Hemingway lutte contre la crise des subprimes américains

Aux armes, auteurs de tout pays, vivants et morts, soulevez-vous pour vous battre contre l'inflation !

Rédigé par Clément S., le mardi 08 avril 2008 à 12h13

Le Harry's Bar est réputé à Venise pour offrir depuis quelque temps « aux victimes américaines des subprimes et les rendre plus heureuses, un rabais de 20 % sur tout le menu », lit-on sur la devanture du restaurant.

La crise que traverse le dollar actuellement et sa dépréciation ont eu pour incidence une baisse de fréquentation de 5 à 10 % de la clientèle américaine, indique Arrigo Cipriani, 76 ans, propriétaire de l'établissement. Et cette récession freine considérablement le tourisme américain en Europe, bien évidemment. Les clients ont donc une ristourne sur toute la carte, mais pas au bar, et ce sans présenter leur passeport...

Bon, direz-vous, mais Hemingway dans tout ça ?

Le Harry's Bar a été fondé en 1931 par Giuseppe Cipriani, qui l'ouvrit grâce à l'argent qu'Harry Pickering lui remit, pour régler une dette. Et l'on se souviendra sans peine que le roman d’Hemingway Au-delà du fleuve et sous les arbres (1950)se déroule à Venise en 1946. Mais on connaît peut-être moins les enregistrements Harry's Bar in Venice, lectures que l'auteur avait réalisées...

Eh bien en hommage à l'auteur, qui avait vanté la nourriture chaleureuse et les martinis du Harry's Bar et en avait fait son siège, Arrigo accorde cette ristourne aux Américains. Dans le livre Au-delà du fleuve, il est justement fait mention du Harry's Bar, alors que l'auteur vivait dans un appartement appartenant (pas simple à écrire...) à la famille Cipriani.

Qui a dit que la littérature ne menait pas à tout ?



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