Christine Albanel, face à Abd al Malik, voilà un tableau peu commun. C'est pourtant celui que David aurait pu peindre, quand la ministre de la Culture a remis, à Cannes, ce dimanche 27 janvier, la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres au rappeur, «
extrêmement honoré ».

«
Je viens d'un quartier difficile, je suis noir, musulman, je fais du rap et j'aime profondément mon pays, la France » ajoute-t-il. «
La force d'un pays se détermine également par son rayonnement culturel, qui peut donner de l'espoir et créer du lien. N'ayons plus peur. C'est important d'aller les uns vers les autres. »
Voyant un lui un poète au verbe engagé, la ministre n'a pas cru nécessaire de lui demander les papiers du slameur. Sur France Inter, le jeune homme avait rappelé des paroles de sa mère, qui l'ont suivi jusqu'ici : «
Aime la France et la France t'aimera en retour. » Phrase qu'il n'a pas manqué de répéter lors de cet événement.
Découvert avec Gibraltar, son deuxième album, il participe également au collectif Beniu Benassi, prônant «
un rap conscient ». Après son livre Qu'Allah bénisse la France, publié par Album Michel en 2004, son éditeur nous a exprimé toute sa satisfaction de voir un chanteur talentueux si rapidement reconnu.