La Saga, marque essentielle de la littérature islandaise

La 'sagacité' n'est cependant pas le récit historique des villes d'Islande.

Rédigé par Camille, le lundi 06 octobre 2008 à 10h26

En Islande, on lit beaucoup. Environ quatre livres par an, par Islandais. Mais mieux, on écrit aussi beaucoup : un Islandais sur dix publiera quelque chose dans sa vie. Les raisons d'une telle prolixité sont multiples et compréhensibles : des nuits longues, l'éloignement géographique parce qu'insulaire, moins de cinéma peut-être aussi...

Mais qu'en est-il des Sagas ? Ce terme qui recouvre à peu près tout ce qui se publie en trois tomes et possède un aspect épique - même faible - aujourd'hui, nous avons probablement oublié qu'il nous vient justement de l'islandais, et que le genre s'est développé aux XIe et XIIIe siècles.

Ancrées profondément dans l'histoire

Rarement texte d'inspiration légendaire ou mythologique, la saga se veut avant tout une geste motivée par les exploits d'un homme. Et même si l'on trouve des traces de trolls ou de spectres, leur ancrage dans la réalité est incontestable.

Suivant un fil linéaire, dans lequel le narrateur reste impassiblement neutre quant au récit, les êtres y vivent et meurent sans que n'intervienne de sentimentalisme ni de jugement. Cette part revient au lecteur. Pourtant, leur influence sur des oeuvres comme celle de Tolkien ou de Pratchett est incontestable. Ces derniers ont tiré parti de l'aspect colossal, et se sont alors orienté vers une dimension plus fantastique, que l'on a baptisée par la suite fantasy.

Peut-être trouvera-t-on un écho dans les Géorgiques de Virgile, quelques siècles avant l'apparition des sagas, de cette dimension très humaine, ces récits de familles, d'agriculteurs et de combattants. Mais de l'un ou de l'autre, romans contemporains ou sagas historiques, la littérature islandaise ne nous échappe-t-elle pas plus généralement ?



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