Sherman Alexie fait manifestement partie de ces gens pour qui avoir une opinion prime. Sur le reste. Fausse ou non, tordue ou pas, il convient qu'ils la donnent. Pour exemple, il est capable d'affirmer ne pas vouloir que ses livres passent en version numérique sur le Kindle pour qu'ils ne soient pas piratés. Or, le problème, c'est que lorsque l'offre manque, le piratage se met en branle. Difficile, non ?
Sherman ? Quoi ? Tais-toi...

Et l'on dirait volontiers à Sherman qu'il se fourre le doigt dans l'oeil s'il croit que les gens qui vont numériser ses livres à la main, en scannant page par page n'existent pas...
«
Quand l'industrie musicale s'est informatisée, quelque chose entre 75 et 95 % de la musique a été piraté. Personne ne fait plus d'argent avec sa musique. Tout repose maintenant sur les spectacles », commente-t-il. Dur, dur. Parce que là encore, les copies de CD, j'ai mémoire d'en avoir fait alors qu'internet n'existait pas encore, ou que le partage de fichier sur le web n'avait pas vraiment de sens. Et là encore, il faut se souvenir que l'industrie a mis un temps fou pour réagir et finir par proposer aux consommateurs une offre d'achat d'albums numériques.
Piratage et manque à gagner, le leitmotiv
Accompagnés de DRM. Qu'il a fallu ensuite enlever. Parce que définitivement, les majors n'avaient rien compris. Pas plus que Sherman... De là à dire que les concerts rapportent plus aujourd'hui que les ventes d'albums, difficile à savoir réellement : il y a l'album que je télécharge parce que je n'ai pas d'argent pour l'acheter, celui que je télécharge juste pour voir et découvrir, celui que je stocke mais n'écouterai jamais - et aurai encore moins acheté (question juste : pourquoi l'avoir téléchargé ?) et d'autres encore. Mais il y a surtout et avant tout l'erreur de croire que tout téléchargement représente un manque à gagner de un pour un...
Les exemples ne se comptent plus de ces groupes qui ont mis leur musique en ligne gratuitement et se sont fait un nom par leurs concernants ensuite...
Les angoisses des Grands Vendeurs
Sherman s'approche cependant d'une forme de réalité : «
Je serais vraiment inquiet si j'étais Stephen King ou James Patterson, ou un très gros vendeur de la facilité avec laquelle mes livres sont piratés une fois qu'ils ont été numérisés. » Bon, Shermishou, faut arrêter : si l'exemple de Dan Brown et de son symbole perdu pourrait tendre à te donner moins tort que prévu, le partage de ces fichiers fait encore qu'aujourd'hui, l'ebook sert de promotion à la version papier. Ensuite, retourne à tes cours d'histoire littéraire, et souviens-toi comment un Paulo Coelho s'est servi du partage de fichiers pour faire exploser les ventes de son Alchimiste...
Bref, encore beaucoup de pédagogie à mettre en place.
Samedi 05 déc 09
à 00 h 33
Pourquoi vous acharner pour le piratage et contre le droit d'auteur, les écrivains et les libraires ? C'est franchement agaçant à la longue.
Bien sûr que Sherman a raison. Il a une opinion comme vous voulez en avoir une, rien de plus. Si les écrivains (qui vivent déjà fort mal de leur plume ; les vrais) ne touchent plus de droits d'auteur suffisant à cause du pillage électronique, ils feront autre chose et la création périclitera.
Les écrivains doivent se liguer contre les crétins qui pensent qu'il n'arrivera au livre le même désastre qu'au disque. D'autant que les écrivains ne peuvent pas donner de concerts, eux !
Les achats numériques d'albums ça ne marche pas, et il en ira de même pour l'achat électronique des livres. Quel aveuglement !