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Noblejas en Espagne, où les enfants sont payés à lire
C'est un peu comme dans le pays merveilleux de Pinocchio, où les enfants font ce qu'ils veulent, sans se transformer en âne.
La solution ne manquera pas de choquer, mais les enfants du village se rompent à l'exercice avec plus de facilité désormais. Le maire de Noblejas, qui a impulsé cette initiative, Agustin Jimenez Crespo se désespérait de voir combien les enfants de son village (commune de moins de 4.000 habitants, à 55 km de Tolède) échouaient dans leur scolarité.Lutter contre l'échec scolaire : la fin justifie les moyens ?
Il a mis sur pied une « initiative pionnière et ambitieuse en matière d'éducation » et tout enfant passant une heure à lire touche désormais un euro. « Pouvons-nous et devons-nous rester les bras croisés alors que, de manière évidente, nous voyons que les élèves ratent leur scolarité ? » assénait le maire. Avec près de 80 % d'échec, « la discipline pour les études est en recul », une décision s'imposait : « Pour arrêter cela, nous avons besoin de sanctionner ou de payer le goût d'étudier. »
« Il est touchant car on sent qu'il a envie
de lutter contre des moulins à vent ».
Alain Bentoila
de lutter contre des moulins à vent ».
Alain Bentoila
Mais il ne s'agit pas d'une rémunération. On parle ici de subvention, précisément destinée à aux parents ayant des enfants en section primaire. La commune « subventionnera les familles à hauteur d'un euro par heure passée à la bibliothèque », et espère également « renforcer le rôle actif des parents dans l'éducation de leurs enfants ».
Comme toujours, les pour et les contre
Et au sein du village, les habitants froncent les sourcils. Si les uns pensent qu'il s'agit là d'une idée inattendue pour renforcer la lecture, les autres considèrent Augustin simplement comme un fou.Le linguiste Alain Bentoila s'amuse pourtant de cette attitude, très don quichottesque : « Il est touchant car on sent qu'il a envie de lutter contre des moulins à vent ». L'idée de soudoyer un lecteur ne mènera à rien lui semble-t-il, il faut au contraire le séduire. « À sa place, j'organiserais des séances de lecture de beaux textes qui favorisent l'imagination » illustre-t-il.
Dans une étude publiée par la Commission européenne, il apparaîtrait que 31 % des jeunes Espagnols quittent l'école rapidement et que 21 % rencontrent des difficultés à l'âge obligatoire de 15 ou 16 ans.
Rédigé par Clément S., le vendredi 08 février 2008 à 17h48
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