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D'encre et d'exil : rencontre autour des auteurs subsahariens exilés
Rencontre et débat avec des auteurs africains exilés au menu de cette 8e édition 'D'encre et d'exil'

La 8e édition des rencontres « D'encre et d'exil » se teindra du 05 au 07 décembre au Centre Pompidou (Paris). Cette année la thématique est « L'Afrique... si près, si loin » et les auteurs subsahariens en exil seront à l'honneur.

Selon sa conceptrice et organisatrice, Florence Verdeille-Oswoski « D’encre et d’exil se veut avant tout un lieu de dialogue et d’échange où l’écrivain n’est plus seul avec ses mots, mais vient dire au public sa souffrance, son espoir et celui des siens ».

Et ce sera l'occasion de nombreux débat autour de l'exil, de la patrie, du sentiment d'appartenir à un lieu et de ce qui définit notre identité. Parmis les 15 auteurs invités on remarquera la présence de Gustave Akakpo, Helon Habila, Fatou Diome, Wilfried N’Sondé, Véronique Tadjo, Alain Mabanckou, ou encore Abdourahman Waberi. Et on regrettera l'absence de Tierno Monénmbo le lauréat du prix Renaudot. Peut-être parce que ce dernier ne fait pas partie de la même génération d'écrivains exilés que les autres.

Ne ratez pas ce rendez-vous littéraire autour de l'exil du 05 au 07 décembre au Centre Pompidou.


Rédigé par Mario, le vendredi 05 décembre 2008 à 05h46
Source : RFI



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Interventions

Intervenu le vendredi 05 décembre 2008 à 05h46

LA HONTE

Diplômés des grandes écoles et universités, polyglottes mais sans savoir écrire ni lire nos langues ni y réfléchir, signe d?insensibilité à la honte et à l?honneur et de celui d?un haut niveau de mimétisme primaire;

Chantant nos hymnes nationaux dans des langues étrangères sur tous les podiums, inconscients qu?aucun peuple ne s?est développé avec une langue étrangère ni avec le zèle à faire la promotion de la culture de ses dompteurs, et que la colonisation de l?esprit est un frein au développement et à l?anéantissement de l?identité culturelle;

Christianisés ou islamisés, - magot humain toujours partageable -, déniant et dénigrant nos propres croyances afin de paraître civilisés aux yeux de nos maîtres qui, eux, savent qu? «On domine d?autant mieux que le dominé reste inconscient. Les colonisés et leurs oppresseurs savent que la relation de domination n?est pas seulement fondée sur la suprématie de la force. Passé le temps de la conquête, sonne l?heure du contrôle des esprits. C?est pourquoi, sur le long terme, pour tout empire désirant durer, le grand enjeu consiste à domestiquer les âmes»;

NOUS, Subsahariens, sans l?estime de nous-mêmes, sans vision d?avenir; violant nos institutions, prenant le mensonge pour une vertu, experts dans le gaspillage et dans la corruption ? plus de quatre décennies d?indépendance, et rien de concret -, échouant là tous les autres réussissent malgré nos ressources naturelles, Sommes à l?agonie.
Péter les bretelles et se présenter comme chefs d?État, généraux d?armée, docteurs, professeurs, ingénieurs, écrivains, étudiants?ne nous confèrent aucune crédibilité. Dans la mémoire collective du reste du monde, nous sommes des assistés sociaux internationaux qu?il faut aider sur tous les plans parce que dans notre conscience et subconscience d?aliénés nous avons l?appétence des aides extérieures : économique, religieuse et linguistique.

Si nous voulions sortir de cette situation misérable et ordurière qui nous relègue au rang de sous-hommes et d?avortons de l?humanité, nous devrions élaborer des programmes de changements radicaux : faire notre éducation scolaire dans nos langues, avoir l?estime de nous-mêmes en mettant en exergue nos propres croyances et élaborer avec rigueur, intégrité des modèles de développement en tenant compte de notre identité culturelle dépouillée des plâtras étouffants des religions importées pour lesquelles nous dépensons des sommes énormes.

Agnan Danku. agnandanku@yahoo.ca