Antoine Gallimard : Amazon et Google, avec l'ebook, des menaces de toutes parts

Bien sûr Antoine, alors il faut te faire confiance aussi, c'est ça ?

Rédigé par Nicolas Gary, le lundi 23 novembre 2009 à 21h25

C'est assez plaisant : alors qu'une conférence sur le livre numérique aux Blancs Manteaux dans le cadre du Salon L'autre LIVRE aura lieu aujourd'hui à 15h, Antoine Gallimard s'est présenté à Avignon pour évoquer le livre numérique avec nos confrères du Figaro.

Le piratage fait peur, très très très...

Plusieurs problématiques auront été évoquées autour de l'ebook. La grande question pour la plupart des éditeurs serait « le piratage », sur le modèle de la musique et du cinéma, secteurs qui angoissent particulièrement les maisons d'éditions. À tort ou à raison ? C'est en effet l'impact de l'ebook sur la librairie et l'écosystème du livre actuel, établi depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, que l'on redoute massivement.

Pour le moment, le monde du livre se porte bien - malgré la disparition (avérée ?) des grands lecteurs - et plus encore, le marché du livre « tient bien » face à la crise. Et d'évoquer les prix littéraires, dont Gallimard s'est plutôt goinfré cette année. Alors cet ebook, « qui va le contrôler, quels sont les réseaux de distribution, quels rôles pour les fournisseurs d'accès, les Google - qui ne respecte pas le droit d'auteur, qui prend vos contenus dans la poche - les Apple et autres. Il y a une cohorte de gens qui arrivent et on ne sait pas trop ce qui va se passer » ?

Amusant que la question de la diffusion-distribution (5 ou 6 acteurs au moins en France, selon Antoine) soit si clairement posée, alors qu'il s'agit dans le monde du livre papier de la source de revenus la plus importante, et que justement Gallimard fait partie de ces énormes entreprises chargées de diffuser distribuer les livres : peur de perdre un marché, M. Gallimard ?

Anticiper ces mouvements


Eh non, justement : la réponse n'a pas tardé, puisque des plateformes numériques ont été créées pour « anticiper ces mouvements », mais issues d'initiatives disparates, malgré la volonté du ministre de la Culture qui avait souhaité un regroupement des éditeurs pour une plus grande force de frappe. Cependant, il est possible « qu'il y en ait plus demain ». L'alternative à la multiplicité - attention, on a l'impression de retrouver Albanel ou Donnedieu de Vabres à la grande époque de la DADVSI : Antoine Gallimard souhaite une interopérabilité entre les plateformes. Qu'est-ce à dire ? Un format d'ebook unique ? Non, un travail « main dans la main », pour le lecteur. Et concrètement ? Repassez plus tard...

Au moins, le patron plaide pour une TVA réduite, mais pour le moment « il y a très très très peu de chances », estime-t-il, parce que justement, « il faut demander à Bruxelles ». Problème de définition fiscale, autour de la TVA-service, mais la réunion de la semaine prochaine pourrait faire avancer les choses. Et la loi Lang ? Elle pourrait « imploser » du fait de l'ebook. Et il faudrait peut-être la renforcer, pour qu'elle puisse être appliquée au livre numérique.

Les dangers venant de part et d'autre, Amazon avec ses 9,99 $, Google est un problème « parce que l'on ne connaît pas ses intentions avec sa bibliothèque » et que les compensations financières ne sont pas raccord avec le droit d'auteur en France. Alors oui, « il y a des menaces importantes de la part de grands fournisseurs d'accès (sic !) »...




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Vous êtes méchant Nicolas. Antoine fait ce qu'il peut. Pas simple de se retrouver dépassé par les événements. Et puis ces pirates qui pillent Deleuze et la p'tite Amélie, ils veulent qu'une chose c'est voler le Goncourt, directement dans notre poche...
C'est vrai quoi. Vous y mettez de la mauvaise volonté. Faut le comprendre Antoine, et Arnaud aussi qui a dit la même chose la semaine dernière à l'Odéon. A croire qu'ils ont déjeuné ensemble au Bouchon Lyonnais pour accorder leurs violons...
Plaignez vous Nicolas. Si nos peublicheurs français ne prenaient pas la parole de temps à autres, vous auriez droit au sourire niais et aux réponses vaseuses de Google France... Pas de quoi faire un billet.
;-)
Mclerc

Lundi 23 nov 09
à 06 h 40


Mais qu'est ce qu'il faut dire pour que cette bande de zozos comprenne enfin que les deux génies qui ont créé Google veulent avant tout (parce qu'ils en ont la possibilité financière) recréer la bibliothèque d'Alexandrie à notre époque, c'est à dire la mettre sur internet à l'abri de tous ceux qui veulent la brûler, comme le sultan Omar ?
Pierre-Jean

Lundi 23 nov 09
à 07 h 05


D'accord avec Pierre Xavier, de plus ce n'est pas la premiere fois que Nicolas, par un titre énigmatique et une "attaque" floue met le lecteur du côté de sa cible. Gallimard est "énorme" en comparaison de Orange, Amazon, Google ? Non, il est aussi petit qu'un des éditeurs diffusé pour le CDE, qu'un auteur pour ces éditeurs...le lecteur compatit et demande aux auteurs de réagir. Venez en discuter ce soir 18h à la SGDL avec le coneil permanent des écrivains.
Pierre-Jean

Lundi 23 nov 09
à 07 h 13


Nicolas, alors il faut te faire confiance c'est ça?
Quelqu'unest-il surpris, comme moi, par les annonces Google en regard des articles de Nicolas ?
éditions Baudelaire, Bénévent, Société des écrivains, CAD (pour l'évasion fiscale des auteurs)?
Alain

Lundi 23 nov 09
à 21 h 25


l'article fonctionne trop avec des allusions pas claires. Prenez clairement position et argumentez, mais évitez les allusions pas claires, le manque d'argumentation, etc. Vous pouvez critiquer Gallimard, ses positions: mais dites clairement les choses.
Les éditeurs ont besoin des librairies, mais ils savent aussi que le passage au livre électronique va mettre fin au métier de libraire (en Suisse francophone, des dizaines de petites librairies ont disparu ces 5 dernières années, les ventes passent par internet et par les grandes surfaces). Aussi, il est certain qu'une deuxième phase de fermeture va arriver prochainement, celle liée aux e-books.
Que reprochez-vous à Gallimard? De ne pas se jeter tête baisser dans l'ebook? De se couper de ses revenus (diffusion et distribution)?
 
dessin du jour AcuaLitté