Toute la lumière sur les expressions en chandelles, suite
« [...] Ma chandelle est morte je n'ai plus de feu.» Ouais, mais ouvre pas la porte, on se pèle dehors...
La semaine dernière nous vous expliquions que la chandelle était un objet cher qu'il ne fallait pas « brûler par les deux bouts », et que pour éviter de devoir « faire des économies de bouts de chandelles » mieux valait quitter la table quand « le jeu n'en vaut pas la chandelle ».
« Devoir une fière chandelle à quelqu'un »
Un objet précieux donc, que l'on n'offrait pas à n'importe qui ni pour n'importe quoi, or règles de bienséances envers son hôte, évidemment quoique certains aient pu en abuser. Alors imaginez ce que cela pouvait signifier quand on déclarerait « devoir une fière chandelle à quelqu'un ». Il fallait bien que cette personne vous ait sauvé des plus grands dangers qui soient. La coutume à l'origine de cette expression voulait, en fait, que l'on fasse brûler un fier cierge pour la personne à qui l'on était redevable. Il faut prendre « fier » ici comme dans l'expression au sens de beau, remarquable, ou grand. Ainsi cette dépense inconsidérée montrait à quel point l'on était reconnaissant à la personne et était l'occasion de prier pour elle. Bon dans l'histoire me direz-vous c'est l'Église qui empochait tout, ben oui mais ça de faire un acte charitable envers quelqu'un, sinon il faut négocier avant.« Voir trente-six chandelles »
Cela dit n'oubliez jamais d'être reconnaissant car mieux vaut « devoir une fière chandelle » à ceux qui vous ont sauvé (au sens propre comme au sens figuré) que de « voir 36 chandelles ». Dans cette expression la chandelle n'est pas considérée comme un objet cher mais comme un objet porteur de lumière. Lorsque l'on est étourdi ne voit-on pas comme des petits points lumineux dont l'image utilisée pour les décrire fut dès le XVe siècle celle des chandelles. L'évolution de cette expression est étonnante. En effet, ce fût d'abord indéfini on voyait des chandelles ensuite on se mit à voir « mille chandelles », puis « cent mille chandelles », la surenchère aura pu aller bon train encore mais à notre époque nous sommes plus timorés, ou plus économes et nous ne voyons plus que « trente-six chandelles ».« Tenir la Chandelle »
En parlant de lumière, on ne peut pas passer à côté de cette autre expression qui est « tenir la chandelle ». Lorsqu'un noble avait réussi à mettre la puce à l'oreille de sa femme (ou de sa maîtresse) et qu'il ne voulait pas consommer les plaisirs charnels dans le noir, il appelait un valet de chambre ou une soubrette (selon l'humeur) et lui demandait « de tenir la chandelle » au sens littéral. Bien sûr le domestique avait le dos tourné, il n'était pas question qu'il participe même d'un simple regard aux riches ébats. Ainsi la pratique devait être assez rébarbative pour celui qui tenait la chandelle et l'expression à garder cette connotation de nos jours. Et pourtant là n'est pas la seule origine de cette expression et « tenir la chandelle » a été pour d'autres un immense honneur. En effet, dans certaines pratiques qui veulent que la femme reste pure pour le mariage, c'est-à-dire vierge, le teneur de chandelle avait la charge oh combien estimée de vérifier, si c'était bien le cas. Ainsi lorsque maris et femmes faisaient l'amour pour la première fois, ils désignaient un ami de confiance pour « tenir la chandelle ». Celui-ci ne restait pas dans la chambre bien sûr. Il attendait dehors avec la chandelle. Un fois l'affaire entendue entre le mari et la femme, il rentrait et éclairait de sa chandelle les draps que tendait le mari, afin d'y repérer la tâche signe de la pureté de l'épouse.Voilà la lumière est faite sur ces expressions autour des chandelles image d'un produit cher mais indispensable, qu'il fallait savoir économiser. Un produit très important pour lequel tout un système économique s'est développé, y compris une sorte de marché noir, ce qui est sommes toutes assez amusant pour un objet qui apporte la lumière. On comprend bien dès lors qu'avec une telle importance économique et symbolique, les chandelles aient généré tant d'expressions, qui sont toujours bien ancrées dans notre vie quotidienne.
Rédigé par Mario, le mercredi 12 novembre 2008 à 03h51
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Interventions















Bonjour,
Vous écrivez :
"Bon dans l'histoire me direz-vous c'est l'Église qui empochait tout, ben oui "
Vous plaisantez, n'est-ce pas ?
Un peu de professionalisme, s'il vous plaît, avant de publier des énormités infondées et OFFENSANTES pour les 67% de Français qui se déclarent Catholiques.
L'achat des cierges et chandelles se faisaient soit à l'intérieur de l'église, soit auprès d'un commerçant privé qui était sans rapport aucun avec l'Eglise.
L'argent des chandelles - qui ne pesait pas bien lourd - contribuait à l'entretien des églises et étaient reversées aux pauvres ...
Mis à part ce faux pas, je tiens à vous remercier pour vos articles fort intéressants sur l'origine des expressions de notre belle langue française.
Cordialement,
Sébastien L., Paris