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Le livre d'art en France : peu d'amateurs en dehors des spécialistes
Une étude tente de comprendre les tenants et aboutissants de ce marché.

Les publics du livre d’art en bibliothèque, c'est l'étude que Bertrand Legendre et Corinne Abensour ont remise le 27 novembre au Centre national du livre et dont nous avons pu nous procurer copie.

Cette étude, menée au printemps 2008, tente de cerner le public qui a trait à cette branche de l'édition afin de mieux répondre à ses attentes. Livre d'art ? Oui, on entend à travers cette dénomination « les livres sur le théâtre, le cinéma et d’autres disciplines artistiques, mais [elle] ne constitue qu’un sous-ensemble de la vaste catégorie des “beaux livres”. »

Répartition des financements du CNL

Ce sont prêtés au jeu, « principalement les lecteurs en bibliothèque », nous apprend l'étude et démontre clairement que « ce secteur est tributaire des aléas du calendrier festif et culturel ». On comprend dans une certaine mesure que des pics puissent être connus suite à des événements comme La Nuit des musées, ou autre. Mais reste que les épiphénomènes ciblés ne permettent pas d'assurer « la prospérité du secteur et, surtout, une véritable diffusion de la culture artistique ».

Sur l'ensemble de l'édition en France, on évalue ainsi à 3,2 % du chiffre d'affaires la valeur du livre d'art. Si le CNL apporte une aide à plus de 70 ouvrages chaque année, pour une valeur de 482.000 €, à travers 75 éditeurs, six auteurs perçoivent et se partagent eux aussi 53.300 €. On décomptera ensuite comme suit les montants alloués
  • Bibliothèques : 114 établissements, 284.000 €
  • Librairies : 12 établissements, 24.000 €
Il s'agit dans ces deux cas d'aides à l'acquisition d'un fonds spécifique. D'autre part, près de 38 revues bénéficient de 208.880 € d'aides et enfin les manifestations qui reçoivent 24.000 €, avec notamment le Mai du livre d'art. Au total, « c’est plus de 1 million d’euros que le CNL consacre chaque année au secteur de l’édition d’art (chiffres 2007) ».

Quelles conclusions ?

Eh bien, c'est triste à dire, mais malgré des aides, la consommation est limitée : « Si l’édition d’art est incontestablement synonyme d’excellence, elle peine à accroître son lectorat en dehors du cercle des spécialistes », conclut donc l'étude. Mais alors, on ne peut rien y faire ?

Si fait. S'appuyer en plus grande partie sur les professionnels de l’édition d’art ou encore auprès des journalistes, des critiques d’art, des universitaires et des responsables d’institutions culturelles. Qu'on les sollicite et qu'ils soient impliqués, « pour assurer une meilleure diffusion et une plus large démocratisation du livre d’art ».


Rédigé par Cecile Mazin, le samedi 29 novembre 2008 à 08h48



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