Le Verger des Muses, librairie en vente à Bourg la reine : une perte immense

Mobilisation citoyenne, pour sauver un commerce cher au cœur de la ville !

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Rédigé par Nicolas Gary, le jeudi 26 novembre 2009 à 18h36

Exclusivité ActuaLitté : Bourg-la-Reine, ville des Hauts-de-Seine, comptant 18.500 Réginaburgiens, et Réginaburgiennes dispose d'une librairie dirigée par Bernard Guetteville. Les locaux, repris suite à un redressement judiciaire voilà 15 ans, présentaient à l'époque un loyer de 60.000 € par an, mais aujourd'hui, on est passé à 190.000 € annuels.

Mise en vente, presque obligatoire

Belle augmentation, qui présente les problèmes que l'on imagine. Avec une surface de vente de 800 m², la librairie Le verger des Muses est par ailleurs la seule indépendante dans un très large périmètre. « Nous concurrents directs sont Gibert et FNAC Forum, uniquement à cause du RER », nous explique le libraire.

Crédit photo Bourg la reine blog

Or, voilà, aujourd'hui Bernard souhaiterait prendre sa retraite et il a mis en vente son établissement, « pour des raisons mercantiles, c'est triste à dire ». C'est aussi, nous précise-t-il, un côté pernicieux de la loi Lang sur le prix unique du livre : « Nous n'avons pas la maîtrise de nos marges. Pendant un temps nous avons fait augmenter notre chiffre d'affaires pour parvenir à compenser la hausse de loyer, ou compenser la perte de l'exonération des frais de transport - 30.000 € pour cette année - ou encore le passage aux 35 h. Mais une fois que le chiffre d'affaires n'augmente plus, on se retrouve dans une situation délicate. »

Tristes raisons mercantiles

En plus, Le Verger dispose d'une autre enseigne à Corbeil (2500 m² de surface de vente) et pour sauver cet établissement, il faudrait vendre celui de Bourg-la-Reine. « Je ne vends pas pour priver la ville de la librairie au contraire, j'aimerais continuer. Et je ne peux pas laisser l'équipe. Si je trouvais un autre local plus petit, nous pourrions transférer le Verger et continuer, mais il n'existe rien actuellement qui le permet. »

Decitre, Gibert, et même Bertelsmann ont été contactés pour leur proposer de reprendre : « Ce serait compliqué pour un particulier, faisable, mais compliqué », ajoute Bernard.

Or, depuis quelques jours, un mouvement venu de ses concitoyens a pris forme. Contactée par ActuaLitté, Aimée Gourdol, responsable du comité citoyen nous explique « l'émoi qui s'est emparé des habitants en apprenant que M. Guetteville voulait vendre ». Les différents partis de l'opposition - la mairie est à droite - se sont engouffrés dans cette cause : MoDem, Verts, PS, PC et MRC ont ainsi lancé une pétition papier suivie d'une version en ligne.

Pétition et mouvement citoyen

Elles auront réuni 2000 signatures, de personnes venues de toute l'Île-de-France, mais surtout témoigne de l'implication des habitants de Bourg. Une implication qui touche notre libraire : « Ce sont 15 années de travail qui payent. Cette solidarité interroge sur la place du Verger dans la ville. Aujourd'hui, nous sommes dans l'incertitude, mais des propositions fusent. » Aimée Gourdol nous explique que des clients assidus ont évoqué la possibilité de reprendre à plusieurs l'établissement ou de créer une sorte de coopérative.


Samedi, les commerçants seront mis un peu à contribution. « La librairie est importante, elle représente un attrait pour la rue piétonne, de par sa situation géographique en plein centre-ville, mais elle sert également les autres commerces », estime Aimée Gourdol. Un blog a été mis en ligne pour défendre la librairie et attirer l'attention de chacun sur cette situation.

À l'heur où nous écrivons ces lignes, la mairie n'était pas joignable. On se désole cependant, dans les rangs de l'opposition de l'attitude passive et résignée du maire, qui fait valoir que l'entreprise étant privée, on ne peut rien faire. Manifestement, le président de la région IDF, Jean-Paul Huchon a été contacté, de même que le MOTif pour tenter de diffuser l'information et de faire avancer la situation. Le CNL aurait également été tenu informé.

Ne pas perdre la librairie

« Si un autre commerce venait à remplacer la librairie, ce serait une perte immense pour la ville. Nous ne voulons pas que le Verger disparaisse », conclut M. Gourdol.

Pour ceux qui seraient intéressés, rendez-vous donc samedi 28 novembre à 10 h pour participer à un rassemblement et une sensibilisation des commerces. Et dans l'après-midi, Jacques Weber sera en dédicace à la librairie, de 15 h à 17 h 30. « Cette prise de conscience de la part des habitants, mais également des personnes qui vivent dans la région montre avant tout que l'on sait désormais ce que l'on risque de perdre. C'est émouvant pour nous, parce que ça témoigne de la qualité de notre travail », nous précise Bernard Guetteville.



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Philippe

Jeudi 26 novembre 2009
à 18 h 35


Bourg-la-Reine, commune des Hauts-de-Seine et non pas de l'Essonne ! ;-)
B SK

Vendredi 27 novembre 2009
à 11 h 16


Bonjour, une librairie qui disparaît est un drame culturel. J'espère que la mobilisation la sauvera. Mais je ne pense pas que le prix unique soit en cause. Sinon le Verger aurait disparu depuis longtemps car il pourrait vendre plus cher pour compenser les coûts mais les discounters casseraient les prix sur les meilleures ventes. En Angleterre le réseau des librairies disparaît, et ils "maîtrisent" leur marges mais comment vendre + cher (ce qu'interdit la loi sur le prix unique) si l'hyper du coin ou la Fnac de Paris se lance dans le discount pour attirer le chaland. D'ailleurs la plupart des disquaires ont disparu. Chez moi en province TOUS les disquaires ont disparu dans mon département et dans ma région... sauf quelques bacs chez des libraires. Moi, je veux pointer du doigt les propriétaires indélicats et rapaces qui font passer le loyer de 60 à 190K? en 15 ans. Les marges des librairies sont l'une des plus faibles du commerce ; comment payer des loyers fous !... Ne pourrait-on pas comme parfois faire que la commune achète les murs et les loue prix coûtant, sans bénéfice indu. Le syndicat de la librairie se bat pour tout ça : exonération de TP par exemple (et de la nouvelle taxe CET)...
Bon courage ! B SK
Chléo

Vendredi 27 novembre 2009
à 14 h 40


Je viens justement de m'offrir un livre au verger, cette librairie j'y vais depuis 14 ans, je suis réginaburgienne depuis 10.

Apprendre que le verger pourrait disparaître me paraît inconcevable. C'est un endroit merveilleux pour les amoureux des livres, on s'y sent bien, les livres recommandés sont toujours de très bon choix et je ne vois pas ma ville sans ce commerce que j'ai toujours connu.

Les grosses enseignes du livre ne peuvent rivaliser avec l'accueil et la qualité de service de ce magasin et ce serait vraiment une grande perte pour la ville.
Imagica

Samedi 28 novembre 2009
à 18 h 49


Bonsoir,

Je suis entièrement d'accord avec les propos de BSK.
Heureusement que nous avons la loi lang pour défendre le livre, cette loi n'est pas parfaite mais elle a le mérite d'exister et de limiter les ravages du discount (cf le sort réservé aux disquaires il y a quelques années en arrière).
En angleterre, ils n'y a presque plus de librairies indépendantes. Le prix du livre là-bas est peu cher pour certaines nouveautés, mais quelques mois après leur sortie en librairie, ils sont ensuite vendus à des tarifs prohibitifs. Le lecteur est triplement pénalisé : l'offre de livres de qualité s'appovrie, il n'y a plus de libraires pour les conseillers et le lecteur est prie pour un tiroir caisse.
En France, nous avons encore la chance d'avoir un réseau de librairies indépendantes de grande qualité, mais pour combien de temps encore... quand on voit les pratiques abusives des bailleurs immobiliers...
La diversité culturelle n'a pas de prix, l'état français devrait mieux la protéger.
Philippe Leconte

Dimanche 29 novembre 2009
à 17 h 49


je suis parti voici plus de neuf ans et je garde de splendides souvenirs des lecteurs du Verger. Il serait plus que dommageable pour une commune telle que Bourg-la-Reine de perdre ce piveau culturel et commercial. Pour autant, plus qu'un problème de marge et de loi Lang qui a permis de maintenir un réseau de librairies indépendantes, je crois qu'il s'agit surtout de constater qu'une librairiedevrait pouvoir bénéficier d'un soutien plus appuyé des édiles qui se rejouissent toujours à peu de frais, si ce n'est de grands mots, d'afficher sur leur territoire administratif une telle enseigne. Sans véritable action sur les loyers, nos centres villes veront disparaître les librairies dignes de ce nom.