Un dandy revendique la paternité de l'inédit de Rimbaud

Raphaël Zacharie de Izarra le crie à qui veut bien l'entendre : «Le Rêve de Bismarck» n'est pas de de l'illustre poète. C'est un faux que cet auteur contemporain aurait monté de toute pièce...

Rédigé par Victor de Sepausy, le jeudi 22 mai 2008 à 10h55

Depuis quelques jours, la communauté des gens de lettres est quelque peu en effervescence. Il est vrai que ce n’est pas tous les matins que l’on découvre un texte inédit d’Arthur Rimbaud, le Mozart de la poésie française.

Le récit de cette découverte tient plus du roman que de la réalité. Un cinéaste est en repérage à Charleville-Mézières, Patrick Taliercio (32 ans), pour les besoins d’un prochain film traitant d’une des célèbres fugues de Rimbaud. Se promenant comme monsieur tout le monde dans la petite ville du Nord, il s’arrête chez un bouquiniste.

Et là, il découvre des numéros (quatre précisément) du Progrès des Ardennes : intéressant puisque Rimbaud a toujours souhaité y être publié. On sait de source sûre qu’il avait fait parvenir à ce journal différents textes signés du pseudonyme de Jean Baudry. Un notamment dont il avait parlé à son ami Ernest Delahaye : « Le rêve de Bizmarck ». Voilà que le numéro acheté par le cinéaste contient précisément un texte portant ce titre et signé de Jean Baudry…

Il n’en fallait pas plus pour que presse, experts et littérateurs en tout genre se mêlent de l’affaire. Et dans tout le nombre de ceux qui veulent faire entendre leur voix sur ce sujet brûlant, il y a un maniaque du commentaire : Raphaël Zacharie de Izarra. A la suite de chaque article traitant de cet inédit de Rimbaud, Raphaël, écrivain contemporain habitué de la polémique, affirme être le seul et unique auteur de ce qui est pour lui un canular plutôt réussi… Vous voulez en savoir plus sur ce mystère…

Lisez notre dossier Polémique : le texte de Rimbaud, Imposture ou véritable inédit  ?







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Klaus.

Mercredi 21 mai 08
à 21 h 05


Tout le monde s?est demandé si le texte était ou non une mystification. Mais s?il y a une imposture quelque part, c?est bien ce Zacharie, homme sans talent qui resuce et démarque les plus médiocres auteurs de la fin du dix-neuvième siècle. Ça fait longtemps qu?il croit dénoncer quelque chose en produisant de longs textes contre Rimbaud que, n?arrivant à publier nulle part, il matraque sur la toile. Il cherche des occasions pour faire parler de lui. Je n?arrive pas à croire que vous lui fassiez cette fleur. Demandez-lui au moins ses sources, puisqu?il prétend en avoir, c?est la moindre des choses quand on veut faire du journalisme.
240-185

Mercredi 21 mai 08
à 22 h 20


Je l'ai titillé sur le blog d'Éric Viennot.
Il n'a jamais répondu à mes questions concernant les sources et masque difficilement le fait qu'il fait de la pub pour son blog.
Raphaël Zacharie de Izarra

Mercredi 21 mai 08
à 22 h 23


Bonjour Klaus,

Mes sources sont dans l'air du temps, les têtes bien formatées de mes contemporains crédules et les fosses de la pensée frelatée.

Et l'affaire des faux carnets d'Hitler ? A quel genre de journalistes avions-nous affaire à l'époque ? Allons ! Le journaliste qui m'a interrogé connaît son travail et le fait bien. La subtilité, c'est le tranchant de la plume. Les bons journalistes sont rares. Les beaux esprits aussi. L'auteur de cet article est un oiseau rare à double titre, croyez-moi.

Raphaël Zacharie de Izarra
Raphaël Zacharie de Izarra

Mercredi 21 mai 08
à 22 h 29


Bonjour,

Je ne savais pas que vous m'interpelliez à cet endroit de la toile. Pardonnez-moi, mais aujourd'hui j'ai eu beaucoup à faire.

Il ne m'est matériellement pas possible de répondre immédiatement à tous mes détracteurs.

Je n'ai nul besoin de faire la promotion de mon blog étant donné qu'il a toujours été très visité. Pour vous répondre avec concision et justesse, seule la qualité de mes textes doit convaincre, séduire, et non une vulgaire publicité basée sur le scandale.

Raphaël Zacharie de Izarra

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VOTRE MESSAGE :

Je l'ai titillé sur le blog d'Éric Viennot.
Il n'a jamais répondu à mes questions concernant les sources et masque difficilement le fait qu'il fait de la pub pour son blog.
......

Mercredi 21 mai 08
à 22 h 59


IZARRA : faux nom, vrai faussaire ?

L'auteur est un habitué des coups montés littéraires, il semblerait qu'avec des moyens chimiques, techniques mais surtout informatiques il soit parvenu à tromper la vigilance des plus rusés ! A partir de vieilles archives vierges authentiques il aurait fabriqué ce faux. Les naïfs s'y seraient laissé prendre.

Rien que les circonstances de cette trouvaille devraient inciter à la plus extrême prudence... Comme par hasard un cinéaste justement en train de faire un documentaire sur Rimbaud entre dans une bouquinerie (une librairie de quelle ville donc se demandera le péquin ? Mais oui bien-sûr de Charleville-Mézières voyons !) et là, hop ! comme par enchantement il trouve le fameux trésor littéraire qu'on recherchait depuis 1945 ! Bref, un mauvais scénario de Indiana Jones qui semble passer comme une lettre à la poste ! Sans parler des détails tellement "beaux et évidents" qu'il en sont invraisemblables quand y réfléchit bien. Un romancier qui aurait écrit cette histoire aurait été taxé d'écrivain sans imagination. La vérité est que, comme l'avoue avec complaisance l'auteur de cet étrange message, le faux après avoir circulé un certain temps dans un circuit "traditionnel" pour accréditer son authenticité aurait finalement été dirigé vers cette boutique de Charleville dans l'attente de sa "découverte".

D'ailleurs trouver un tel document là où précisément dans l'imaginaire collectif on est censé le trouver, c'est plus fort que fort ! Et c'est pour cela que c'est aussi un peu faible quand on commence à se poser quelques questions... Des faux littéraires ont déjà été fabriqués, cela ne serait pas la première fois (récemment il y eut les faux carnets d'Hitler pour ne citer qu'un cas célèbre). Pour ce qui est des parties manquantes du document, les détériorations "naturelles" ont été machiavéliquement confectionnées à des endroits stratégiques du texte : il fallait que cela fasse vrai. Mais pas trop non plus quand même car on se doute bien que l'auteur de la farce n'aurait pas masqué, même en partie, la signature "Jean Baudry" ! C'était la seule chose importante, la signature. Fallait même que ça fasse plus vrai que vrai. C'est réussi...

Signé : un complice impliqué qui n'aura pas l'inconscience, lui, d'en dire plus sur son identité...



Merci pour la leçon de journalisme.
On en tiendra compte quand on se décidera à sortir un numéro de PIF gadget.
Cordialement,
Le bateau ivre

Jeudi 22 mai 08
à 00 h 04


Non mais moi j'ai rien contre les journalistes d'Actualitté ! Le problème n'est pas là. Ce qu'il faut, c'est que ce Zacharie donne des preuves de ce qu'il clame partout à qui veut l'entendre.
S'il n'en a pas, qu'il se taise et qu'il retourne aux oubliettes de la pale littérature !
Mais bon c'est vrai que cette affaire sent un peu trop le tout cuit.
Celui qui a pas mal à y gagner aussi dans l'histoire c'est le cinéaste qui se fait ainsi connaître et qui fait parler de son film avant même de l'avoir tourné !
Raphaël Zacharie de Izarra

Jeudi 22 mai 08
à 02 h 02


Bonsoir le bateau ivre,

Je n'ai pas abattu toutes mes cartes. Une mystification consistante et éclatante se fait nécessairement sur le long terme. Donc, pas de précipitation ! D'ailleurs je ne sais pas encore s'il sera finalement indispensable de donner des preuves : la régénérescence des esprits corrompus par le snobisme rimbaldien se fera peut-être sans ce concours matériel que réclament les admirateurs et fins connaisseurs de Rimbaud... Le miracle de l'Intelligence peut fort bien s'opérer indépendamment de toute preuve tangible. Quoi qu'il en soit, ces éventuelles preuves matérielles pourront toujours être mises en doute car il y aura toujours des saint Thomas pour douter de l'évidence, aussi ces preuves palpables sont-elles vaines. La seule véritable preuve -irréfutable- que ce document est un vrai, ou un faux, c'est de le confronter audacieusement aux jolies sensibilités pénétrées de vérités rimbaldiennes promptes à tomber en pâmoison à la moindre prose signée "Rimbaud".

Raphaël Zacharie de Izarra
240-185

Jeudi 22 mai 08
à 10 h 09


Eh bien, présentez-nous vos fameuses "preuves matérielles", au lieu de vomir sur les amateurs de Rimbaud ! Présentez-nous également vos sources "indiscutables" !

À moins que vous n'ayez finalement ni source, ni preuve, et que vous vous donnez l'illusion d'être quelqu'un d'important en usant d'un langage châtie ?

Je veux bien être sceptique quant à l'authenticité avérée ou non de ce texte de Rimbaud. Cependant j'adopte l'attitude de Saint-Thomas. Je ne crois que ce que je vois. Or, je ne vois pas de preuves, juste de la rancune et des propos de caniveau envers un poète du XIXème siècle et ceux qui apprécient son ?uvre. Être un dandy ne veut pas dire qu'on peut s'affranchir de donner un peu de consistance à ses affirmations.
Raphaël Zacharie de Izarra

Jeudi 22 mai 08
à 10 h 55


Bonjour,

Je souhaite demeurer le maître du jeu le plus longtemps possible. Ce n'est pas à moi de prouver l'authenticité de ce texte mais aux spécialistes de la question littéraire. C'est à eux d'asséner vérités immortelles et écrasantes, de répandre affirmations lumineuses et sereines -bref de convaincre l'incrédule- et non à moi d'abréger les doutes. Mon rôle consiste à faire accoucher la vérité littéraire aux prétendus spécialistes de Rimbaud, non à servir sur un plateau le sujet cuit de leurs actuels tourments. Seul celui qui a les bonnes cartes en main aura le dernier mot. Celui-là peut se permettre toutes les licences et fantaisies. Chacune de mes provocations à l'adresse de mes détracteurs doit être considérée comme une salutaire incitation à percer le mystère de ce texte par des moyens strictement artistiques, littéraires, intellectuels et non vulgairement matériels. On devrait au contraire me rendre grâces d'inviter les admirateurs de Rimbaud à la critique honnête au lieu de me condamner de la sorte !

En attendant je laisse à mes détracteurs le temps de se ridiculiser dans toutes les directions. Ou de faire triompher la vérité, s'ils la détiennent.

Raphaël Zacharie de Izarra

 
dessin du jour AcuaLitté