Marie N'Diaye : Éric Raoult préfère une Goncourt sur la réserve

Mais en même temps, on ne lui a pas demandé son avis...

Rédigé par Nicolas Gary, le jeudi 12 novembre 2009 à 15h27

« Je trouve cette France-là [NdR : celle de Sarkozy] monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants – ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça.

Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux.
»

Une France monstrueuse

Faut dire qu'elle n'y va pas avec le dos de la cuillère, la récente Goncourtisée, Marie N'Diaye, dans une interview donnée aux Inrocks.


Mais bilan des courses, elle a froissé les sensibles oreilles du député français et UMP Éric Raoult, qui n'a pas trouvé mieux pour fayotter auprès du président que d'écrire au ministre de la Culture, dévoilaient nos confrères de BibliObs.

Rama Yade, sors de ce corps !

Et que souhaite-t-il ce brave député de Seine-Saint-Denis ? Qu'on rappelle à l'ordre cette Rama Yade de la littérature, qui parle un peu trop fort et ne prend pas le temps de réfléchir à l'identité nationale avant de donner un avis qu'impunément elle donne alors qu'on lui demande. Quelle insolence !

Éric Raoult attire l'attention « sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt. En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française. » Et attendu qu'elle en a été gratifiée, Marie, bien que domiciliée Berlin, il serait bon qu'elle n'emploie pas ce registre de langue.

Suite de la lettre adressée au ministre, toujours de la main du député UMP :
Ces propos d'une rare violence sont peu respectueux, voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du Chef de l'État. Il me semble que le droit d'expression ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu'elle représente.
Et de remettre le couvert sur le devoir de réserve que les lauréats doivent respecter, lequel irait alors « dans le sens d'une plus grande exemplarité et responsabilité ». Et de demander au ministre de donner son point de vue, ce que l'impudent ne manquera probablement pas de faire... On croit tout de même rêver.

Devoir de réserve et de tourner sa langue dans sa bouche

Beigbeder qui gagne un Renaudot en crachant sa bile d'un procureur qui l'aurait maintenu à l'ombre quelques heures, lui aussi pourrait recevoir un blâme ?

D'ailleurs, s'il a fait un tour en prison, c'est bien pour avoir tapé de la coke sur un capot de voiture, non ? Et qui encore, va devoir se taire pour respecter la réserve des écrivains. Mais M. Raoult fait fausse route : l'identité française est en partie dans cette contestation ! Doit-on encourager des Yasmina Reza et faire que tous les romanciers ne nous pondent que des torchons du genre L'aube le soir ou la nuit, bien respectueux de la Sarkozycité ?



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Ridicule

Mardi 10 nov 09
à 17 h 01


En matière de fayottage, oui, il se place là,lui...
Vive la Sarkozity !
Claire

Mercredi 11 nov 09
à 01 h 43


Eric Raoult est un triste sire qui s'est récemment illustré dans ses attaques contre la journaliste Florence Baugé, du Monde. Il incarne l'inculture et la bêtise. Il confond l'attitude des valets sarkoziens, le petit doigt sur la couture du pantalon, et la liberté de penser d'un écrivain qui a le courage de ses opinions. Il devrait appliquer à lui-même ce fameux "devoir de réserve" et réfléchir avant de sortir des énormités.
Blackdrago13

Mercredi 11 nov 09
à 21 h 18


Que ce monsieur Raoult nominé aux "Y'a bon banania Awards" aille donner des leçons de politesses et de respect à Mr Hortefeux sur ses blagues plus débiles que douteuses ,qu'il aille donner des leçons sur la différence entre l'honneur et la traitrise à Mr Besson, et qu'il donne des leçon de citoyenneté au ministre de la culture et sa promotion du tourisme sexuel.
Il s'agit d'un prix Goncourt de quoi se mêle-t il celui la !
Il ne s'agit nullement d'un prix concernant les cires-pompes incompétents dont il serait le premier nominé .
Arseneaubar

Mercredi 11 nov 09
à 22 h 29


Bon Eric Raoult se ridiculise effectivement en formulant des requêtes - disons civiques - à l'égard d'un lauréat du prix Goncourt. Mais à part de le descendre en flammes personne ne dit que c'est une info en soi intéressante qu'il révèle là sur Marie N'Diaye... D'ailleurs on sent bien qu'elle a dansé d'un pied sur l'autre ("même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob")sur le coup, même si elle a décidé de bétonner sa position in fine... Je trouve que l'attribution du prix Goncourt montre la forte diversité de perception et de réaction de la société française face aux phénomènes culturels et politiques... Et devant les faits sociétaux français où l'esprit public sait réagir de façon souple, ductile et adaptative, Madame N'Diaye l'a joué un peu gros tromblon sur les motivations de son départ... Raoult va vite retourner à son néant métaphysique... Notre lauréate devra porter la croix de ses déclarations pendant de nombreuses années... Mais bon qu'elle se rassure.... Il semble que sur le net elle ait trouvé beaucoup de Simon de Cyrène.
Un citoyen français vivant en France et qui n'a jamais voté Sarko...
Pathétique

Jeudi 12 nov 09
à 09 h 00


Après l'identité nationale, voici venir l'identité littéraire. Identique bêtise crasse, identique caporalisation des esprits. Pathétique...
Christian V.

Jeudi 12 nov 09
à 09 h 16


L'article sur les dérives d'E.Raoult fait sens, mais faut-il pour autant traiter le livre de Y.Reza de "torchon" pour rajouter un ton polémique - et franchement désagréable -. L'auteur a-t-il au moins lu l' "Aube, le soir ou la nuit" ? C'est un livre de qualité, bien équilibré, et qui ne relève certainement pas du "Sarkozisme primaire".
Lesshadoc

Jeudi 12 nov 09
à 10 h 24


Eric Raoult confond la "culture" de son gouvernement ("on ferme sa gueule...", voir propos de N. Morano) et la liberté d'expression du peuple français, notamment à travers ses intellectuels.
Ogur

Jeudi 12 nov 09
à 12 h 11



De nos semblables on peut dire que plus ils récusent la violence plus on leur fait violence et les crevures médiatiques mettent un tel enthousiasme à l?être qu?on trouverait l?attitude presque touchante d?ainsi complaire à un public qui en redemande?

La dictature on la réclame plus ouvertement et on y vient. Il incombe toujours à des personnages parmi les plus fat et plus incultes, d'une confrérie déjà réputée pour telle, de faire un pas plus affirmé sur la voie que tous empruntent. A Eric Raoult ce pas de deux. "Le devoir de réserve", dernier avertissement germé dans un esprit malade, accouche déjà d'une menace pour tous les autres et la possibilité de s'exprimer n'est plus désormais acquise puisque le débat tient tout entier dans cette nouvelle incertitude et pas sur le fond: la monstruosité du régime. On y vient.

Malgré les pratiques coutumières du despotisme (cambriolages, procès en diffamation, censure économique, abêtissement, écrasement de tous...), la fabrication des ennemis (immigré, anarchistes-autonome, le fraudeur, le pauvre, l'automobiliste, lois d'exception... ) le criminel aspire encore à la reconnaissance de tous ceux qu'il écrase. La jouissance qu'il éprouve en propageant la souffrance ne lui suffit pas. Il lui faut l'illusion de l'assentiment général afin qu'elle devienne, un plus tard, quand toutes critiques seront éteintes et oubliées, cette belle et noble assurance qu'il impose le respect.
Un homme qui avait participé aux opérations dites de "maintien de l'ordre" en Algérie nous confiait, dans toute sa touchante innocence, que les algériens fermaient leurs fenêtres au passage des légionnaires et qu'ils le faisaient par respect pour ce grand corps d'armée. Cet homme s'est toujours trouvé bien dans cette société, il y a amassé une belle fortune, il a conquis des femmes, il est "respecté" partout, de cette façon dont la légion et Eric Raoult entendent le "respect"...

Joséphine delteil

Jeudi 12 nov 09
à 15 h 23


Madame N'Diaye, Monsieur Cendrey,

Depuis votre courageux départ, les français non-exilés n?ont toujours pas le sentiment de vivre dans une France « monstrueuse ». La menace fantasmatique n?a toujours pas verrouillée nos consciences et nos déplacements à Saint-Germain des Près où on vous attend. Voilà pour les bonnes nouvelles.

Heureusement, en tant que vaillants écrivains français, vous ne vous êtes pas exilés en Espagne. La politique d'immigration du socialista Don Zapatero est plus "sécuritairement monstrueuse" que notre « programme d?accueil d?une immigration choisie et non subie » digne de la Nation. Heureusement, nous venons tous d?ailleurs - tel notre Hongrois de Président, et notre pays en Sarkozy reste cependant extrêmement attractif pour la planète monde.

D?ailleurs en Europe, nous avons à peu près tous la même politique d?immigration. Cet été, Berlusconi a légitimé des dizaines de milliers de gardes-malades sans-papiers tandis que Zapatero a renvoyé en masse aux frontières les clandestins cueilleurs de fruits. Je préfère en effet la politique d?inspiration « canadienne » de Sarkozy en matière d?immigration.
Pardon, j?ai abusé du mot « Nation », ce mot royaliste, je sais combien il vous fait trembler d?effroi, ainsi que les pétales de Roses du PS. C?est étrange les héritages et les spoliations : il y a ceux qui sifflent et ceux qui chantent en mémoire de nos ancêtres les Phrygiens la Nation démocratique et républicaine, le 14 Juillet. Mais seule la droite a le courage de condamner ceux qui sifflent - Moralement, car elle n?est pas bien méchante, faute d?idéologie, quoi qu?on en dise.

Ainsi, la honte et la crainte du Président vous ont fait fuir votre chère Patrie (- ô « Patrie » encore un horrible mot.).
« Pardon, revenez? », implore Ségolène, la Royaliste aux mains liées par le Supplice du PS.
Quelle autre nouvelle ? Depuis votre départ précipité, notre premier Ministre inchangé a nommé de nouveaux membres représentatifs de l?égalité des sexes, de diverses appartenances politiques ? car la droite est plurielle et promeut la Diversité et l?Ouverture, mais là, c?est un nouage trop complexe pour vous qui êtes si loin, si haut, si différente, si fortunée?
Faut-il vous rappeler que le métissage politique est apporté par Messieurs Hortefeux et Besson, par Mesdames Dati et Amara, par Madame Bachelot et Mademoiselle Yade, par Messieurs Woerth
Joséphine delteil

Jeudi 12 nov 09
à 15 h 27


lettre suite à nos deux écrivains exilés à Berlin

Faut-il vous rappeler que le métissage politique est apporté par Messieurs Hortefeux et Besson, par Mesdames Dati et Amara, par Madame Bachelot et Mademoiselle Yade, par Messieurs Woerth

 
dessin du jour AcuaLitté