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Arundhati Roy écrivain pacifiste soutient Talisma Nasreen
Les forces vont vraiment devoir se mobiliser pour que l'écrivaine ne subisse pas les menaces des musulmans.

Arundhati Roy est une écrivaine indienne qui avait obtenu le Prix Booker en 1997 pour Le Dieu des petits riens, connue pour son activité pacifiste, pour laquelle elle reçut en 2004 le prix Sydney de la paix. Personnage majeur de la littérature indienne, Arundhati vient de ne pas prendre les armes une fois de plus pour soutenir Talisma Nasreen, accusée d'avoir insulté l'Islam.

Défendre la liberté d'expression

Nous vous le rappelions, le passeport de cette dernière expire à la fin de la semaine et elle pourrait se voir expulsée d'Inde s'il n'est pas renouvellé, ce que les autorités du pays tardent à réaliser. Dans une lettre publique, Arundhati Roy a donné de la voix pour prendre la défense de sa concitoyenne, alarmée qu'elle est par l'attitude de son pays.

« Tout ce que je désire c'est vivre en paix
dans ce pays. Je n'ai nulle part où aller.
»
Talisma Nasreen

« L'Inde veut donner d'elle l'image d'une démocratie, alors qu'elle se comporte actuellement comme un une manifestation concertée contre la liberté d'expression. Nous voulons protéger cette liberté, pierre angulaire de la démocratie. Nous ne sommes pas tous en accord avec ce que Talisma a écrit. Mais dans une démocratie, nous devrions défendre ses droits à le dire. Alors qu'actuellement, Delhi accueille la Foire mondiale du livre, nous emprisonnons nos écrivains. » s'indigne Arundhati Roy.

Le livre maudit

Si le livre de Talisma a été retiré, et que les passages délicats en ont été supprimés, les musulmans clament qu'il en circule encore des copies. « Effrayée de quitter le pays » pour recevoir le prix Simone de Beauvoir en France, Talisma redoutait surtout « qu'ils ne me laissent pas rentrer dans mon pays », car elle est considérée comme une « invitée » en Inde.

Les intellectuels musulmans pretextent que « la nature sexuelle » du livre est le véritable problème. Zafarul-Islam Khan, éditeur de la Milli Gazette explique : « Ce qu'elle a écrit est répréhensible. Cette femme a la possibilité de vivre à Londres ou à New York, et elle pourrait y aller. Pourquoi le gouvernement dépense-t-il tant d'argent pour la garder ici ? »

Et l'intéressée de marquer son étonnement d'avoir « été persécutée en Inde, autant que je le fus au Bangladesh... Aujourd'hui la déportation, demain le bannissement ? Et ensuite ? L'exécution ? Tout ce que je désire c'est vivre en paix dans ce pays. Je n'ai nulle part où aller. »

Rédigé par Clément S., le mardi 12 février 2008 à 10h32

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