L'exercice était pédagogique, il s'est transformé en bac révélateur pour l'école primaire Claude Nougaro d'Albi. L'enseignante, Valérie Framit, avait demandé à ses élèves de CM1 en novembre dernier de trouver des images illustrant leurs sentiments, joie, peine, méchanceté, etc. Et pour ce dernier, un élève avait choisi une photo du chef de l'État.

«
Je suis tombée des nues. Si quelqu'un était venu me voir pour me dire qu'il était choqué, j'aurais reconnu que c'était maladroit et j'aurais enlevé la photo. J'avais dit aux enfants, on ne regarde pas le personnage, on regarde l'expression », explique Valérie. Oups.
Conscience politique surdéveloppée ?
Cette dernière fut alors collée sur un mur de l'école, invisible pour le public, et ne servant que d'illustration à l'exercice d'art plastique. Sauf que voilà : la directrice, Claudie Jalby, est informée qu'une enquête est demandée par le recteur d'académie, suite à une lettre de dénonciation qu'un parent a envoyée à Nicolas Sarkozy, expliquant qu'on porte atteinte à son image.
Branle-bas de combat !
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La directrice catastrophée nous a réunis d'urgence pour savoir qui avait travaillé sur l'expression et les sentiments. L'inspecteur lui a demandé de faire un rapport circonstancié qui est parti mardi, et lui a dit qu'une enquête interne était mise en place, demandée personnellement par Sarkozy. C'est hallucinant » explique une enseignante à
La Dépêche.
La photo qui valait trois milliards...
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Parmi toutes ces photos de visages inconnus ou connus, il y avait malheureusement celle de Nicolas Sarkozy. J'ai regardé les expressions et non les visages », plaide l'enseignante. Et l'inspecteur, Michel Azéma, d'étayer : «
On peut reprocher à l'enseignante un manque de vigilance pour lequel sera appliquée une sanction qui devrait se limiter à une simple remontrance. »
Selon lui, «
l'enseignante aurait dû être plus attentive à l'utilisation de ces images [...].
Elle aurait dû profiter de l'occasion pour faire une leçon d'instruction civique pour expliquer la démocratie et le rôle du président de la République et des personnalités du monde politique ». Et de conclure : «
Si ça se trouve, le président ne le sait même pas... Les gens pensent que c'est lui qui se lève le matin et qui ouvre son courrier. »
Bien sûr, le panneau et la photos incriminés ont été retirés.