La rhétorique de Nicolas Sarkozy étudiée en cours de Lettres

Et c'est pas joli à entendre

Rédigé par Victor de Sepausy, le mercredi 11 février 2009 à 09h11

Outre leur rencontre à l'Élysée où le président français remit à l'auteure le titre de Chevalier de la Légion d'honneur, quel est le point commun entre Nicolas Sarkozy et J.K. Rowling ? Ils servent tous deux de support à un cours universitaire... Pour Jérôme Cabot, docteur ES langue et littérature française, à la fac Jean-François Champollion d'Albi, l'occasion était trop belle.

« Faire en sorte d'être pédagogue, essayer d'être amusant et surtout inattaquable sur le plan scientifique », c'est le credo de son cours, ouvert à tous, et dans lequel, hier, il s'est offert le discours de Nicolas Sarkozy pour illustrer une thèse : le « martèlement rhétorique ». En effet, au fil du discours, il tente de convaincre que son idée est la bonne - la réforme de Pécresse -, parce qu'elle incarne le mouvement, contrairement à la passivité de ses détracteurs.

Entre un « clivage binaire » et « le jeu des personnes grammaticales » qui opposent le pourfendeur Nicolas Ier et les sots qui n'ont rien compris, le professeur examine méticuleusement l'ensemble des paroles. Exemple rapporté par nos confrères de La dépêche, sur la fuite des cerveaux : « Pas assez de résultats, pas assez de qualité de vie au travail, pas assez d'attractivité et on en tire la conclusion qu'on ne fait rien. Que nous regardons. Que l'on commente le malaise. Que l'on décrit le malaise. Que l'on réfléchit sur le malaise. Que l'on pense au malaise. On entretient le malaise. Nous, nous allons y répondre. Par l'action, par la décision… »

Comment provoque-t-on alors le "pathos" chez l'auditeur, par le principe d'anaphore, la répétition d'un même mot en début de phrase, typique du théâtre. Devant un auditoire captivé, M. Cabot a pu mettre en pratique - durant 5 heures - sa vision de la pédagogie. « Enseigner la littérature et l'analyse critique du langage est un choix militant puisque ça a vocation à développer l'esprit critique. » En pointant « un discours offensant », dans un contexte social difficile pour l'université, nul doute qu'il aura su efficacement se faire entendre.



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