À Parati, au Brésil, le festival du livre est un concert de rock

Sur des rythmes de Salsa et de Boosa nova...

Rédigé par Clément S., le vendredi 18 juillet 2008 à 08h58

Paulo Cavalcante aura enduré 46 heures de bus pour se rendre au festival international du livre de Parati, ville nord-est du Brésil, à trois heures de Rio. Ce professeur de 47 ans qui vendaient ses livres aux passants est aux anges. La semaine passée, il a côtoyé les plus grands. Mais il reste lucide : « D'où je viens, les gens ne lisent pas beaucoup du fait de faibles revenus et d'un niveau d'éducation assez bas. »

« C'était comme un concert de rock ! »

Zoe Heller, la romancière britannique, était parmi les invités de ce festival : « C'était comme un concert de rock ! » Car ce festival, créé par l'éditrice de Harry Potter, Liz Calder voilà six ans, ne démord pas.

Peu de manifestations supportent la comparaison avec ce qui se déroule à Parati. Le festival est une véritable fête, dans une atmosphère surréaliste. On discute du sens de la bossa-nova, et des liens de la musique avec le régime dictatorial du XIXe siècle, un des thèmes de cette année.

Une nation qui lit peu, ou pas

Pourtant, le Brésil n'est pas une nation de lecteurs. Une étude a montré qu'au cours des 3 derniers mois, plus de 45 % de la population n'avait pas ouvert un livre. Pire, 19 % des livres appartiennent à 1 % de la population ; en cause, l'analphabétisme, un manque d'intérêt, le prix de livres, et trop peu de bibliothèques.

Pour Ryana Gabech, poètesse de 23, qui présentait son premier recueil, c'est simple : « Notre culture est davantage portée sur la musique, et pas vraiment coutumière de la littérature. » Pourtant les temps changent : l'étude en question a rapporté que 66,5 millions des Brésiliens ont lu un livre ces trois derniers mois, contre 26 millions en 2000. 2000, c'est justement le tirage moyen d'un livre, dans le pays. Pour gagner leur vie, les écrivains se tournent souvent vers le journalisme.

Aider le livre et la lecture

Mais le festival de Parati change peu à peu les choses. Ellisson Assis, venue dans les années 60 pour soigner le paludisme, et qui s'est récemment lancée dans l'écriture le dit : « Avant le festival, il n'y avait rien pour les intellectuels, ici. Toutes ces discussions littéraires avec ces personnes m'ont réellement stimulé. »



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