Après un siècle de baisers tendres, l'éditeur Mills & Boon s'apprête à en finir avec les livres mielleux de bons sentiments. Lui pourtant spécialiste de la romance, et même de la superromance
Jusque dans les années 70, les couples non mariés n'étaient pas autorisés à avoir des relations sexuelles dans les pages de ses livres, et même en 2001, si l'on trouve une mention de menottes et de crème fouettée, c'est «
dans le cadre d'une relation affective durable ». Wouah !
Évolution méticuleuse des moeurs

Mais la suite de la collection sera bien plus axée sur un érotisme qui se veut explicite - comprenons, du porno. Alors qu'en 1963, se souvient l'auteur Phillip Larkin, pour la première fois, on a pu faire état de rapports sexuels entre deux personnes mariées. En 1973, la masturbation ce plaisir «
solitaire, substitut inadapté » à l'amour fait son apparition. Et en 1982, c'est la première scène de rapport bucco-génital. Un comble...
Mais voilà, ayant suivi l'évolution de la société anglaise, l'éditeur est aujourd'hui considéré comme «
un baromètre social de la Grande-Bretagne du XXe siècle ». Et l'on pourrait retracer l'évolution de l'histoire des femmes, socialement et sexuellement, tout au long de ses publications.
Spice, un goût d'interdit
La collection Spice [NdR : Epice] va clore le chapitre des bons sentiments et des baisers fougueux, suivant le marché de l'érotisme et sa croissance gigantesque. Elle débarquera en 2009 en Angleterre, et annonce clairement la mesure : «
Il s'agit de sexe pour le plaisir. »
Reste que l'on ne fera pas n'importe quoi non plus : «
À peu près tout est permis, mais dans le cadre d'une relation durable. Il doit y avoir un lien entre le héros et l'héroïne. Ils doivent s'apprécier, sinon, ça ne colle pas », explique Ms Claire Somerville, directrice marketing. Une évolution notable pour un éditeur qui débuta en 1908, dans l'édition de livres sportifs et dédiés à l'artisanat...