On dit que le niveau des élèves baisse...
Des élèves de CM2 ont passé en 2007 les mêmes épreuves que leurs aînés en 1987 et les résultats sont accablants.
Ce sont cette fois-ci les services statistiques du ministère de l’éducation qui s’en mêlent avec une évaluation comparée des élèves en fin de CM2 en 1987 (enquête « Lire, écrire, compter ») et en 2007. Cette étude a donné lieu à l’émission d’une note d’alerte…Une évaluation mathématique des capacités de lecture, d'écriture et de calcul :
Un échantillon d’élèves a planché sur des sujets identiques en 1987 et en 2007. Premier point. La dictée.
« Le soir tombait. Papa et maman, inquiets, se demandaient pourquoi leurs quatre garçons n'étaient pas rentrés. Les gamins se sont certainement perdus, dit maman. S'ils n'ont pas encore retrouvé leur chemin, nous les verrons arriver très fatigués à la maison. Pourquoi ne pas téléphoner à Martine ? Elle les a peut-être vus ! Aussitôt dit, aussitôt fait ! A ce moment, le chien se mit à aboyer. »
Les élèves ont été soumis à des épreuves de lecture (compréhension de huit textes courts et variés), de calcul (portant sur les quatre opérations) et d'orthographe (une dictée d'une dizaine de lignes assortie de questions). Oui, mais voilà, les élèves ne lisent plus...
Une baisse très nette dans la maîtrise de l'orthographe :

La « note d’alerte » synthétise les résultats de l’étude. La baisse la plus flagrante frappe l’orthographe. Sur une dictée de 85 mots, la proportion d'élèves faisant plus de 15 erreurs, qui était de 26 % en 1987, est passée à 46 % en 2007. Ce sont principalement les erreurs grammaticales qui ont augmenté, passant de 7 en moyenne en 1987 à 11 en 2007. Ainsi, alors que 87 % des élèves écrivaient correctement "tombait" dans la phrase "le soir tombait", ils ne sont plus que 63 % en 2007.
Ces résultats recoupent ceux publiés par Danièle Manesse et Danièle Cogis (Orthographe : à qui la faute ?, éditions ESF). Ces universitaires, en reprenant à l'identique une précédente enquête de 1987, avaient établi qu'en vingt ans le niveau orthographique avait pris un retard de deux années scolaires.
Des résultats plus contrastés sur le calcul :Concernant le calcul, les résultats sont aussi en baisse. Cependant, grâce à une étude intermédiaire, on peut remarquer qu’entre 1987 et 1999, la baisse fut fortement marquée. Mais qu’après, la baisse est devenue peu significative. On peut sans doute mettre ce « redressement » sur le compte de la remise à l’honneur du calcul mental depuis 2002.
Une compréhension de l'écrit stable : les méthodes de lecture hors de cause
Pour ce qui est de la lecture, on dispose aussi des résultats intermédiaires. La compréhension de l’écrit reste stable sur vingt ans. En revanche, les élèves les plus faibles s’affaiblissent encore davantage entre 1997 et 2007.
Voilà encore une enquête qui va faire couler beaucoup d’encre, et ce juste après la présentation des nouveaux programmes du primaire par Xavier Darcos. Pourtant les résultats ne semblent pas remettre en cause l’utilité des programmes établis en 2002. De plus, la question de la compréhension d’un texte écrit semble déconnectée des méthodes d’apprentissage de la lecture. En définitive, on ne peut rien mettre sur le dos des méthodes dites globales ou semi-globales. Il serait sans doute plus d’actualité d’analyser la place de l’écran, dans son utilisation passive ou active, dans la construction du savoir chez les jeunes enfants. On peut aussi s'intéresser à l'écart qui existe entre les sexes en matière de réussite scolaire.
Rédigé par Victor de Sepausy, le samedi 29 mars 2008 à 07h00
Source : Le Monde
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