheteur sur 20, pour un support moindre. D'autre part, 125.000 titres son déjà disponible pour le Kindle, et que récemment, un libraire a indiqué qu’une vague de 5.000 ebooks était venue s’ajouter, comme suite à la déclaration de Simon & Schuster. L’exemple d’Harlequin, qui avait publié huit livres électroniques l’an passé et qui finalement aura proposé cette année tout son catalogue en format électronique et papier sera également évocateur. « Nous avons vaincu les angoisses que pas mal de personnes nourrissaient à l’égard des ebooks », explique Brent Lewis, vice-président du numérique et d'Internet pour Harlequin.

Financièrement d'accord, mais les conséquences pour l'édition ?

Cependant, le prix des livres vendus pour le Kindle en Angleterre n’a pas été fixé non plus. Si l’on se fie aux tarifications américaines pour les best-sellers et les nouveautés, il faut compter généralement 9,9 $ quand d’autres sites peuvent en demander un tiers de plus. Enfin l’objet lui-même : si Stephen King, dans un test qui fera date, l’avait trouvé moyennement agréable - « ce n’est pas un livre… » - le lecteur est le moins cher du marché après une récente baisse de prix, discrètement réalisée. On comparera pour l’Angleterre le prix de 182 £ aux 399 £ de l’Iliad. Et la possibilité de télécharger directement depuis son lecteur lui confère également un avantage certain, puisqu’il est le seul à ne pas avoir à passer par un ordinateur.

Hachette, première victime d'une longue série ?

Mais tous ces avantages ont leur revers, et Amazon n’inquiète pas moins les éditeurs et les accrochages sont nombreux. Le dernier en date, opposant Hachette au cybervendeur est peut-être le plus parlant : alors que les éditeurs vendent aux libraires avec une réduction de 35 à 40 %, Amazon en demanderait entre 50 et 55%. Et le refus de Hachette avait conduit le détaillant à retirer de ses étals les ouvrages neufs, pour ne laisser que ceux d’occasion vendus par les consommateurs.

Pour le romancier Tracy Chevalier, également président à la Société des auteurs : « Ce qui est très inhabituel, c’est d’entendre Amazon clamer ‘On ne vendra pas vos livres’. Finalement, c’est juste très décevant de voir Amazon choisir de punir ainsi les auteurs. »

Sources : Times on line , , , ,

Pour approfondir

Mots clés :
Kindle - Iliad - Amazon - iPod



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