Art Say explique son cliché de S. de Beauvoir
Après les réactions suscitées par la couverture du Nouvel Obs du 3 janvier, contacté par le magasine, Art Say donne les circonstances de la photo
Revenant sur cette photo, le photographe concède qu’au sens strict, elle a été volée…Comment en est-il arrivé là ? Explications…
Art Say était un ami de Nelson Agren. Alors que ce dernier habitait dans un appartement très modeste, il héberbea Mme de Beauvoir, sa maîtresse du moment. Le problème, c’est que l’appartement en question n’était pas doté en sanitaires adéquats.
Pour faire face à ce drame, Nelson Agren fait appel à son ami le photographe qui emprunte alors les clefs d’un appartement d’une de ses amies. Confiée au photographe, Simone de Beauvoir se laisse conduire dans ce lieu. Au cours du trajet, la conversation est plutôt sans tabou : c’est le thème de la fidélité qui est abordé…
Alors jeune photographe pour le Life Magazine, Art Say avait toujours son Leica sur lui. A cette époque, Simone de Beauvoir n’était en rien une icône pour lui, simplement la maîtresse étrangère de son camarade.
Selon le photographe, c’est là, dans ce même appartement sans salle de bain, au 1523 Wabansia, que Simone montra ses premières notes sur le Deuxième sexe à Nelson Agren. La seule critique de Nelson c’était qu'elle avait pratiquement ignoré les courageuses femmes américaines qui avaient rejoint très tôt le combat.
Photographe débutant, il ne peut manquer de réagir en voyant Simone de Beauvoir sortir du bain et se coiffer, sans même fermer la porte… Il a alors pris deux ou trois clichés. Entendant le déclic, elle aurait dit : « Vous êtes un vilain garçon » mais sans aller plus loin dans son allégation…
Le cliché publié par le Nouvel Observateur est, selon Art Say, le meilleur. Améliorer l’original avec Photoshop (pour corriger le galbe des jambes) n’apporte rien, bien au contraire. Le photographe parla ensuite de ses photos à Nelson Agren qui ne s’y attarda pas. Les clichés ne furent même pas envoyés au modèle…
Le photographe termine en se dédouanant de toute culpabilité, jouant même les commerciaux au passage…
"Ma fille aînée est avocate, c’est une ardente féministe, qui sollicite mon propre éditeur afin qu’il publie un livre qu'elle a coécrit et qui s’appelle: "Le guide des droits légaux pour les femmes".
Elle n’estime pas que j’ai à m'excuser auprès de quiconque pour mon travail et moi je pense la même chose.
Invitez vos lecteurs à voir le tirage original et bien d'autres de mes photos à mon exposition à la Galerie Albert Loeb, rue des Beaux Arts, qui s'ouvre le 22 avril et qui dure jusqu'au 28 mai."
Le Nouvel Observateur ne risquait pas grand chose à interroger l’auteur de la photographie qui ne peut qu’applaudir au bruit déclenché par cette couverture. Ce petit scandale ne fait qu’augmenter sa côte de popularité…
Rédigé par Victor de Sepausy, le jeudi 17 janvier 2008 à 10h00
Source : Nouvel Observateur
Article pertinent ? Votez pour lui sur
S'inscrire à la lettre d'information du site
Rapporter une erreur sur l'actualité
Source : Nouvel Observateur
Article pertinent ? Votez pour lui sur
S'inscrire à la lettre d'information du site
Rapporter une erreur sur l'actualité
Actualités en rapport :
14/01/2008 : Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes
09/01/2008 : Peut-on montrer le cul de Beauvoir ?
09/01/2008 : Simone de Beauvoir aurait eu 100 ans aujourd'hui
Interventions














