Traduire sans trahir, Peter Handke témoigne
Heureusement, la vie est plus qu'un discours de Peter Handke. Sinon, on aurait tendance à la raccourcir.
Il avait dernièrement vendu 20 ans de ses textes à l'Autriche après avoir obtenu la peau du Nouvel Observateur, dans une histoire de diffamation, et voilà que Peter Handke rejaillit tel un diable de sa boîte pour nous raconter son expérience de la traduction. Et de traducteur.C'est dans les colonnes de Libération que ce dernier s'est grandement épanché sur les errances de son travail : passer la poésie d'une langue à une autre est un véritable sacerdoce. « Char se rend parfois important. Philippe Jaccottet, en comparaison, ça fait du bien — même s’il joue la modestie. Quand on écrit, il faut être modeste et non pas jouer à l’être », l'entendra-t-on dire au détour de sa confession. De toute façon, traduire, c'est un péché, nous a-t-on enseigné au Salon du livre.
Sans hésiter une seconde il vous avouera : « Je ne pourrais jamais traduire un texte de moi en français. Goethe a essayé de traduire son essai sur les plantes, mais il a vite arrêté en disant : ces Français vont me prendre pour un typique mystique allemand ! » Bref, un témoignage poignant, venant de Peter, et qu'on découvrira avec plaisir chez nos confères du Nouvel Obs...
Rédigé par Clément S., le vendredi 04 avril 2008 à 06h00
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