L'affaire Raoult, ridicule (Mitterrand), Gallimard soutient en silence

Des barres de rire... vive l'eau tiède et les réactions molles !

Rédigé par Nicolas Gary, le samedi 14 novembre 2009 à 11h26

C'est probablement le dernier épisode de l'histoire qui a ému la France entière : un député UMP estime qu'une romancière ayant obtenu le Goncourt devrait modérer ses propos, user d'un « devoir de réserve » pour ne pas dire qu'elle n'apprécie par la France de Sarkozy. Cela a commencé lundi et aura tenu la presse en haleine toute la semaine.

La France et tout le reste, puisque la gauche y est allé de son couplet, que ce soit Aubry, Royal ou Paul, mais également les membres de l'Académie Goncourt, Pivot ou Rambaud.

Anécdotique et ridicule

Et le ministre de la Culture, qui avait botté en touche est finalement intervenu plus vivement dans Libération : « En tant que ministre de la Culture, je ne veux pas entrer dans cette petite polémique que j'estime anecdotique et, pour tout dire, ridicule. »

Marie N'Diaye et Éric Raoult avaient tous deux fini par solliciter son intervention, pour mettre un terme à l'affaire. Le ministre réitère donc les propos tenus : il est possible, que l'on soit citoyen, élu ou écrivain de dire ce que l'on souhaite. « Mais imaginer que ce qu'il a exprimé représente le point de vue du pouvoir, de l'État, voire du Président, serait totalement absurde. »

On se demandera sans peine si, chat échaudé craignant l'eau froide, n'a pas fait que le ministre, épinglé pour son livre La Mauvaise vie, n'a pas servi une soupe assez tiédasse dans cette histoire, pour ne pas se faire éclabousser de nouveau et brûler par la même occasion - la soupe était en effet assez chaude... « Sinon, sur le fond, je répète que le prix Goncourt est totalement libre, qu'il n'est pas une institution de la République et que son attribution n'impose à son lauréat aucun devoir de réserve. Imaginer que je puisse douter de cette liberté est grotesque. »

Pour la romancière, c'est assez vexant, puisqu'en interpellant publiquement le ministre, le député sortait clairement de « la sphère privée », alors que Frédéric Mitterrand lui donne l'impression de vouloir contenir l'histoire dans cette limite.

Entre temps, si le député s'est rétracté de sa position initiale, la SGDL et l'ATF ont pointé du doigt l'absurdité et l'ignorance de M. Raoult dans son prétendu « devoir de réserve ».

Et quid de la maison Gallimard ?

Contacté par ActuaLitté, l'éditeur nous assure « de son soutien à la Marie N'Diaye. Mais nous n'avons pas fait de déclaration officielle. En fait, Antoine Gallimard n'a pas fait de communication à ce sujet ». Mais pas fait, ou pas encore fait ? « Nous n'en ferons pas du tout. »

Est-ce clair ?

La polémique se suffit à elle même pour faire grossir les ventes, probablement.



end
Réagissez à cet article
quoter
valider
Serge ULESKI

Vendredi 13 nov 09
à 12 h 42


To be or not to be ?!

____________

Sans doute Monsieur Raoult a-t-il besoin d'exister. Homme sans talent et sans qualités, toujours à court d'imagination, privé de "destin national", ne pouvant guère espérer en politique, au mieux, qu'un mandat de maire, dans les faits, Monsieur Raoult travaille jour après jour à sa ré-élection à la mairie du Raincy en flattant les penchants xénophobes de ses électeurs (et de tout électeur ? parce que... humain, bien trop humain ce penchant ?).

Sans oublier la flagornerie auprès de Sarkozy, sans doute dans l?espoir d?une nomination à un poste de ministre?

En politique, Raoult est un homme sans courage et sans honneur.

Luc

Samedi 14 nov 09
à 10 h 49


... et le neveu de l'oncle ne vaut pas plus cher que le raoul, pour ce qui est du courage et de l'honneur. Contrairement en effet à ce qu'indique l'article ci-dessus F. Mitterrand ne s'est pas contenté de "botter en touche" et en a sournoisement rajouté une louche, sur le terrain de l'insulte. Au journaliste Gérard Lefort venu l'interviewer (Libération, 13/11) il a fait savoir qu'il n'avait "pas vocation à devenir le bureau de tous les pleureurs et de toutes les pleureuses". Et prout-prout-prout. L'ennui est qu'on attend encore de savoir à quel moment, Marie Ndiaye se serait comportée en : pleureuse.
Schmorgluck

Samedi 14 nov 09
à 11 h 26


Ce petit mot pour remercier Nicolas Gary d'appeler l'affaire par son véritable nom, "Affaire Raoult", alors que d'autres ont la stupidité de l'appeler "Affaire N'Diaye" (voire "Affaire N'Diaye-Raoult").
Dans une affaire portant sur des propos scandaleux, il est de coutume (et de bonne pratique) de la nommer d'après la personne qui a tenu ces propos scandaleux. Marie N'Diaye a tenu sans prendre de gants des propos certes prêtant à polémique, mais qui n'ont rien de scandaleux. En revanche, Éric Raoult a parlé depuis son cul (pour calquer l'anglais "talked out of his ass") et ses propos sont scandaleusement stupides et antidémocratiques.
 
dessin du jour AcuaLitté