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Notre expression décortiquée : « Sauter du coq à l'âne ».
Dans la basse-cour, le soir venu, il se passe de drôle de choses... Des choses que la morale réprouve et que ma pudeur me hurle de taire. Allez c'est trop tentant, on va quand même vous expliquer ce que le coq traficote avec l'âne.

Pourquoi, je vous le demande lecteurs, oui pourquoi saute-t-on du coq à l'âne lorsque nous passons d'un sujet à un autre de manière incongrue ? C'est à moi que l'on a confié le soin de répondre à cette question existentielle et ô combien terrifiante, de savoir pourquoi le coq, ce fier soprano de la basse-cour et pourquoi l'âne cet indécrottable pulcinella.

Alors j'ai commencé mes pérégrinations, fier comme un coq et têtu comme un âne, armé de mon seul courage et de mon clavier. C'est finalement mon ami Duneton qui m'a mis la puce à l'oreille ...

L'expression date du XIVe siècle, on disait alors « saillir du coq en l'asne », puis au XVe « sauter du coq à l'asne ». Et là, lecteurs, je vous vois déjà faire une grimace en vous disant « mais qu'essaie-t-il de nous vendre celui-là ! qu'est-ce que cette histoire de saillie (pour les profanes couvrir une femelle) entre un coq et un âne. C'est impossible, c'est immoral ! ».... et vous auriez raison lecteurs.

L'explication la plus probable à cette nouvelle énigme nous vient toujours de Duneton et de l'étymologie du mot...cane. En effet, en ancien français on disait ane (du latin anas canard). Pour en revenir à l'âne son étymologie est « asne »du latin « asinus».

Ainsi, la confusion serait venue de la prononciation quasiment identique de ces deux termes (l'asne et l'âne). Voilà lecteur, maintenant tu sais que le coq ne prend pas les ânes pour des poules (ni les vessies pour des lanternes...) mais qu'il confond simplement sa compagne avec celle du canard (enfin c'est ce qu'il prétend...).

Demandez à votre éleveur de coqs le plus proche il vous confirmera ce fait.
Et si vous n'êtes pas convaincu je vous propose de méditer sur ce proverbe allemand : « Irren ist menschlich, sagt der Hahn, , und stieg von der Ente » (« L'erreur est humaine, dit le coq, et il descendit de la cane »). Ou bien sur ces expressions de la campagne roannaise  « ça y fera peut-être autant que le coq au cul de la cane » et la version déformée « ça y fera peut-être autant que le cocu à la cane ».

Cela dit lecteurs je vous prie de ne pas jeter la pierre à ce pauvre étourdi de coq car s'il se trompe parfois de compagne, nous, nous avons confondu jadis l'âne avec la cane.

Rédigé par Mario, le jeudi 29 novembre 2007 à 13h00

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