Les archives recouvraient plus de 60 années, de 1931 à 1994, de la vie de Guy Debord, le philosophe situationniste, penseur d'une réflexion critique acérée sur la société occidentale et une université américaine avait témoigné son désir de devenir acquéreuse d'une partie de ce fonds.

En effet, après le suicide du philosophe, en 1994, les archives qu'il avait lui-même ordonnées ont par la suite été reprises par sa veuve, Alice Debord, qui a poursuivi ce travail. Aujourd'hui, Benoît Forgeot, libraire parisien qui en a la responsabilité, rapporte à l'AFP les volontés d'Alice. «
L'objectif d'Alice Debord est que cette archive soit conservée intégralement dans un même lieu et mise à la disposition des chercheurs le plus rapidement possible. »
Ainsi, le ministère de la Culture s'est emparé du fonds et la Commission consultative des trésors nationaux a rendu son verdict. L'université américaine restera bredouille, ces archives sont désormais classées patrimoine historique. En effet, la Commission estime «
que cet ensemble s'avère unique pour l'étude de la genèse de l'oeuvre de Guy Debord, l'un des penseurs contemporains les plus importants et capital dans l'histoire des idées de la seconde moitié du XXe siècle ».
Toutefois, Alice Debord dispose des droits moraux du philosophe, et maintenant, c'est à l'État de négocier avec elle, et de trouver une solution dans un délai de trente mois. Si c'est le cas, le fonds ira en rejoindre d'autres dans le département des manuscrits de la BnF.
Pour Benoît Forgeot, interrogé par
Libération, «
c'est une reconnaissance. L’État accueille désormais l’enfant terrible et lui fait une place dans le Saint des Saints ».
Mardi 17 fév 09
à 16 h 01