Aujourd'hui, une grande page de la liberté d'expression vient d'être tournée par le ministre de la Culture iranien. Écrivains et éditeurs sont ainsi exhortés à museler leur plume autant que leurs textes afin de ne pas risquer la condamnation de la part de la République islamique. Depuis l'accession d'Ahmadinejad au pouvoir, c'était en juin 2005, les interdictions pleuvent. Et les auteurs contemporains sont tout particulièrement touchés.
Mohammad Hossein Safar-Harandi a en effet déclaré : «
Vous êtes conscients des règles pour la parution, alors censurez les pages susceptibles de créer un problème. »
Se conformer aux discours pour pouvoire parler

Car il existe des impératifs et surtout des indications «
religieuses, morales et nationales ». On imaginera sans peine que le sexe, ou les propos antireligieux sont en ligne de mire des propos du ministre. Désormais, une commission du ministère de la Culture et de la guidance islamique orientera les choix et délivrera les autorisations inévitables.
Sauf que cette mesure, qui n'avait cours que pour les ouvrages récemment publiés s'applique à présent aux rééditions de textes plus anciens. On la préférera peut-être aux mesures prises en Égypte, et
aux actions policières autocratiques.
Arbitraire des décisions
De la part de l'industrie du livre, on déplore, aux dires de l'agence Isna «
l'absence d'une loi identifiant clairement les lignes rouges, la révocation de permis de publication et la perte des manuscrits soumis à autorisation ».
Dans une lettre adressée au ministère, l'Association des éditeurs de Téhéran s'insurgeait contre les lenteurs incompressibles autant que le côté dictatorial dans l'évaluation des ouvrages. D'autant qu'au sein des choix opérés, «
un point relevé isolément dans une oeuvre et ayant justifié son interdiction, se retrouve abondamment dans une autre qui a été autorisée ».