Fin des pubs TV : Quid de pubs télé pour les livres ?
Fils de pub !
Dans une très intéressante analyse, nos confrères du Monde reviennent sur la publicité télévisuelle destinée aux livres, possibilité soulevée par M. Sarkozy récemment encore, et notamment lors de la rencontre organisée avec les éditeurs, le 10 décembre dernier.
Anne-Marie Garat, président de la maison des écrivains, avait tiré la sonnette d'alarme lors de cette annonce : « Cela va accentuer la logique de marché et renforcer la discrimination par les ventes. Seuls quelques titres seront concernés par cette publicité de masse. À terme, on peut même prévoir que certains agents en feront une exigence contractuelle et les auteurs à succès basculeront du côté des maisons riches. »Bernard Fixot, l'éditeur qui déteste les éditeurs, à la tête de Robert Laffont, défendait pour sa part qu'« il est aberrant que le livre se prive du média le plus puissant (la télévision) comme outil de promotion. Le mercredi après-midi, les adolescents sont bombardés de spots sur les consoles de jeux et sur les sodas, mais on n'a pas le droit de leur parler du Petit Prince. Aujourd'hui, alors que le livre est attaqué par Internet, il faut encore plus se battre et il devient essentiel que les livres soient présents sur le petit écran ».
Or, télescopage de l'actualité, voilà que le président veut légiférer radicalement sur ladite publicité télévisuelle. Le paradoxe n'échappera à personne.
Serge Eyrolles, président du SNE : « Cela change complètement la donne. Jusqu'à présent, les dirigeants de France Télévisions mettaient toujours en avant la dictature de l'Audimat pour expliquer leur refus de présenter des émissions littéraires à des heures de grande écoute. » Car évidemment, côté maison d'édition on s'était mis en branle, suite aux deux mois de réflexion que le président avait accordés.
Si certains nous ont confié leur « étonnement », d'autres en revanche n'y voient rien de changé : les moyens d'assurer de la publicité à la télé manquaient déjà avant l'annonce du président, aujourd'hui, le problème ne se posera plus. Finalement, retour au point de départ dans le milieu éditorial.
D'ailleurs, pour le PDG d'Hachette Livres, Arnaud Nourry, il reste possible de « vendre des Astérix, des Dan Brown, et même les mémoires de Simone Veil, à des centaines de milliers d'exemplaires, sans recourir à la publicité à la télévision ». Contrairement à la politique menée outre-Atlantique, où la télévision omniprésente reste le seul média susceptible de toucher la population à tout instant, la France n'est pas encore entrée dans l'ère de la TV omnipotente...Reste que chez nos voisins européens, la pub à la radio, légale, n'a que peu de succès... « Faute de moyens », conclut notre confrère.
Rédigé par Clément S., le jeudi 10 janvier 2008 à 16h56
Source : Le monde
Article pertinent ? Votez pour lui sur
S'inscrire à la lettre d'information du site
Rapporter une erreur sur l'actualité
Source : Le monde
Article pertinent ? Votez pour lui sur
S'inscrire à la lettre d'information du site
Rapporter une erreur sur l'actualité
Actualités en rapport :
09/01/2008 : Acadomia, ou la réussite conditionnée par la publicité
06/01/2008 : 3h27 de télévision par jour pour les Français
14/12/2007 : Renaud Donnedieu de Vabres, ambassadeur culturel
13/12/2007 : Pub pour les livres à la télé : Sarkozy relance le débat
11/12/2007 : Pour empêcher le piratage du livre, une commission ?
Interventions














