Hadopi : le monde du livre écarté du projet Création & Internet

Et ce, depuis le début de la réflexion

Rédigé par Clément S., le mardi 10 mars 2009 à 14h37

Alors qu'aujourd'hui vont commencer les débats sur le très contesté projet de loi Internet et Création, soutenu par Christine Albanel, ministre de (quelle ?) Culture et les majors de la musique et du cinéma, Hervé Gaymard présente également son rapport sur la réglementation du livre au Conseil du livre.

Et tandis qu'à l'Assemblée nationale, les discussions iront bon train, le député rappelle cependant que l'industrie du livre est exclue à tort de cette question. Nous avons plusieurs fois rapporté dans nos colonnes la réalité de ce constat, questionnant le Syndicat national de l'édition qui est manifestement aux abonnés absents, notamment sur le devenir des ebooks.

Cependant, il semble, rapporte LivresHebdo, que les acteurs du livre aient été exclus des discussions. En effet, la commission dont Denis Olivennes fut président, chargée d'examiner ces questions, estimait que le secteur n'était pas encore sous le coup du piratage. Ainsi, on préfère mettre de côté ceux qui ne sont pas directement lésés, ou bien l'industrie du livre ne pèse-t-elle pas assez lourd face aux majors ? Pourtant, un étude montrait qu'en Italie, le piratage de livres aurait déjà dépassé celui de la musique...

Denis Olivennes était pourtant président de Fnac au moment des premières ébauches. Et l'on assure depuis que les ayants droit et les syndicats auraient toujours la possibilité de plaider devant Hadopi, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, en cas de piratage avéré et constaté.

Hervé Gaymard, de son côté, rappelle dans son rapport que le livre, à l'instar des autres produits culturels, se doit de proposer au consommateur une offre légale. Des propos qui résonneront étrangement, attendu que Bruno Patino, dans le rapport remis à la ministre de la Culture le 30 juin 2008, soutenait déjà cette idée. Une suggestion qui a du mal à se mettre en place, manifestement.



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Anonyme1985

Mardi 10 mar 09
à 09 h 05


C'est super drôle, même si cela reste plus confidentiel, les scans de livre pulullent aussi sur les réseaux p2p. C'est dire le ridicule de cette loi, car les editeurs de livres ne pourront rien faire
Moi

Mardi 10 mar 09
à 14 h 37


Il n'y a qu'une solution mes amis. Le jour où cette loi sera mise en oeuvre, il faut que chaque propriétaire d'un ordinateur télécharge chaque jour. On verra s'ils vont couper tout le monde et surtout, on verra la réaction des opérateurs quand l'ensemble du réseau n'aura plus de connections ! Perso, je télécharge (et je n'en ai aucune honte) ce que je n'acheterai pas. Ou bien des choses qui n'existent pas en DVD ou VHS. Bref, j'ai récupéré des documents rares que je n'aurais pu avoir ailleurs ! Quelqu'un peu me fournir le DVD du concert de Sting "Strange fruit" ? Non, et surtout pas les marchands..... Internet oui ! Alors pourquoi m'en priver ? Je vous rassure, j'ai acheté le dernier DVD du concert de Police. Hors de question de le télécharger. Quand on aime, on veut l'objet. J'ai téléchargé "Dexter". ça m'a plu. Je vais acheter le DVD. J'ai téléchargé "Bienvenue chez les ch'tis", je n'achèterai pas. Si je n'avais pu le télécharger, je ne l'aurais pas acheté de toute façon, donc pas vu ! En ce moment, je découvre une sitcom ancienne "Frasier Crane". Où l'aurais je trouvé sans internet ? Je suis moi même auteur, je suis donc bien placé pour parler du sujet. ça ne me dérange pas que quelqu'un télécharge ce que j'ai fait. Il peut avoir un coup de foudre et vouloir en savoir plus sur mon travail. Je serai forcément gagnant sur le long terme. Et puis sur You tube et Daylimotion, il y a des sketches que j'ai écrit. Pourtant, je ne touche pas de droits d'auteurs. Qu'une plateforme se fasse du fric sur mon dos me choque bien plus qu'un type qui va mettre mon travail à disposition tout à fait bénévolement. J'ai prêté des disques à des potes quand j'étais jeune, qu'ils enregistraient sur une K7 audio. On va me poursuivre ? Où est la différence si ce n'est que la mondialisation a pris le pas sur la camaraderie de proximité ? Aujourd'hui j'ai des potes à Rio, Madrid et Londres au lieu de Rouen, Quevilly et Oissel. On ne peut pas cracher sur protectionniste d'un côté et le cajoler de l'autre. Un artiste veut être vu. Et comme l'a très bien dit mon camarade Michaël Youn : "Je préfère être téléchargé. Au lieu de rouler en porshe on roulera en audi TT, et on se fera une raison !"
Pas vraiment le genre de réflexion qu'on risque d'entendre chez les marchands !
D'ailleurs, en tant qu'ex auteur de Groland, je n'ai jamais touché le moindre centimes des ventes du 20H20, Grolandsat, et Groland, 15 poils au cul.
Ces choses sont dans les bacs depuis fort longtemps. Où est passé l'argent ?
Si c'est juste pour rincer les majors, alors je vous le dis les copains, téléchargez sans honte, l'argent n'arrive pas jusqu'à nous (ou du moins moi, je ne suis pas dans compte en banque des autres)

Je terminerai ce coup de chapeau (qui n'a rien à voir mais tant qu'on y est) au gouvernement qui a obligé, sous peine d'amende, tout un chacun d'avoir un triangle dans sa voiture et qui aujourd'hui est amené à ne pas le sortir sur l'autoroute. J'imagine que bientôt, il ne faudra pas non plus mettre le gilet jaune obligatoire parce qu'il fait mal aux yeux.

Une chance que Sarkozy est opté pour l'ouverture pour avoir les meilleures....

Au secours !

Franck Benoist, ex auteur à Groland
 
dessin du jour AcuaLitté