L'album d'Orelsan n'était pas une priorité pour la Ville de Paris

Mais pas de censure, simplement un choix d'acquisition

Rédigé par Clement S., le jeudi 09 juillet 2009 à 11h24

Exclusif ActuaLitté : Suite à l'intervention de la Ligue des droits de l'Homme dans l'affaire Orelsan, nous sommes parvenus à contacter la Ville de Paris qui a accepté de répondre à nos questions.

Question politique ? Oui, mais politique d'acquisition

La mairie estime pour sa part que le terme de censure dans cette histoire est déplacé et l'on souhaite revenir à la réalité de la situation. Il s'agit d'un choix, avant tout, que de ne pas intégrer le CD du rappeur dans les acquisitions faites par les bibliothèques. Citant des paroles significative :

« Petite, essaie pas de me fréquenter
Ou tu vas perdre ton pucelage avant d'avoir perdu tes dents de lait »

 
la Ville estime déjà que les textes ne sont guère recommandables.

En effet, des listes de produits culturels sont envoyées aux établissements par les éditeurs - livres, CD, DVD, etc. - et la Ville décide de les acquérir ou non. « Dans ce contexte, le CD d'Orelsan ne nous a pas semblé prioritaire », explique-t-on, de même que des artistes comme Cypress Hill ou Marilyn Mansion ont pu être écartés.

Car, nous précise-t-on, les bibliothèques parisiennes n'ont pas vocation à détenir dans leur intégralité la production culturelle et des choix sont effectués, en fonction du budget disponible.

Mais alors, retiré ou simplement pas acheté, cet album ? La chose n'est pas très claire...

Aucune vendetta contre le chanteur

Anecdote intéressante : alors que le Bataclan avait invité Orelsan à chanter, des associations féministes avaient interpellé M. Christophe Girard, chargé de la culture à la Ville de Paris, lui demandant d'intervenir pour signifier sa désapprobation. Mais ce dernier a refusé, estimant que ce n'était pas là son rôle. Aussi la vendetta supposée contre le chanteur n'a-t-elle aucun fondement.

Un élément de la lettre ouverte aura été pointé : « la censure des textes évoque irrésistiblement les pratiques de municipalités d’une toute autre couleur politique. » La réaction de la Ville est laconique : « C'est ouvertement scandaleux. »

Reste alors que les questions posées concernant les critères d'éligibilité sont entières. « Qui apprécie la dangerosité à l’égard des mineurs, et selon quels critères ? Comment définir la bonne et la mauvaise violence ? Sur quels critères vous fondez-vous pour affirmer que vous n’avez “pas senti le deuxième degré” ? », interroge en effet la Ligue des Droits de l'Homme. Questions intéressantes, mais sans réponses...




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JC Brochard

Mardi 07 jui 09
à 16 h 51


"Retiré ou simplement pas acheté", c'est vrai que la Ville de Paris n'est pas très claire là-dessus, mais je pencherais pour "retiré", car c'était le terme utilisé dans le communiqué initial du syndicat SUPAP-FSU, et surtout parce qu'une recherche sur "Orelsan" sur le portail internet de Paris ne donne qu'un résultat : la liste des CD sélectionnés par la commission reggae/rap en mars 2009, qui comprend bien le CD "Perdu d'avance".
http://b14-sigbermes.apps.paris.fr/userfiles/file/Musique/Mars09/09D10 Reggae Rap.pdf
Marie-claude s

Mercredi 08 jui 09
à 14 h 03


la ville raconte n'importe quoi. le CD avait été commandé en plusieurs exemplaires et donc payés. Nous avons des CD de Cypress Hill et de Marilyn Manson; On ne nous a jamais rien demandé sur ces CD. La position de la Mairie est confuse puisq'elle ne communique qu'à l'exterieur pour dire des choses pas claires. en fait elle fait enlever le CD, censure donc , mais n'ose pas le dire ni l'assumer.
marie-claude responsable du supap-fsu
Schyven

Jeudi 09 jui 09
à 11 h 24


La ville de Paris pourrait tout de même au moins en effet ne pas travestir la vérité et assumer ses décisions: Le cd en question a été recommandé par les comités de bibliothécaires chargés des sélections (au vu d'ailleurs de bonnes critiques), puis acheté et livré dans les bibliothèques qui l'ont commandé. Un ordre oral a bien été donné à celles-ci de le retirer des collections. Remarque subsidiaire: la chanson incriminée ne figure pas dans le Cd en question; peut-être aurait-on pu s'en apercevoir avant, et lire les textes des chansons figurant sur l'album (qui sont d'assez bonne qualité dans le genre et sont très en deça de la violence qu'on peut trouver chez d'autres rappeurs); on aurait ainsi évité cette bourde qui ne sert pas l'image des bibliothèques ...
 
dessin du jour AcuaLitté