Voilà un an, Michael Corbett tenait le haut du pavé avec son livre
Find It, Fix It, Flip It!: Make Millions in Real Estate -- One House at a Time [NdR : grosso modo, faites de l'argent avec des maisons...] aujourd'hui, Stephen Leeb a publié un livre d'économie expliquant comment l'effondrement de l'économie va réduire la valeur du patrimoine «
à moins que vous sachiez quoi faire ». Et de fait, le sujet de l'économie reste très prisé du lectorat.
L'économie américaine, un thème dans le vent
(être dans le vent, une ambition de feuille morte ?)

Chaque maison d'édition cherche en effet le nouveau et futur best-seller touchant au monde de l'économie qui en proposera une version plus sobre et aidera les citoyens américains à survivre à cet effondrement. Penguin, HarperCollins, Doubleday, toutes pistent le futur graal : «
Les 10 ou 15 prochaines années seront rudes pour le pays, et nous allons être éprouvés comme jamais », explique Leeb.
Ce dernier explique que son livre n'est «
ni sombre, ni déprimant ». Il ne conseille pas de stocker des vivres et de se réfugier dans un abri antiatomique. «
Le problème, c'est que les gens sont dans un état de dénégation. Pour le dire autrement, la musique s'est arrêtée, mais nous continuons de danser. »
À la recherche du best-seller
Si tous les livres traitant de l'économie ne sortiront pas avant 2009, les maisons s'empressent de rééditer de vieux titres et de les remettre au goût du jour. Mais pour celles qui ont déjà des livres sous la main, prêts à être distribués, un marché fantastique s'ouvre. Adrian Zackheim, de chez Penguin, explique bien qu'il y a «
un intérêt croissant pour ces questions, parce que le public veut savoir ce qu'il doit faire ». Et que l'on se retourne toujours vers les livres en leur réclamant une solution.
Mais des délais problématiques
Entre les années 80 et 90, alors que l'atmosphère économique entre les USA et le Japon était anxiogène, nombre d'ouvrages portant sur la chose financière avaient connu un succès formidable. Cependant, des experts considèrent qu'il est risque pour les éditeurs de se jeter dans cette compétition maintenant. Les spécialistes de l'économie eux-mêmes sont déstabilisés, et en comptant sur une période d'un an entre la signature du contrat et la publication du livre, tout risque d'être quelque peu obsolète.

Roger Scholl, de Doubleday, appuie cette idée. «
Il faut du temps pour décider quel livre vous devriez mettre en avant, sans même tenir compte des données économiques dont il traite. Nous pouvons accélérer les étapes de la publication, mais ce n'est pas ainsi que l'on propose une analyse fiable. » Même si le but reste de publier le plus vite possible, car nombre d'éditeurs tueraient pour détenir le prochain
Barbarians At The Gate: The Fall of RJR Nabisco, qui traitait du conglomérat et des envers du monde de la finance, un succès considérable, et qui fut suivi d'un film.
D'un côté, Penguin Portfolio sort The New New Deal d'Eric Janszen, de l'autre, Doubleday et HarperCollins préparent un ouvrage sur
Bear Stearns Cos. La guerre est donc déclarée.
Prôner la confiance ou saper le pessimisme ?
Pour d'autres, épargner le pessimisme implacable serait de rigueur pour les prochaines publications, constatant que les lecteurs sont las de n'entendre plus que des mauvaises nouvelles. Janszen estime en effet que «
nous avons atteint un stade où le public ne veut plus lire de la soupe. Il veut savoir comment les choses vont s'arranger ». Une grande partie de ce sur quoi repose sopn futur livre qui ne sortira pas avant l'an prochain.
Il y examine l'aspect cyclique des bulles économiques et quels sont les défis redoutables qui se posent aujourd'hui en matière de finances. Il traite également de la nécessité de trouver des alternatives écologiques viables pour de nouvelles sources d'énergie. Pour Janszen, même si le livre est publié avec un an de délai, il sera toujours autant d'actualité : la tourmente économique se poursuivra bien après les élections présidentielles. S'emparant d'un bon mot de Churchill, il ajoute : «
Nous faisons toujours les choses, mais seulement après avoir épuisé toutes les autres options. »