La British Library envahie par des adolescents peu respectueux

De repère de chercheurs et d'écrivains, elle risque de devenir un lieu branché pour adolescents.

Rédigé par Mario, le vendredi 12 juin 2009 à 16h22

Cette vieille et ô combien vénérable institution qu'est la British Library voit sa quiétude sévèrement perturbée par une horde d'adolescents qui n'ont que faire des règles de bonne conduite en bibliothèque.

Un déménagement de mauvaise augure

Tout a peut-être commencé lorsque la bibliothèque a déménagé dans un bâtiment moderne en briques rouges en 1998. Adieu ces locaux luxueux empreints d'histoire, dont les sièges avaient été usés par des auteurs aussi célèbres que Virginia Woolf, Karl Marx ou encore W.B. Yeats. Étaient-ce les prémices d'une nouvelle ère où tout se perd...

Une nouvelle politique d'admission

Il y a environ quatre ans, la politique d'admission aux salles de lectures de la British Library a changé. Une porte-parole de la Bibliothèque explique à Sarah Lyall, journaliste au New-York Times, que « n'importe qui ayant une recherche pertinente à faire » pourra avoir accès aux salles de lectures, qui ne sont donc plus réservées aux seuls écrivains ou chercheurs diplômés.

Une horde de jeunes sans manières

Crédits : Hazel Thompson pour le New York Times
Depuis peu du côté des anciens habitués de cette institution, la colère gronde. Les files d'attente sont interminables. Les jeunes étudiants ne se tiennent pas, ils gloussent, traînent les sièges, flirtent, boivent des capucinos en se croyant dans une sorte de cafèt'. Et « le pire c'est que maintenant ils répondent au téléphone », confie Tristan Hunt, historien, professeur et homme de télévision qui est scandalisé de ne plus trouver de sièges libres après 11h du matin. Il ajoute en manière d'illustration « Le téléphone vibre et ils se lèvent "Attend une minute Nigel", et ils sortent de la salle de lecture, et reprenne l'appel ».

De nouveaux usages


La porte-parole de la bibliothèque précise « La bibliothèque a changé et évolué, et les gens s'en servent d'une autre manière [...] Ils font leurs recherches différemment. Ils utilisent leurs ordinateurs et vérifient des trucs sur le net, ils ne prennent pas seulement des notes sur un carnet ».

Un manque de place évident

La colère gronde donc et on accuse le directeur de la bibliothèque d'avoir augmenté le nombre de visiteurs pour faire rentrer plus d'argent et donc avoir de meilleures primes de performance. Il faut dire que la British Library compte actuellement 127 000 abonnés actifs contre seulement 1 480 sièges.

Des primes de performance en fonction du nombre de visiteurs


Le directeur des opérations et des services, Phil Spence, déclare à un journaliste du Times qu'« il n'y a pour l'instant pas de plan prévu pour faire baisser le nombre d'usagers » mais il ajoute « Nous comprenons que cette période d'affluence puisse être frustrante pour les lecteurs, mais nous nous engageons à offrir d'excellents services et une gestion attentive de l'augmentation du nombre de lecteurs durant les vacances ». Enfin, il confirme que le directeur de la bibliothèque reçoit des primes de performance en fonction du nombre de visiteurs.



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Marianne

Samedi 31 mai 08
à 15 h 51


Notre Bibliothèque du Congrès a récemment abaissé l'âge limite pour la recherche à 16. Je me demande si nous verrons un de ces effets.
Louise

Vendredi 12 jun 09
à 16 h 22


Ce serait bien que les primes de performance ne soient pas indexées sur le nombre de lecteurs, ce qui est le critère le plus bébête qui soit. Voila ce que c'est que de faire faire le métier des bibliothécaires par des margoulins tartinés de marqueting (technikque des camelots sur les marchés pour vendre des patates) et de 'com (fausse discipline de bas du casque pour faire croire qu'ils ont quelque chose d'intéressant à dire)
 
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