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Va-t-on vers une révolution numérique de l'édition ?

Jeudi 10 janvier 2008 un forum a réuni 250 personnes appartenant au monde de l'édition, de la conception et de la distribution de terminaux de lecture électronique

Par Victor de Sepausy,Le lundi 14 janvier 2008 à 07:00:00 - 0 commentaire

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Sous l’ère de la bulle internet

Si l’on revient sur les temps passés, les pionniers de la dématérialisation du livre, comme le français Cytale, n’ont pas résisté à la fin de ces années dorées. En revanche, force est de constater que depuis 2007 tout le monde semble petit à petit y revenir. Après la tempête, certains commencent à se montrer moins frileux en la matière.

2007, une année de transition

C’est ainsi que le forum organisé par le magazine Livres Hebdo, organisé sur le thème : "Les “readers” sur papier électronique, une révolution pour le livre ?", a réuni près de 250 personnes.

Ce nouvel engouement pour la dématérialisation du livre se retrouve avec le lancement presque simultané l’automne dernier d’une édition E-paper des Echos, du Cybook Gen3 de Bookeen (une société française née sur les cendres de Cytale) mais surtout du Kindle d'Amazon. Lancements dont nous vous avions précédemment tenu informés. Philippe Jannet, directeur des éditions électroniques des Echos est venu témoigner, donnant le chiffre de 1000 abonnements à l’offre e-paper pour le quotidien économique.

Quant à la société Bookeen, les fondateurs, Laurent Picar et Michaël Dahan ont parlé de 2000 cybooks vendus pour le troisième trimestre 2007. Ils relèvent au passage que ces chiffres sont à mettre en regard de leurs problèmes actuels d’approvisionnement. Sans cela, les ventes auraient été plus nombreuses. Il y a quelques temps on vous avez déjà fait part des soucis rencontrés par la société française qui se fournit chez le constructeur taïwanais PVI dont les terminaux sont équipés d’écrans basés sur la technologie E-Ink rendant la lecture aussi agréable que sur du papier.

La révolution du livre

Selon les différents intervenants sur le secteur du livre électronique, le passage à la technologie E-Ink est un outil de poids pour enfin crédibiliser cette filière de diffusion de contenus écrits. Cette technologie baptisée « encre ou papier électronique » limite la fatigue visuelle et permet d’arriver à une autonomie record. Ce principe est maîtrisé par l'américain E-Ink, le britannique PlasticLogic ou le français Nemoptic. La couleur et les écrans souples sont encore dans les laboratoires mais leur arrivée semble déjà inéluctable.

Ce papier électronique commence aussi à trouver tout son sens alors que les prix des matières premières ne font qu’augmenter et que les questions environnementales deviennent de plus en plus centrales. Même la Chine souhaite endiguer le déboisement de son territoire.

Une connectivité qui fait sa force

Après la qualité de l’écran, c’est le second point fort de ces terminaux. « Malgré un prix plus élevé, nous avons majoritairement vendu le modèle iRex, qui dispose d'un module Wifi permettant d'accéder à l'information sans passer par une synchronisation avec l'ordinateur » indique Philippe Jannet.

« La leçon du Kindle d'Amazon, c'est sa connectivité permanente qui permet de télécharger un livrel en moins d'une minute » ajoute Bruno Rives, consultant au sein de la société Tebaldo et co-fondateur de Ganaxa, concepteur du terminal de lecture du journal Les Echos.

On rejoint ici la révolution poursuivie par les terminaux de téléphonie mobile, au risque d’ailleurs que ces derniers ne viennent concurrencer le marché de ces lecteurs d’un nouveau genre. Cependant une longue lecture sur un téléphone reste pénible pour les yeux.

Les contenus suivront-ils ?

Si les lecteurs se vendent, le monde de l’édition reste très frileux quant à cette dématérialisation. Ce dont nous vous avions déjà parlé dernièrement.
Les livres électroniques sont encore rares. L’un des pionniers du secteur, racheté en 2005 par Amazon, Mobipocket commence à élargir son catalogue.

«Amazon a ainsi mis la main sur le contenu de dizaines de milliers d'ouvrages et n'a plus eu qu'à renégocier les contrats pour vendre directement les livres en version électronique» explique Stéphanie van Duin, Directeur Business Développement d'Hachette Livre, un éditeur français particulièrement bien implanté sur le marché américain. «Mais la commercialisation de livrels à 9,90 dollars par Amazon n'a du tout été bien accueillie par les éditeurs, dont les livres se vendent en général plus du double en librairie. En France, on ne veut pas voir les distributeurs décider du prix des livrels» explique la jeune femme, qui redoute visiblement qu'Amazon et son Kindle reproduisent dans le livre le modèle iPod iTunes imaginé par Apple dans la musique.

Un bouleversement économique ?

Derrière ces questions, c’est toute l’économie du livre qui risque à terme de se voir redistribuée. On voit là encore la montée en puissance des intermédiaires comme les constructeurs (Sony et pourquoi pas Apple par la suite), Amazon et les Microsoft et autre Google ou Nokia.

Quelle place resterait-il alors pour les libraires ? Deviendraient-ils de simples vendeurs de terminaux de lecture ? La question mérite d’être posée…

Les appréhensions du milieu de l’édition française.

Pour l’instant, les éditeurs n’envisagent pas le remplacement du livre papier par le livre électronique. Le lecteur sera davantage une plate-forme permettant d’ajouter du contenu aux éditions proposées. A l’appui des chiffres actuels, il est clair que le livre électronique n’a pas encore détrôné son vieux frère en papier.

La question se pose surtout au regard de ce qui est arrivé au marché du disque et qui atteint aussi le milieu du cinéma. La peur du piratage, de tomber dans un univers où les échanges ne sont plus commercialement maîtrisés est une hantise bien compréhensible…

  Toutefois il n’est plus temps d’attendre pour pénétrer ce nouveau marché. C’est maintenant que les places se distribuent. En attendant, les éditeurs appréhendent de se voir court-circuités dans leur relation avec les auteurs par des intermédiaires tels que les constructeurs qui arriveraient avec des moyens techniques et financiers très importants.

Quand sera-t-il alors dans dix ans voire vingt ans de ce nouveau marché ? Difficile de le dire à l’heure actuelle. Lire sur un livrel n’est pas encore entré dans les mœurs. Mais lorsque l’on voit la rapidité avec laquelle se répandent dorénavant les technologies nouvelles, il ne sera peut-être pas nécessaire d’attendre très longtemps pour le savoir.

Sources : , , ,

Pour approfondir

Mots clés :
forum - terminaux - de lecture - numérique



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