Au diable Kindle et autres : les téléphones sont l'avenir des ebooks

Ainsi parlait Zarathoustra... mais qui est prophète en son pays ?

facebook wikio digg twitter google

Rédigé par Clément S., le vendredi 02 janvier 2009 à 14h46

Le constat a commencé voilà quelques jours, quand un éditeur du net a affirmé avoir vendu plus d'ebooks pour iPhone que pour Kindle ; une sorte de réalité nouvelle est apparue, qui ne faisait qu'abonder dans le sens de l'histoire en marche : les téléphones portables pourraient bien être les sauveurs de l'ebook...

Le portable, toujours là où on ne l'attend pas

Aux États-Unis la tendance est là, plus qu'une mode : on lit sur son mobile les livres que l'on a téléchargés plus qu'on ne se sert d'une liseuse. Et comme les smartphones, dont l'iPhone fait partie et grâce à qui s'est largement développé ce mode de lecture, disposent de plus en plus d'applications permettant de lire un livre, l'avenir des liseuses semble compromis.

Plusieurs éléments interviennent : d'abord l'aspect tarifaire. Si l'on peut lire indifféremment des contenus gratuits sur liseuse ou téléphone, le prix d'un ebook pour le Kindle décolle rapidement à plusieurs dollars, même quand Apple vend des classiques pour quelques cents. Et cela, sans prendre en compte les librairies comme Borders qui vont les proposer à des tarifs plus élevés.

Qu'importe ? Si l'on note une réelle différence entre les deux versions, pourquoi pas, mais un téléphone portable offrira toujours l'avantage de proposer de la couleur. Pour un ouvrage comme Alice au pays des merveilles, cela rend les illustrations bien plus attrayantes...  Certes les écrans sont petits, mais ils semblent plus convaincants...

Qui diffuse le moins veut diffuser le plus

Ensuite vient le problème de la diffusion des lecteurs. On parlait de 380.000 Kindle pour fin 2008, quand l'iPhone, pour ne prendre que lui en exemple est déjà arrivé à des dizaines de millions d'exemplaires... dans le monde. Et en France, comme ailleurs, la bataille entre les opérateurs pour briser les clauses d'exclusivité ne manquera pas d'augmenter encore le parc. Que dire d'ailleurs de la possibilité de lire sur la console DS de Nintendo, ou même la PSP de Sony, etc.


Ce qui implique un nouveau point : sur quel support les éditeurs vont-ils se concentrer à l'avenir ? Le marché des liseuses, qui doit peser - en comptant très large - 1 million de tablettes ou celui des téléphones portables ? Même si Orange parvient à mettre en place une offre de téléchargement d'ebooks basée sur une connexion 3G, à la manière de ce qui se passera avec l'offre Read & Go, on reste sceptique sur l'intérêt des éditeurs.

« Évidemment, nous tendrons à chercher le support permettant la plus large diffusion, nous explique un acteur impliqué dans la numérisation et l'offre d'ebooks. Personne ne se tirerait de balle dans le pied en s'enfermant sur un seul marché. » Et quand on constate la convergence technologique que représente le téléphone portable depuis quelques années, l'avenir semble bien tracé...

Les éditeurs affirment leur choix

Les récentes négociations qui ont débouché sur des accords concernant la diffusion d'ebooks sur iPhone, avec l'exemple de ScrollMotion, certes encore imparfaite, mais progressant dans le bon sens montre également l'intérêt des éditeurs américains pour ce périphérique. Random House, Pan Mcmillan, et autres se sont également penchés sur Stanza, le logiciel qui permet de lire, télécharger et acheter des livres, depuis son partenariat avec Lexycle.

Et iPhone toujours, que penser d'une solution qui permettrait, certes c'est étrange, à un auteur de "développer" son livre pour le mettre ensuite en vente sur l'Apple Store. Si Amazon propose déjà ce type de solution, elle a surtout le mérite de ne pas être obligatoirement lue sur le Kindle. L'affrontement entre les deux firmes ne date d'ailleurs pas d'hier.

L'iPhone, certes, mais aussi tous les autres

Maintenant, il suffirait de prendre en compte l'intérêt pour le Blackberry ou encore le système Android que développe Google, justement pour des téléphones portables et de se poser la question : une liseuse peut-elle rivaliser avec un engin qui certes, consommera plus d'énergie et assurer par ce biais une autonomie moindre, mais permettra de lire des BD en couleur, de télécharger directement via une plateforme conçue et dédiée (rêvons un peu de ce schéma en France), que ce soit en 3G ou en WiFi ?

La balle est dans le camp des constructeurs de liseuses. Mais le temps presse, et quand bien même le marché ne représente pour l'heure qu'une part congrue des ventes de livre, il presse bien plus qu'il n'y paraît...


Source : Business Week



actualité suivante
actualité précédente
campagne publicitaire
Réagissez à cet article
quoter
valider
Emmanuel Guillot

Mardi 06 jan 09
à 14 h 42


Un élément qui n'a pas été pris en compte dans cet article est, outre l'autonomie, la fatigabilité pour les yeux de tous les écrans rétroéclairés, et donc ceux des téléphones portables. Les téléphones portables profitent pour l'instant d'une présence beaucoup plus massive sur le marché que les lecteurs d'e-books. Mais qu'adviendra-t-il si le prix des écrans à base d'encre électronique utilisés par les liseuses baisse, suite par exemple à une production massive d'écrans de ce type en Chine ? C'est là que se situe le n?ud du problème. La décrue du prix des liseuses a déjà été amorcée, bien que pas encore assez sensible.
Thessalie

Mercredi 07 jan 09
à 14 h 52


Le plus du téléphone portable, c'est surtout qu'on l'a toujours sur soi. Alors que si c'est pour lire à la maison, je ne vois guère d'avantage sur le papier...
Révolution morte avant d'être née

Jeudi 08 jan 09
à 14 h 49


le téléphone portable se situe à la croisée des chemins

la grande évolution des nouvelles technologies pour les années à venir c'est la convergence, l'ebook va à contre courant puisqu'il ne fait que "livre"

vous avez votre téléphone partout avec vous alors qu'un ebook est par définition de taille importante

les téléphones bénéficient de réseaux immenses et sophistiqués sur lesquels interviennent déjà des poids lourds économiques, ce qui n'est pas le cas des ebooks et freine la diffusion du contenu

la lecture sur iphone ou les combinés à venir est très confortable, essayez de lire plusieurs heures dessus vous ne sentirez pas plus de fatigue que sur le papier

enfin, en termes de prix, je dirais qu'après ces petites précisions il semble évident que l'impossible réussite des ebooks ne soit pas conditionnée par ce facteur
d'ailleurs même si leur prix vient à baisser le modèle économique n'est plus viable, il ne sera jamais aussi peu cher que du papier et n'offre rien de plus, alors pourquoi investir là dedans?

ne vous y trompez pas, l'ebook est une révolution morte avant d'être née

le problème qui se pose dès lors c'est que le personnel des maisons d'édition souvent incompétent à faire cette analyse croit voir là le relais à prendre
je ne leur prédit pas un bel avenir car elles ratent un tournant et la création de contenu écrit va rapidement être accaparé par d'autres
Yumm Yumm

Jeudi 08 jan 09
à 17 h 51


tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit, les ebooks sont déjà dépassés...