
Le 3 avril dernier la FSU-Bnf et le SUPAP-FSU avaient, dans un communiqué, encouragé «
l’ensemble des responsables politiques, universitaires et culturels, à reconsidérer l’utilisation massive et systématique du WiFi et la généralisation des connexions filaires. Ils réclament également un débat sur la finalité de telles technologies dans les bibliothèques universitaires, de lecture publique et patrimoniale. ».
Le communiqué qui met le feu aux poudres
Un communiqué qui a été mal pris et peut-être mal interprété par certains acteurs de la «
biblioblogosphère » et qui fut le départ d'un débat houleux bientôt transformé en polémique. Ceux-ci estimaient que les membres de la FSU (fédération syndicale unitaire) défendaient «
une position rétrograde qui témoigne d’une incompréhension majeure de l’évolution de notre société et de nos usagers comme de leurs pratiques ».
De nombreux reproches

Ils soutenaient aussi que la FSU ne tenait pas compte du problème des ondes électromagnétiques dans son intégralité, préférant se concentrer sur le WiFi, alors que les téléphones portables et les fours à micro-ondes par exemple seraient aussi à prendre en compte. Enfin, ils accusaient la fédération syndicale universitaire ne viser qu'a stopper l'évolution des bibliothèques, en relançant sur la place publique le débat sur l'utilité réelle des nouvelles technologies dans les bibliothèques.
La FSU stigmatisée
Le 24 mai dernier, sur le site
Bibliothèques en lutte, la FSU répondait à ses détracteurs s'affligeant des propos stigmatisants de ceux-ci, qui qualifiaient ses membres d'«
obscurantistes », ou encore «
ceux qui sont terrifiés » en proie à des «
peurs mythiques ».
Le procédé filaire une alternative acceptable
Cependant elle n'est pas amère pour autant, rappelant qu'elle partage une cause commune avec ses détracteurs, «
l'usager ». Elle concède que le WiFi est rentré dans les moeurs et qu'il serait dommageable d'en priver les usagers. Pourtant, elle met le doigt sur un point important, la faible durée de vie des batteries qui oblige les utilisateurs de portable à se placer à proximité des prises électriques. De ce point de vue remplacer le WiFi par
un procédé filaire comme à la Bnf ne changerait pas grand-chose.
Un flou scientifique
Elle insiste sur le fait, que pour l'heure même s'il n'existe
aucune certitude scientifique sur l'impact des ondes électromagnétiques sur le corps humain, «
On peut néanmoins reconnaître que depuis quelques années, les résultats montrant des effets sur nos organismes et sur notre santé des champs électromagnétiques s´accumulent ».
Le principe de précaution nécéssaire

Pour soutenir sa position favorable au principe de précaution, elle s'appuie sur la charte de l’environnement et plus précisément sur l'article 1 de celle-ci qui stipule que «
chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à la santé » et sur l'article 5 qui indique qu'en cas de doute des «
mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage » doivent être mises en place par les «
autorités publiques ».
Le hic c'est le coût
Un débat d'une telle ampleur ne devrait donc pas avoir lieu, et la solution paraît simple, cependant La FSU considère que le noeud du problème est le coût de remplacement du WiFi par un procédé filaire. L'opération nous confie-t-elle est jugée «
trop chère ». Le problème du WiFi est donc voué à rester encore un bon moment au centre
des inquiétudes et des plaintes des employés de bibliothèques.
Lundi 26 mai 08
à 16 h 22
Le procédé filaire : une alternative novatrice au WiFi
Communiqué de presse du SUPAP-FSU et de la FSU-BnF
La FSU prend acte de la déclaration, faite par le directeur des collections de la BnF dans le cadre du Conseil d?Administration du 1er avril, de renoncer à l?usage du WiFi dans les espaces dévolus au publics de la bibliothèque. Elle soutient la position courageuse ? initiée par la FSU - exprimée par la BnF d?appliquer le principe de précaution en généralisant progressivement l?emploi du procédé filaire respectueux de la santé des usagers et des personnels. Cela s?inscrit bien dans la perspective tracée par le président Bruno RACINE de mettre en oeuvre une politique de développement durable.
Nous rappelons que :
1. Les ondes diffusant le Wi-Fi émettant sur des fréquences élevées sont peu pénétrantes, et sont donc facilement arrêtées par les obstacles. Elles ont donc du mal à rayonner à l?intérieur des bâtiments car elles sont stoppées par le béton, acier, verre, et meubles. Afin de pallier ces difficultés, il est nécessaire soit d?augmenter le nombre d?émetteurs, soit d?en augmenter la puissance, soit les deux. En outre, le nombre maximum d?utilisateurs pouvant être connectés simultanément sur chaque borne est aussi limité (20 à 40 connexions).
2. Les personnels travaillant dans des espaces ainsi équipés et les lecteurs assidus se verraient exposés à ces rayonnements sans pouvoir s?y soustraire.
3. La multiplication des sources émettrices (WiFi, téléphones portables, GSM, antennes relais, téléphones DECT, etc.) exposerait de manière exponentielle et à leur insu les publics et les personnels à des sources d?émission de plus en plus nombreuses.
La FSU, qui défend depuis longtemps l?accès le plus large des usagers à l?Internet, considère que les dispositifs d?accès doivent nécessairement prendre en compte les pratiques des lecteurs de la Bibliothèque d?étude (Haut-de-Jardin) et de la Bibliothèque de recherche (Rez-de-Jardin). Elle souhaite donc que les lecteurs puissent se connecter en branchant leur ordinateur portable sur les prises d?alimentation installées à chaque place. La multiplication de prises de raccordement multiple (alimentation, réseau par prise/broche RJ-45) constitue donc une solution répondant pleinement aux usages constatés dans les salles de lecture. A terme, un tel dispositif devrait permettre aux usagers un accès simplifié aux ressources électroniques et au patrimoine numérique de la BnF.
De tels accès, puissants et sécurisés, doivent aussi être rendus possibles dans les espaces d?accueil, d?exposition, détente et de circulation afin de répondre à des besoins « nomades » ne relevant pas forcément de la recherche bibliographique.
De même, et pour ces raisons, ce procédé nous semble parfaitement répondre à la question de l?accès à l?Internet dans l?ensemble des bibliothèques universitaires, patrimoniales et de lecture publique.
Enfin, nous ne pouvons qu?appeler l?ensemble des responsables politiques, universitaires et culturels à suivre l?exemple de la BnF, produit d?un dialogue social responsable. Ainsi le moratoire appliqué à certaines bibliothèques de la ville de Paris à l?initiative du SUPAP-FSU comme les mesures partielles prises à Paris III posent-ils avec acuité la question urgente de l?alternative novatrice des technologies filaires.
Paris, le 11 avril 2000
Les syndicats de la Fédération syndicale unitaire (FSU) :
- Section FSU de la Bibliothèque nationale de France Jean-François Besançon 01 53 79 49 04
Mail : fsubnf@gmail.com Site Internet : http://bibliothequesenlutte.wordpress.com
- Syndicat Unitaire des Personnels des Administrations Parisiennes (SUPAP) Bertrand Pieri 01 44 70 12 80 (82)
Site Internet : http://dacsupap.over-blog.org/