Jean-Pierre Allali, du Crif, nous expliquait qu'une prise de position de la part des auteurs, français ou israéliens «
serait souhaitable ». Amos Oz n'avait pas encore pris parti ni marqué sa position concernant le Salon du livre. À quelques jours de l'inauguration du Salon, l'écrivain et membre fondateur
du mouvement Peace Now, décide donc de répondre à l'AFP sur le boycott.
Au-delà de la littérature, l'existence d'Israël

Selon lui, «
ceux qui appellent au boycottage ne s'opposent pas à la politique d'Israël, mais en fait à son existence », résumant la situation à un syllogisme méchant : si Israël ne doit pas être invité au Salon, c'est qu'Israël ne doit pas être tout court. Néanmoins, il regrette «
qu'un seul écrivain arabe israélien ait été invité au salon » sans se l'expliquer.
Interrogé sur son travail de paix avec les Palestiniens, Amos est «
loin d'être désespéré ». Les deux pays récalcitrants restent la Cisjordanie et Gaza, l'un étant sous l'autorité palestinienne, l'autre le mouvement islamiste Hamas. Seulement, rien ne semble possible, avec l'Autorité et «
il y a urgence de discuter avec le Hamas ».
L'écrivain, un cri vain
Nullement dupe d'une éventuelle influence sur l'opinion publique. «
Ce qui influence les gens ce sont les coups que leur porte la réalité. Et c'est cette réalité qui fait que la majorité des Israéliens sont aujourd'hui en faveur de deux États vivant côte à côte, Israël et un État palestinien », explique le prix Israël de littérature de 1998.
L'écrivain sera bel et bien présent au Salon, aux côtés de David Grossman, ayant démenti les rumeurs affirmant qu'il ne participerait pas.