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Vers un permis de vendre de la littérature érotique ?
Encore une fois, les États-Unis en général, et l'Indiana en particulier viennent de franchir le mur du çon...
La puissante American Booksellers Foundation for Free Expression, ou ABFFE a littéralement dynamité une loi récemment votée dans l'Indiana, qui réclamait de la part des libraires qu'ils soient référencés auprès du gouvernement dans l'hypothèse où ils vendraient des livres « au matériel sexuel explicite ». Qu'on se rassure, cela ne concerne nullement des sex-toys vendus avec un magazine, mais plutôt le contenu même des livres, qui serait porté sur les choses du sexe.
Ce n'est pas sale, mais un peu quand même
Signé par le gouverneur Mitch Daniels (qui a couché pour réussir ?), le 13 mars dernier, le texte intimait à tout revendeur de se faire connaître auprès du secrétaire d'État et de fournir une déclaration précisant quels types d'ouvrages étaient en vente. Ce dernier devait ensuite relayer les libraires recensés auprès des élus locaux et autres conseils de quartiers, voire même auprès des mères au foyer. Quoique pour ces dernières, rien n'est moins sûr en fait. Mais comment définit-on du « contenu sexuel explicite » ? Fort simplement : cette dénomination regroupe tout ce qui est « préjudiciable aux mineurs » en vertu du droit existant. Vaste chantier, donc, et soumis, ô combien, aux sensibilités de chacun. Mais le vice est ailleurs. Chose non précisée : on ignore le but final de cette inscription...
Une redevance pour littérature érotique
En effet, de même qu'on réclame le paiement d'une licence pour vendre de l'alcool, de même, les libraires désireux de vendre du « contenu sexuel explicite » auraient dû s'acquitter d'un montant de 250 $, pour les frais d'inscription. On croirait avoir affaire à un fournisseur d'accès au net... Et bien évidemment, tout manquement à ladite inscription est considéré comme un délit.
Le porte-parole du ABFFE, Chris Finan, a expliqué que cette loi était la seule de ce type dans tout le pays. La qualifiant « d'anticonstitutionnelle », Finan en appelle à la Media Coalition, pour sabrer définitivement la loi H.B. 1042, lors de la prochaine réunion du 9 avril. En effet, elle ne devrait entrer en vigueur qu'au mois de juillet, et Finan garde bon espoir de voir l'affaire, poursuivie en justice aboutir à une injonction du tribunal.
Rédigé par Clément S., le mercredi 26 mars 2008 à 13h09
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