Des révisions très web 2.0 pour les bacheliers sur internet

Vous trouvez ça crédible, vous : "Non maman, je ne suis pas en train de surfer en perdant mon temps... Je révise. Absolument..."

Rédigé par Cecile Mazin, le dimanche 25 mai 2008 à 08h00

Tout le monde aime à le croire, et une étude avait alimenté les contestations à ce sujet, le baccalauréat manifesterait une notation très aléatoire, et en ce sens devrait être remis en question. Reste que pour le moment, il faut encore passer l'examen, et pour les révisions, alors que l'on est à un mois du bac, « une génération à la culture web » s'efforce d'apprendre et de potasser, sur internet.

La réussite des sites de révision web 2.0

Florian Lecoultre, président de l'UNL s'explique auprès de l'AFP : « Ce n'est pas encore un phénomène de masse, mais c'est une pratique en pleine expansion. » Mais de son côté, Vincent Olivier, fondateur de webpedagogique.com témoigne d'une audience croissante. Sur cette plate-forme, 4.000 professeurs environ ont ouvert des blogs, regroupés par discipline. « En juin 2006, notre blog consacré aux révisions du bac avait été visité par 120.000 internautes. En juin 2007, sur notre site, élargi au brevet, nous avions 320.000 visiteurs, moitié pour le bac, moitié pour le brevet. Cette année, début mai l'audience était de 500.000 visiteurs. »

Autre exemple, reussite-bac.com, site de la LMDE, gratuit également, on enregistre « une très nette progression des inscrits depuis trois ans: 90.000 fin juin en 2006, 160.000 en 2007. Et déjà 100.000 au 15 mai », selon Marianne Vergnes, qui s'occupe de la communication. Un écho que l'on retrouve chez anabac.com ou sosphilo.com, sites payants : les habitudes de consultation du net sont ancrées de longue date chez l'élève, qui y a spontanément recours. Pour Marianne, « l'outil internet est un réflexe automatique pour cette génération là ». Tout le monde n'a en effet pas la chance d'aller réviser au calme dans un monastère...

À l'abri derrière son écran, sans les railleries des élèves

Un des avantages reste la discrétion et la simplicité, puisque l'on ne s'adresse pas au professeur devant une classe entière : une certaine protection règne. D'autant que le côté multimédia ajoute encore une dimension ludique profitable. « Ces sites font surtout office de compléments, notamment quand une notion a été mal comprise », estime Florian Lecoultre. Ce dernier met également en avant les sites « ayant pour projet le partage de la connaissance » contrairement à « ceux tournés vers le profit ».

Un luxe de révisions que l'on doit payer

Néanmoins, si 51 % des foyers sont équipés d'internet, les limites sont posées par des conditions techniques, ce que pointe Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE. Le partage des informations ne se réalise qu'à condition de disposer des moyens de ce partage. « Ceux qui y ont accès sont donc toujours les mêmes, ceux qui n'y ont pas accès sont toujours les mêmes aussi, ce sont les élèves les plus en difficulté, et pour ceux-là, ce n'est pas internet qui va leur permettre de réussir. »

La peur de l'échec, élément moteur et profitant largement aux groupes de soutien scolaire, inciterait cependant les élèves à se débrouiller par eux-mêmes, car « ça ne remplacera jamais les cours dans l'école », maintient M. Hazan.


Source : Le Parisien



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