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Harvard publie gratuitement les articles sur Internet
L'université désire faire un grand geste pour les lecteurs de revue spécialisées bien trop chères pour leurs bourses.

Pour un universitaire, l'alternative est simple. Tout autant que pour un écrivain. C'est : Publier, oun mourir. Et avec le grand coeur qui la caractérise, l'université d'Harvard a décidé de donner la vie... sur le Web... gratuitement... Les membres ont en effet planifié un vote au cours duquel on débattra de la possibilité de diffuser en ligne leurs travaux, plutôt que de signer des contrats d'exclusivité avec des revues scientifiques, chères pour les lecteurs.

Arts et Sciences sont directement concernés par le vote qui aura lieu aujourd'hui. « Ce sera un premier pas vers la libération des publications, empêtrée dans l'étau des éditeurs, que de mettre gratuitement à disposition ces recherches. » Et conservant leurs droits sur les publications, les auteurs pourront par la suite les faire publier s'ils le souhaitent. Avec la possibilité de s'opposer à une publication gratuite, s'ils ne le souhaitent pas.

Des articles qui valent autant que les cheveux de Britney Spears

L'industrie hurle au meurtre du commerce, et déclare tout de go que cela tuera la qualité de la recherche, du fait qu'il n'existera aucune sélection dans ce qui sera alors publié. On assisterait en effet à un marasme d'articles aussi facilement mis en ligne que les photos de la dernière coupe de cheveux de Britney Spears...

Risque réel pour les revues ou non ?

Sauf que les professeurs considèrent cette initiative d'un bon oeil, eu égard au prix exorbitant des périodiques scientifiques, s'inquiétant pour leur part de ce que certaines revues pourraient alors disparaître... En histoire de l'Art, par exemple, les frais de reproduction pèsent lourd et les abonnements payent en partie ces frais. Lorand Matory, professeur d'anthropologie à Harvard souligne lui aussi que « n'importe quel professeur pourra mettre son article en ligne », voyant là un mal réel.

A contrario, le professeur Shieber explique que dans le domaine de la physique des articles ont été mis gratuitement à disposition sur le net depuis une dizaine d'années et que les revues spécialisées continuent de prospérer. « Pour autant que je sache, ajoute-t-il, tous ceux à qui j'en ai parlé soutiennent ce principe. Mais il y a toujours une différence entre le principe et sa réalisation. »

Rédigé par Clément S., le mardi 12 février 2008 à 15h10

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