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Guide de la lecture publique
Quelques petits conseils avant de se lancer...

Il n’y a pas d’école pour apprendre la lecture. Et pourtant, c’est un art véritable qui touche à de nombreuses spécialités. Pour ne pas trahir un texte, pour lui donner toute la résonnance qu’il mérite, je vous invite à lire ces quelques petits conseils…

Une proximité affichée avec le chant :

La lecture à haute voix a de nombreux points communs avec le chant. Autrement dit, rien de tel que quelques années passées dans une chorale pour faire des merveilles en lisant un texte en public.

Avec ou sans micro, à chacun ses goûts. Mais en termes de micros, préférez posséder le vôtre. Vous y serez habitués. Vous en maîtriserez mieux les subtilités, les sonorités et la prise en main.

Mieux vaut un micro filaire qu’un sans fil avec lequel on risque toujours les interférences avec les téléphones portables. Un micro cravate est aussi à laisser de côté. Il est bien plus difficile de jouer sur les volumes et les intonations. Un pied sera de rigueur.

Le travail du souffle et de la voix :

Pour faire une bonne lecture, il faut apprendre à bien respirer. Et pour cela, usez de la respiration ventrale. Travailler la respiration au repos est une nécessité pour celui qui veut devenir bon lecteur. Le trac viendra la modifier. C’est dans ce temps qu’il faut continuer à maîtriser son souffle, ralentir sa cadence. Au sein de la lecture, il s’agit d’anticiper les pauses, les reprises du souffle.

Des exercices de prononciation sont toujours intéressants pour améliorer la limpidité de la diction. De même qu’avec un instrument de musique on fait des gammes, on chauffe aussi sa voix en s’entraînant avec les voyelles (é è i u ou eu o) et l’on fait varier le ton. Il existe de nombreux autres exercices que vous pourrez reprendre pour vous progresser.

Tout lecteur public devrait suivre des cours de chant afin de mieux maîtriser la mécanique de la bouche. La luette s’ouvre en U renversé sur le a, et tend à revenir en V renversé sur les e, i, o, u. Devant la glace, on peut en quelques jours s’éduquer à la garder ouverte en U renversé sur toutes les voyelles. La langue reste à plat dans la bouche quand on détend et ouvre le maxillaire inférieur sur le a, mais remonte en bosse presque jusqu’au palais sur les autres voyelles.

Dans un texte, ce sont les consonnes qui contribuent à mettre le rythme. On peut s’entraîner à les prononcer en cadence. Ainsi on lit : « L K S N F L R M - L N T T D R M, L R S Q L S J D B T, D T R L N N P R S N L T » et l’on ajoute un rythme à la diction de cette série de consonnes.

Une lecture est une interprétation :

Lire un texte, c’est d’abord en maîtriser le sens. Savoir ce qui importe, où se trouve la profondeur. Charge alors au lecteur de rendre cette architecture textuelle sensible pour les auditeurs. Il s’agit toujours d’anticiper, de savoir ce qui va suivre. L’œil est toujours en avant par rapport à la voix.

Il faut manier un juste équilibre entre le lu et le parler. Le texte doit être entouré, contextualisé, conté aux auditeurs. La lecture impose aussi un certain dépouillement. C’est le texte qui ouvre la porte de l’imaginaire, non le décor qui le perd. Pas de table, de plante. Une lumière claire. Pensez aussi à tester la résonnance de la pièce...mais avant l'arrivée des auditeurs.

Voilà. La messe est dite. A vous de la faire vôtre et de l’enrichir encore au besoin. Bonnes lectures à tous. Et bonne écoute à ceux qui se cantonnent au rôle d’auditeur…Tiens, d’ailleurs, n’y aurait-il pas aussi une position spécifique pour s’ouvrir au texte, à la lecture ? Suite au prochain épisode.



Rédigé par Victor de Sepausy, le jeudi 19 juin 2008 à 07h45
Source : Le tiers livre

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