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Ravages, la revue des Éditions Panama : nocif et jouissif
Hommage déguisé à Barjavel ou simple pris de température de notre époque et de ses moeurs ?

On ne parle pas d’un confrère pour en dire du mal, surtout quand ledit confrère a été créé par une maison d’édition. Depuis le 5 mai, les éditions Panama ont ainsi lancé Ravages, dans son premier volume, celui intitulé printemps 2008. Ce qui porte le chaland à croire que des numéros saisonniers verront le jour.

 Mais avant de lui souhaiter longue vie, voyons si l’accouchement s’est passé sans peine, et si le rejeton est viable. D’abord, Ravages est dense, elle a « reconnu l’omniprésence du Ravage dans nos vies et nos pensées » et s’applique à saisir « ce qui nous ravage et par quoi nous nous ravageons ». Tout un programme des plus alléchants avec en tête de liste Charles Berling, Wendy Delorme, Michaël Faure de TropCtrop, Cynthia Fleury, Louis Maurin (Observatoire des Inégalités), Ruwen Ogien, Christian Salmon, Catherine Vidal...

À travers une foule d’articles, pour certains riches, pour d’autres simplement déjantés, mais dans l’ensemble plutôt caustique, huit illustrateurs et une quasi-vingtaine d’auteurs s’emparent de l’actualité pour la disséquer dans ce qu’elle a de détails malsains et sinistres, ou de grands faits attestant d’une dérive qui n’a rien de continental.

L'actualité, enfin analysée, décortiquée et macérée

Tous les artcles sont acérés : on plonge dans le vitriol pour lacérer les âneries d’un Sarkozy, assimilées à celles plus lointaines, d’un Berlusconi ! Mais si la politique est présente, on se penchera également sur un passionnant article ayant trait à la biométrie et au contrôle passif de nos vies par nos propres objets. Facile, certes, mais sacrément plus flippant quand on le lit.

Complètement en dehors des codes, Ravage n’informe pas au sens strict, cette revue est montée comme un livre accumulant les essais d’auteurs brillants et sarcastiques, qui ont, pour la plupart, oublié de n’être ni pertinents, ni impertinents. L’information sert ici de base à la réflexion, à la critique, à la prise de tension d’une société passablement anesthésiée.

Attention, quoi que nous le partagions, cet avis semble suffisamment tranché pour nous leur laissions, seuls, le plaisir de l’assumer.

Ravage est disponible pour 10 €, dans cette édition.

Et pour l’amateur d’excentricités, Ravages aura le goût d’un calisson d’Aix…


Rédigé par , le vendredi 09 mai 2008 à 11h00

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