Accueil > Littérature > Faits divers
actualité
Le mystère de la donation René Char
Ou les mille et une manières de perdre un petit trésor littéraire en quatre an.

Le 5 décembre dernier a eu lieu la vente d’une collection de manuscrits, gravures, études, lettres et autres de René Char. Cette vente réalisée par l’étude Renaud-Gicquelo, à la demande de la veuve de René Char, Anne Reinbold, a été un succès. Elle a rapporté 500 000 euros. Mais le mystère n’est pas là. Le mystère se trouve dans les circonstances qui ont mené à cette option.

En effet, à l’origine Anne Reinbold avait prévu de faire don de cette collection à la bibliothèque Jacques-Doucet et ce à la seule condition qu’elle ne soit « jamais divisée, ni séparée de la bibliothèque Doucet ». C’était en fin 2000 et le directeur d’alors Yves Peyré reçoit ce don avec « reconnaissance ». En février 2001, une chercheuse est envoyée par la bibliothèque afin de réaliser l’inventaire. Une fois cette opération achevée Anne Reinbold emballe la collection et attend de savoir quand l’institution viendra en prendre livraison. Elle ne reçoit pas de nouvelles de celle-ci et ce malgré de nombreuses relances.

Enfin le directeur Yves Peyré reprend contact avec elle en juillet 2002, s’excusant du retard il propose de reprendre le processus, Anne Renbold accepte. De nouveau elle attend qu’on lui fasse signe, mais rien ne vient avant mars 2003. Cette fois-ci elle convient avec le directeur d’arrêter une date pour le mois de septembre. Et puis elle ne reçut plus aucune nouvelle…

« Traitée de manière inacceptable », elle se résigne en fin 2007 à vendre cet ensemble qui de plus, déplore-t-elle était « particulièrement cohérent ».

Yves Peyré quant à lui, argue qu’il y a eu un problème avec le transporteur qui aurait oublié de venir chercher la collection, et estime que « cette histoire [est] aussi triste que curieuse dans ses développements ».

Alors qu’il s’agisse de laxisme, de désintérêt, d’une masse de travail trop grande sur les épaules du directeur d’une grande institution ou bien d’une erreur de transport, toujours est-il que c’est une grande perte pour le patrimoine français.

Rédigé par Mario, le vendredi 28 décembre 2007 à 09h00

Article pertinent ? Votez pour lui sur

S'inscrire à la lettre d'information du site
Rapporter une erreur sur l'actualité

Actualités en rapport :

27/12/2007 : Ex Libris fournit SFX pour le projet Bibliothèque Online
19/12/2007 : 2008-2009, des années à bibliothèque pour La Réunion
18/12/2007 : La Commission européenne salue la BnuE
18/12/2007 : Modernisation du ministère de la Culture
18/12/2007 : Sauvons l’Atelier du Livre de l’Imprimerie nationale
29/11/2007 : Bibliothèque numérique : L'Union européenne y arrive...


Interventions