Un nouveau livre retrace l’histoire de la WPA
Il fut un temps, aux États-Unis de l'Amérique, une merveilleuse histoire, que l'on va vous re-raconter...
Saviez-vous que durant la crise de 1929, vous auriez pu voir un vaudeville de première classe avec chanteurs, danseurs, comédiens, jongleurs et magiciens pour seulement 10 cents aux États-Unis ?
Bon, la production ne venait pas de Broadway. Elle était en réalité financée par le gouvernement fédéral, l’un des nombreux projets crée par l’Administration du Développement des Travaux ou WPA en anglais, comme la connaissait la génération d’Américains de l’avant-guerre.
Le Programme fédéral pour l’Art de la WPA accréditait des acteurs, réalisateurs, machinistes et musiciens sans emploi pour produire des cirques, des pièces, des concerts à travers le pays, y compris Ellis Island.La contribution de la WPA ne se limitait pas qu’à l’art.
L’agence avait engagé 8,5 millions de travailleurs et dépensé 11 milliards de dollar sur 8 ans pour goudronner les autoroutes, construire des aéroports municipaux (le LaGuardia à New York par exemple), réparer les ponts, servir les repas dans les écoles et créer des célébrités comme Camp David, le Cow Palace à San Francisco.
Bantam Dell a récemment publié un livre au titre tout en longueur: « American Made: The Enduring Legacy of the WPA, When FDR Put the Nation to Work » de Nick Taylor.
Travailler plus pour... gagner un peu d'argent
La WPA est né le 21 mars 1935, une vision du premier mandat de Franklin D. Roosevelt, dont la mission principale à l’époque était de remettre au travail 5 millions d’Américains. « Une des premières prérogatives de la WPA était de paver les routes de campagnes pour que les fermiers puissent acheminer leurs récoltes au marché, » explique Taylor dans un entretien.
Taylor, âgé de 62 ans a commence à travailler sur « American Made » en 2000 et imaginait le terminer en 3 ans. Il lui a fallu près du double. « Je n’arrêtais pas de réaliser combien je ne connaissais pas le sujet, » déclarait-il.Une organisation historique
Il a fait ses recherches aux archives nationales de Washington et dans la bibliothèque Rossevelt à Hyde Park, New York. Il s’est efforcé également de retrouver des travailleurs de la WPA encore en vie. La WPA fut accueillie par des moqueries de la part des conservateurs, qui considéraient les projets comme de la poudre aux yeux. Ils étaient d’autant plus irrités quand il s’agissait de dépenser l’argent du contribuable dans l’art et le divertissement.
« Bon nombre de gens étaient d’accord pour reconstruire les infrastructures du pays, qui dataient du 19e siècle, remarquait Taylor. Pourtant, ils ne voyaient pas l’utilité de dépenser l’argent public pour des choses comme l’art. »
L'école de l'Art pour l'Art ?
Le Programme fédéral pour l’Art de la WPA fut l’initiative de son patron, Harry Hopkins. Ce programme a offert des bourses à des écrivains comme Nelson Algren, Saul Bellow, Conrad Aiken, John Cheever, Ralph Ellison, Studs Terkel, Frank Yerby et Richard Wright.
Parmi les acteurs engagés par la WPA, on pouvait compter Orson Welles qui réalisa « Macbeth », Joseph Cotten, Sidney Lumet (avant sa carrière de réalisateur) et Burt Lancaster, engagé comme acrobate pour un cirque. Des projets théâtraux furent lancés dans 31 états.Omar m'a tuer !
Au final, qu'est-ce qui tua la WPA? Non les constantes attaques de ses détracteurs, mais bien la 2e Guerre mondiale. Taylor explique que l’agence a fourni un dernier coup de pouce au pays avant de plier bagages. « Après le début de la Guerre…, elle s’est recentrée principalement sur des projets militaires. La WPA a aidé les États-Unis à résorber la pénurie de mécaniciens avions. »
Ensuite avec le plein emploi, la WPA avait perdu sa raison d’exister. Elle ferma boutique le 30 juin 1943 en retournant 105 millions de dollars au Trésor.
Rédigé par Jubop, le vendredi 28 mars 2008 à 06h00
Article pertinent ? Votez pour lui sur
S'inscrire à la lettre d'information du site
Rapporter une erreur sur l'actualité
Article pertinent ? Votez pour lui sur
S'inscrire à la lettre d'information du site
Rapporter une erreur sur l'actualité
Actualités en rapport :
27/03/2008 : Exclusif : Albin Michel « On tient beaucoup à Dantec ! »
27/03/2008 : La crise économique aux USA, bon sujet pour les éditeurs
26/03/2008 : Larousse lance aujourd'hui sa collection Osez philosopher
26/03/2008 : Penguin sort enfin Le Totem du Loup, best-seller chinois
25/03/2008 : Tom Clancy prend Alberta pour terrain de jeu dans EndWar
22/03/2008 : Anne Rice change l’eau en vin doux en évoquant Jésus
Interventions














