
Une fois de plus, inutile de s’attarder sur le pack marketing livret et CD : on ne peut faire plus minimaliste. Après tout, ce n’est pas ce que l’on attend d’un audiolib’. François de Closets s’attaque à ce qu’il considère comme les difficultés majeures que la société française rencontre aujourd’hui. Il semble qu’il y ait un fossé grandissant entre le peuple et l’élite. D’un côté, la population se réclame de plus en plus de l’État providence et de la réglementation des faits sociaux ; de l’autre, l’élite s’éloigne de plus en plus des préoccupations populaires. Un sujet plus que d’actualité depuis l’avènement de l’ère Sarkozy et e la volonté de reformer à outrance une société française qui semble se complaire dans l’immuabilité des choses.
La trame apparaît comme simpliste mais pourtant, à travers divers exemples, l’auteur nous amène à nous interroger sur les prérogatives que l’exercice du pouvoir implique et sur l’idée que s’en fait le profane. L’élite au pouvoir doit composer avec une opinion publique qui évolue constamment et sur des sujets plus ou moins majeurs selon l’urgence du moment : le débat sur l’opportunité de l’utilisation du nucléaire ou même des OGM, l’importance de la sécurité routière, la place de l’euthanasie dans la société (faisant écho à la remise en question du droit à disposer de sa vie en ce début d’année)… des sujets délicats qui sous le vernis de l’évolution des moeurs sociales cachent des questions beaucoup plus complexes.
François de Closets met en scène lui-même ses écrits. C’est l’apport principal de l’audiolib : l’auteur donne vie à sa démonstration et c’est tout à fait réussi. Toutefois, il rentre trop souvent dans un ton quelque peu moraliste, dans le pathos et le sentimentalisme. Un certain pris certain peut lui être également reproché, notamment lorsqu’il évoque l’affaire Vincent Imbert, l’opportunité de la communication politique qui semble à la mode… Certes, l’actualité s’y porte définitivement et fait que ces idées peuvent apparaître comme opportunes, mais justement c’est caresser les idées reçues de l’opinion publique et donc la flatter.
Vérités générales généralement généralisées
Globalement, l’auteur affirme que certaines priorités politiques sont complètement ridicules si on les compare aux attentes réelles de la population : pour reprendre l’exemple de la sécurité routière. Combien de temps a-t-il fallu attendre avant de passer outre les lobbies des entreprises de commerce d’alcool ? Pareillement, quelle place pour la génétique, le principe de précaution se heurtant aux nécessités de nourrir une population en constante augmentation, qui pose la question de l’extension de la propriété intellectuelle sur le vivant ? Finalement, c’est aborder une fois de plus la question de porter le peuple au pouvoir : est-il mature pour prendre les décisions nécessaires à la bonne marche de la société ? À l’inverse ; l’élite en tant que telle reste-t-elle à l’écoute de cette société en la dirigeant ? Rien de nouveau quant à la réponse apportée ici.

Des redites existent par ailleurs : le premier chapitre sur la crise des missiles de Cuba en est l’exemple par excellence. Peut être utile ici si on considère la théorie sur la dissuasion nucléaire réciproque des années de guerre froide et la redéfinition des idées géopolitiques depuis quelques années : principe de « guerre préventive », utilisation plus ou moins avouée de la torture sur les prisonniers de guerre, nouvelles armes de destruction (bactériologique) entre autres. Cependant, ces démonstrations ne sont pas nouvelles et ne nécessitaient peut-être pas tout un chapitre historique avec ses implications sur la société civile aujourd’hui…
Le titre coûte 20 €, dure 6 heures, sur un seul disque, et quelques extraits sont disponibles
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