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Comment évaluer la violence en milieu scolaire ?
Si certains événements font la une des journaux, beaucoup sont passés sous silence. Et depuis 2002, les indicateurs font état d’une hausse de la violence en milieu scolaire.

Dans une académie comme celle de Créteil, les incidents recensés sont quasiment quotidiens. Intrusions de fauteurs de troubles dans les établissements, utilisation de produits explosifs ou d'armes blanches au sein des locaux … Les perturbations créées par les manifestations lycéennes sont de plus propices à l’augmentation des incidents.

Une hausse marquée de la violence en milieu scolaire :

Toutefois, il est à l’heure actuelle, difficile de recenser avec fiabilité l’ensemble des faits de violence. On reconnait tout de même une hausse de la violence en milieu scolaire concentrée sur les 6 à 10 % d’établissements les plus difficiles. Ce sont des incidents souvent mineurs mais répétitifs. Autrement dit, les zones difficiles sont de plus en plus difficiles…

Les incidents à l'encontre des conseillers principaux d'éducation, des personnels de surveillance et des enseignants ont crû en moyenne de 25 % dans les écoles, collèges et lycées entre 2002-2003 et 2005-2006.

Ces chiffres, les plus récents fournis par l'éducation nationale, sont issus du logiciel Signa, un système informatisé de recueil de données qui permettait, jusqu'il y a peu, à chaque établissement d'établir un relevé des faits de violence. Analysées en 2007 par l'Observatoire national de la délinquance (OND), les données Signa montraient, en 2005-2006, une hausse moyenne de 7 % des incidents, de toute nature et tout niveau de gravité.

Des chiffres mais beaucoup de questions sur leur pertinence :

Le problème, c’est que Signa a été abandonné en 2006 après la publication dans Le Point d’un classement des établissements dangereux. Les chefs d’établissement ont alors boycotté le logiciel, rendant caduque son utilisation future.

Pour remplacer le défunt logiciel, est arrivé Sivis (système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire), dont le principe consiste à relever, sur un panel d'établissements, les faits les plus graves. Ses premiers résultats seront connus en mai.

Mais le problème du recensement des faits de violence en milieu scolaire reste entier. L’administration sous-estime les violences par l’existence de la loi du silence qui règne parmi les élèves. Pour pallier ce défaut des statistiques officielles, on a mis au point une méthode plus fiable avec des enquêtes dites de « victimisation ».

Une équipe indépendante de l’administration pratique une enquête sur des échantillons représentatifs d’élèves. Les enquêteurs relèvent « qui se déclare victime et de quoi ». L’écart peut être très important (jusqu’à 200 fois) entre le taux de racket déclaré par les élèves et celui dont fait état l’administration. Ce type d’enquêtes devrait se voir généralisé dans les années à venir.



Rédigé par Victor de Sepausy, le lundi 21 avril 2008 à 06h00
Source : Le Monde



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