Internet «
a séduit et entraîné toute une génération dans son inanité » clame Doris Lessing, la lauréate du Nobel de littérature. Déplorant le gouffre qui existe entre les pays en voie de développement et le reste du monde, elle constate que ces derniers n'ont plus la soif de lecture.
Malade au moment de la remise des prix, la Dame a tout de même 88 ans, elle regrette que «
la culture se fragmente et se spécialise à outrance, notamment dans le domaine informatique ». Les propos furent rapportés par son éditeur anglais, qui vint en Suède pour recueillir le prix.
Doris et ses filles, Anna et Susannah
Au Zimbabwe ajoute-t-elle, les enfants ont une envie réelle de livre et de lecture, que les professeurs sont impuissants face à un manque d'ouvrages ... Et d'un autre côté, «
des adultes raisonnables m'avouent que lorsqu'ils sont accrochés [...]
ils peuvent passer toute leur journée sur des blogs. »
Dans Le Culte des amateurs, elle dit que «
n'importe qui peut se servir du net pour poster des commentaires politiques, des vidéos indécentes, de la musique sans charme, des poèmes imbittables, des critiques, ou encore des essais et des romans. ».
«
L'incroyable invention » ne trouve pas vraiment grâce aux yeux de la plus âgée des Nobel. «
J'ignorais que les blogs ont pu donner la parole à des millions de personnes », reconnaît-elle. «
Mais pour écrire, pour faire de la littérature, il doit exister une relation particulière, entre librairies, livres et tradition. »