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Trafic d'organes dénoncé par Del Ponte: la Serbie enquête
Une réaction immédiate que le livre Caccia a suscité, mettant en cause Hashim Thaçi, Premier ministre kosovare.

Caccia, (La Chasse), livre de Carla Del Ponte a provoqué la déflagration escomptée : la Serbie a demandé au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie que soit ouverte au plus tôt une enquête sur les accusations portées dans le livre.

Dusan Ignjatovic, responsable serbe de la coopération avec le tribunal de La Haye souhaite que la vérité éclate sur cette sordide histoire, et demande que la précédente enquête « soit rouverte immédiatement et qu'elle soit menée jusqu'au bout ». Et en cas de défection du TPI, Dusan précise que la Serbie s'en chargera, après obtention des informations en sa possession.

Du côté kosovar, la ministre de la Justice, Nekibe Kelmendi, a fait entendre un tout autre son de cloche : « Si elle était au courant de ces événements, elle devrait être inculpée de retenue de preuves et de dissimulation de ces crimes », déclare-t-elle depuis Pristina. Le pays qui a récemment affirmé son indépendance avait d'ailleurs suscité une vive réaction de Soljenitsyne. Début avril, le TPI avait d'ailleurs acquitté l'ex-premier ministre kosovar, Ramush Haradinaj, accusé d'avoir torturé et exécuté des civils serbes.

Le livre de Mme Del Ponte met en cause, notamment, Hashim Thaçi, actuel Premier ministre du pays. Pour l'heure, Carla Del Ponte n'est pas encore intervenue. On rappellera que la Suisse l'avait fissa renvoyée à Buenos Aires, empêchant la promotion de son livre à Milan estimant que « la présence de Carla Del Ponte à Milan, liée à la promotion de son livre, n'est pas compatible avec ses activités actuelles d'ambassadrice en Argentine ».


Rédigé par Clément S., le mercredi 16 avril 2008 à 12h02

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Interventions

Intervenu le mardi 15 avril 2008 à 12h21

"Dusan Ignjatovic, responsable serbe de la coopération avec le tribunal de La Haye souhaite que la vérité éclate sur cette sordide histoire, et demande que la précédente enquête « soit rouverte immédiatement et qu'elle soit menée jusqu'au bout ».

M. Ignjatovic ainsi que son gouvernement serbe(tous responsables politiques confondus) n'ont jamais reconnu et ne reconnaiseent pas la légitimité du TPY. Il ne pourra donc rien demandé du tout.
En ce qui concerne la ministre de la justice de Kosova, je partage complétement son avis : Mme Del Ponte devra être jugée et condamnée pour complicité et pour avoir caché au TPY "les preuves de ce qu'elle avance".
Si elle n'est pas en mesure de fournir des preuves de ses accusations, la petite dame devra être jugée et condamnée pour fausses accusations et calomnies.
Intervenu le mardi 15 avril 2008 à 12h34

"M. Ignjatovic ainsi que son gouvernement serbe(tous responsables politiques confondus) n'ont jamais reconnu et ne reconnaiseent pas la légitimité du TPY"

c'est totalement faux
Intervenu le mardi 15 avril 2008 à 12h36

C'est vrai qu'au niveau de la reconnaissance du TPI, il y a toujours eu un problème avec la Serbie et ce depuis les événements du Kosovo. A voir, et surtout à suivre.
A. Noname...
Intervenu le mardi 15 avril 2008 à 13h02



Je ne crois pas que ce soit aussi simple puisque l'ex premier ministre kosovar avait été acquité par le TPI. Je l'a signalé au rédacteur.
Il y a donc une certaine reconnaissance, à mon humble avis.
Intervenu le mardi 15 avril 2008 à 13h09

Au Kosovo il y a le camp Bondsteel, le plus grand camp américain en dehors du territoire des Etats-Unis. Il occupe 3.865 km2 et compte 7000 hommes....
Sa présence est renforcée par deux autres camps militaires Able-Sentry, Kosovo, Skopje et Monteith, Kosovo, Gnjilane

Question : pourquoi Clinton s'est-il tellement intéressé au problème Kosovar ?
Réponse officielle : le pape Jean-Paul II ne voulait pas de deuxième Sarajevo... Bill l'écoute et convainc le congrès américain ainsi que les états européens à donner une bonne leçon à ces méchants serbes...
Réponse officieuse :
Il fallait prendre possession de la situation stratégique de la région pour préparer Irak n° 2, par exemple....

Tout ça a l'air de faire partie d'un gigantesque programme "asexué" américain (indépendant de la couleur politique du président des Etats-Unis), ce qui explique probablement la présence d'un gouvernement mafieux, qui a bien d'autres aspirations que le bonheur du Kosovo. Cela donne aux Etats-Unis toute la latitude pour mener à bien la mission qu'ils se sont fixés, le contrôle d'une bonne partie de la production pétrolière mondiale.
Intervenu le mardi 15 avril 2008 à 13h10

J'aimerais entendre l'avis de tous ces intellos à la botte du plus offrant (lire nouveaux philosophes) qui ont défendu le monde libre contre ces monstres de serbes. Le monde n'est pas noir ou blanc, il est féroce surtout au moment des et des séparations et des désactions qui en découlent.

Je pense à Kusturica qui a osé dénoncer tout cela. Il a simplement eu la malchance de naitre serbe donc suspect.

Le droit d'ingérence a permis ces tortures mais la communauté internationale ne bougera pas le petit doigt. Le Kosovo est maintenant un état souverain. On va voir si on peut juger ces personnes. J'en doute...
Intervenu le mardi 15 avril 2008 à 13h18

Nina dit : "Cela donne aux Etats-Unis toute la latitude pour mener à bien la mission qu'ils se sont fixés, le contrôle d'une bonne partie de la production pétrolière mondiale. "

Moi je veux bien, mais il ne me semble pas qu'il y ait beaucoup de pétrole dans la région.
Je pense que les Etats-Unis sont très présents dans cette région tout simplement parce que c'est un point géographique stratégique depuis des décennies.
Intervenu le mardi 15 avril 2008 à 13h20

Merci tout de même à Nina concernant les informations sur la présence américaine dans la région. J'aimerais bien savoir où est-ce que l'on peut trouver des documents de première main sur ce point.
Merci d'avance.
Madame del ponte accusée pour désinformation
Intervenu le mardi 15 avril 2008 à 21h30

Carla Del Ponte accusée de saper la crédibilité du TPI

Le livre de Carla Del Ponte risque de saper la crédibilité du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI), a estimé le Conseil de l'Europe. L'ex-procureure du TPI accuse notamment certains dirigeants du Kosovo d'avoir participé à un trafic d'organe.

"Cette situation est plus que dérangeante. De telles révélations risquent de mettre à mal la crédibilité du Tribunal de La Haye", a estimé à Strasbourg le ministre slovaque des affaires étrangères Jan Kubis, qui assure la présidence tournante de l'organisation. Il a dit se soucier en particulier de "la volonté de la Serbie de coopérer avec ce tribunal".

"La publication d'un tel livre est un fait qui sape la stature des fonctionnaires du Tribunal de la Haye et je pense en particulier à Mme Del Ponte", a-t-il ajouté devant l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Le chef de la diplomatie slovaque n'a pas fait de commentaire sur le contenu du livre, qu'il n'a pas lu, mais a souligné qu'il pouvait faire naître le soupçon que le tribunal n'avait "pas agi de manière adéquate jusqu'à présent".

Carla Del Ponte a quitté en janvier dernier le TPI dont elle a été pendant huit ans le procureur en chef. Elle est actuellement ambassadrice de Suisse en Argentine.
Intervenu le mercredi 16 avril 2008 à 12h02

La crédibilité du TPIY a malheureusement été très entamée aussi par le livre de Florence Hartmann, ce qui nourrit la propagande négationniste, assez forte en France.
Il faut reconnaître, encore malheureusement, que le TPIY comme la CIJ n'ont jamais reconnu les faits, à savoir l'agression par Belgrade de la Croatie, puis de la Bosnie. Au lieu de faire des dénonciations inconsidérées, Mme Del Ponte ferait mieux de se demander si elle a fait son propre travail. Elle avait le pouvoir, pendant 6 ans au TPIY, de tenir un langage clair sur les événements que nous connaissons et que nous avons suivi de près depuis 1991. Elle avait le pouvoir de demander que le crime contre la paix soit inscrit dans les statuts de cette juridiction. Mais Mme Del Ponte n'en a rien fait et s'est passionnée pour la "chasse" à l'homme qu'elle a livré, en renvoyant dos à dos tous les protagonistes. Le titre de son livre le dit. Or Mme Del Ponte était nommée pour rendre la justice, et non pour se livrer à une justice spectacle, fort ignorante de l'histoire de cette région. Nous n'avons pas fini de parler des ravages de cette justice "ethnique", dans la région, où s'est produit - en Bosnie - un génocide avéré. Si Belgrade avait été condamnée il y a dix ans, nous ne risquerions peut-être pas que les nationalistes reprennent le pouvoir à Belgrade le 11 mai prochain. Il n'est pas inutile de savoir que l'Europe aurait pu juger, depuis longtemps, ces criminels que sont Karadzic et Mladic par contumace. Voir, sur cette question, le site www.inventaire-invention.com /> Malheureusement, personne ne semble en être conscient, et tout le monde a l'air de croire que le TPIY rend la justice comme il faudrait le faire, alors que le TPIY se conduit comme un banal tribunal correctionnel qui jugerait des crimes équivalents, sans reconnaître d'où vient la responsabilité de cette guerre.
Comment, dans ces conditions, aider la jeunesse serbe à faire face à ce qui s'est passé, et à entamer un travail de mémoire, qui sera indispensable pour construire la paix sur des bases saines ? Si l'opposition serbe cherche à le faire (avec Natasa Kandic, Sonja Biserko, les Femmes en noir de Belgrade), elle reste malheureusement très faible et peu écoutée, et ceux qui la soutiennent sont considérés comme des "traîtres" par les nationalistes qui ont soutenu Milosevic.
Si les nationalistes reviennent au pouvoir à Belgrade en mai, cela risque de reproduire toutes sortes de violences, en Bosnie notamment. Autrement dit, la catastrophe yougoslave, bien nommée par Annie Le Brun dès 1992, n'est pas terminée, et c'est en grande partie faute d'une justice internationale lucide et consciente de ses responsabilités à l'égard des jeunes générations.