Borders pourrait devenir la dernière victime de la pression des crédits, suite à son annonce jeudi d'une situation financière délicate. Leur rival Barnes & Noble pendant ce temps a vu
ses bénéfices chuter de 9% durant le dernier trimestre alors que l’industrie lutte difficilement contre les magasins à bas prix.
Les gros de la vente de livre ont perdu du poids
Les actions de Borders ont dégringolé de 39% poussant le second plus gros revendeur de livres des États-Unis à considérer la vente de l’entreprise ou du moins de certaines divisions. Elle a également aligné 42,5 millions de dollars pour financer l’année en cours.
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C’est une crise de trois C, crédit, capital et dépenses des consommateurs » déclarait Dans Ansell, partenaire chez Greenberg Traurig LLP et président de sa section immobilière. En dépit de sa baisse de revenus, Barnes & Noble ont gonflé ses dividendes et ont surpris Wall Street en prévoyant des bénéfices pour le premier trimestre. Les analystes prévoyaient eux que le plus gros revendeur de livres suivrait les traces de Borders.
La crise du crédit affaiblit doublement les détaillants
Les deux chaînes de revendeurs ont accentué les réductions pour leurs membres, alors que les clients sont de plus en plus attirés par les prix bas pour les produits discrétionnaires étant donné le prix de l’essence et de la nourriture en hausse. L’analyste Michael Norris de la firme Simba Information dans la recherche sur les marchés explique que les clients se tournent de plus en plus vers les grossistes et les autres magasins à bas prix comme Target Corp. et Wal-Mart Stores Inc. pour les livres et d’autres types de produits.
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Cette année sera très difficile » pour les détaillants de livres, affirme Norris. Borders compte cette année remodeler ses gros points de vente pour attirer plus de clients. Cependant avec un marché du crédit évanescent, le fond de couverture annoncé jeudi serait financé par Pershing Square Capital Management LP, son plus gros actionnaire.
Les détaillants vont souffrir cette année

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Dans l’environnement économique, nous pensons être sur la bonne voie et notre programme est notre moyen d’y arriver » affirme le PDG George Jones aux analystes. «
Aujourd’hui, nous avons la flexibilité qu’il nous faut pour arriver là où nous devons être. » Sans le financement, rappelle-t-il «
les problèmes de liquidité » étaient prévisibles à peine quelques mois plus tard.
Ansell constate que certains détaillants «
ne peuvent plus emprunter aussi facilement qu’avant pour atteindre leurs besoins en capital. » Le resserrage du crédit chez les consommateurs entraîne des dépenses plus faibles, ce qui affaiblit les flux de trésorerie des détaillants et accroît leur dépendance vis-à-vis du crédit pour payer les coûts d’exploitation.
Borders a bloqué ses dividendes trimestriels et les réinjecter dans des opérations. Borders ajoute que ses programmes pour la croissance des bénéfices par action prendront effet plus tard que prévu.
Borders se restructure et modernise ses points de vente
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Borders, qui a finalement trouvé un PDG capable d’améliorer la commercialisation, se rend compte que ses faibles flux de trésorerie et sa feuille de bilan vont le forcer à prendre des décisions peu plaisantes », écrit Gary Balter, analyste pour le Crédit Suisse, aux investisseurs. Le prêt de Pershing Square, constate-t-il s’accompagne d’un fort taux d’intérêt de 12,5%.
Les analystes de l’industrie restent partagés sur l’éventuelle vente. Norris pense que la bonne santé de l’industrie du livre nécessite un grand nombre de compétiteurs sur le marché et s’inquiète du rachat par Barnes & Noble.
Barnes & Noble ont déclaré aux analystes que Borders ne les avait pas contactés, mais considérerait la proposition «
avec la plus grande attention » si c’était le cas.
La pression subie par les revendeurs de livres s’est sentie sur toute la planète et les entreprises essaient de se diversifier avec la musique et les DVD.
Des expériences en devenir

Le mois dernier, Borders a ouvert son premier
nouveau magasin conceptuel près de son siège à Ann Arbor. Le magasin a été construit pour permettre aux clients de télécharger des livres électroniques, graver des CD dans un rayon et dans un autre permet de parcourir les étagères et feuilleter une des meilleures ventes, assis confortablement sur un fauteuil. Cette restructuration du point de vente pourrait bien s’étendre aux autres magasins de la chaîne. On ne manquera pas non plus de signaler la création d'un site, pour le moment
en bêta test, sur qui repose beaucoup d'espoirs. On signalera également le partenariat lié avec Lulu.com, destiné
à simplifier l'édition pour les auteurs.
Pour les résultats du dernier trimestre, Borders annonçait un revenu net de 64,7 millions en comparaison avec la perte de 73,6 millions à la même période l’année précédente. Borders a jusqu’au 15 janvier pour demander à Pershing Square de débourser 125 millions de dollars pour couvrir tous les marchés de l’entreprise.