À Pékin, la vente de Bibles envoie un libraire en prison

Pour la seconde fois, de fait. Mais la première on l'avait relâché pour absence de preuves...

Rédigé par Clément S., le jeudi 24 avril 2008 à 07h19

Voilà encore une fois la Chine au centre de toutes les attentions, depuis l'arrestation du libraire chrétien dans la journée... du 28 novembre, qui fut mis en détention tenue secrète pour avoir vendu... des livres religieux. Relâché près un mois et demi après, les autorités concluaient à un manque de preuve, qui empêchait la suite des procédures. On était encore très proche de la censure fustigée par Anne Enright.

Shi Weihan était officiellement accusé de vendre des Bibles, non pas au prix du café, mais illégalement, ainsi que de la littérature chrétienne. Dans une Chine officiellement athée, qui cherche à contrôler les cultes, un libraire situé près du village olympique pouvait en effet faire tâche.

Retour sur la case détention arbitraire

Mais Shi Weihan a de nouveau été arrêté, le 19 mars dernier. Cette fois, Shi Weihan serait accusé d'impression de Bibles et de livres religieux, sans l'autorisation du gouvernement. Sa femme n'a pas de nouvelles, l'État lui interdit de lui porter de la nourriture ou des vêtements, mais surtout, le libraire étant atteint de diabète, son état de santé « la préoccupe grandement ». Ray Sharpe, un ami de Shi Weihan précise que le libraire est aussi homme d'affaires et qu'il est également agent de voyage ; il avait reçu de l'État une autorisation pour vendre des Bibles.

Cette arrestation prendrait place dans le cadre d'une « répression contre les groupes religieux dont le gouvernement redoute qu'ils ne manifestent une voix dissidente », au cours des Jeux olympiques. Sauf que le cas de Shi attire d'autant plus l'attention qu'il est le père d'un citoyen américain... Une liste noire de personnes et de groupes en Chine a été tout particulièrement mise au point du fait de l'immense publicité qui accompagnera les JO en août. Cette dernière inclut évidemment des leaders religieux...

Le Bureau de Sécurité publique, qui a procédé à cette nouvelle arrestation est connu pour ses pratiques peu orthodoxes, de privation et de tortures.



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