Eyrolles du SNE : 'Éviter le piratage et la gratuité' pour l'ebook

Une interview qui fleure bon les multiples commissions de validation des réponses...

Rédigé par Nicolas G, le mardi 28 avril 2009 à 20h46

La position du SNE face au livre électronique est connue : freiner des quatre fers. Et le plus vigoureusement possible. Pour dernière preuve, nous avions eu droit à un rapport consternant sur l'ebook.

Anéfé, dans celui-ci, on découvrait pêle-mêle que les DRM limitant à 6 lecteurs un fichier, c'est bien ; que le prix moins cher, c'est pas possible ; voire que l'ebook pollue plus... Bref, on en riait quand on ne pouvait plus en pleurer.

Éviter le piratage et la gratuité ! (Et le ridicule ?)

Le président Serge Eyrolles est cependant revenu dans les colonnes de BibliObs pour s'expliquer sur le numérique. Alors une nouvelle position ? « Nous voulons à tout prix éviter le piratage et la gratuité », explique-t-il, ajoutant que la Commision Politique numérique du livre sponsorise la numérisation des ouvrages par les éditeurs de 50 à 60 %.

Et verra-t-on un réel développement ailleurs qu'aux États-Unis ou au Japon (on ne manquera pas d'ajouter que bien d'autres pays sont déjà moins frileux qu'en France...) ? « Mais en France, il y a une prudence dans la culture du livre. Le marché existe plus pour la presse que pour le livre », répond le président. Oui, mais des contre-vérités de ce genre, il s'en débite beaucoup ces derniers temps. Ce n'est pas que le marché existe plus pour la presse, c'est que l'offre en matière de livres est d'une indigence terrifiante...

L'ebook coûte maintenant plus cher à produire !

Et de citer Orsenna pour vanter le livre papier, alors que l'auteur fait partie justement des défenseurs de l'avenir du numérique. Effarant... Mais comme on pouvait s'y attendre, Serge Eyrolles revient à la charge : l'ebook « coûte plus cher qu'un livre papier, mais est vendu moins cher : on a tout faux, c'est impossible à rentabiliser. Les diffuseurs numériques demandent des remises comme certains libraires : on ne s'en sort pas ». Évidemment, on re tombe dans les travers et la désinformation... Là encore, du grand art. D'autant plus intéressant que le SNE a récemment déclaré que l'ebook coûtait au moins autant à créer. Mais la crise, que voulez-vous...

Une plateforme ? Pour les vendre... J'ai bon ?

Mais justement, comment le vendre ce numérique ? Une plateforme (pétrolière ?) avance le président, probablement de vente légale : c'est bien, mais si l'on n'a rien à vendre. « Le cinéma et la musique n'ont rien compris au piratage et au marché. Nous avons conscience des ravages qui ont fait perdre à la musique 50 % de son chiffre d'affaires » terrorise alors soudain Serge Eyrolles.

Mais qu'on se rassure, les éditeurs ont compris et ne commettront pas les mêmes erreurs : au menu, des DRM, en entrée, au plat et au dessert. « On court un grand danger de banalisation de la culture littéraire française. C'est une menace, parce qu'ils ont plus de moyens que nous », conclura-t-il.

Conclure, peut-être, mais concluant, pas vraiment...



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Ahl Al Kitab

Lundi 27 avr 09
à 15 h 02


Gros problème dans votre analyse Nicolas S, vous dites que le marché français tarde à décoller parce que l'offre de livres numériques est indigente.

Or, l'offre commerciale disponible de livres numériques est déjà d'au moins 50 000 titres soit environ 10% de l'offre commerciale disponible de titres pBooks.

Et malheureusement les ventes de eBooks sont très loin d'atteindre 10% des ventes de pBooks ! C'est simple, elles ne sont même pas mesurables statistiquement.

Donc avant de dauber sur l'indigence de l'offre, cher monsieure, il conviendrait de garder le sens des proportions !
Aux admins

Lundi 27 avr 09
à 15 h 39


merci aux gentils admins de virer mon email qui apparaît sur la page par erreur ci-dessus...

10 % de l'offre papier ?
J'aimerais bien une source qui ne soit pas le SNE pour un tel chiffre....
On se rapprocherait plutôt du beaucoup moins, eu égard à ce qui est publié en France.
En outre cf, les chiffres de l'édition
http://www.actualitte.com/dossiers/434-chiffres-clefs-statistiques-edition-rapport.htm
Plus de 75.000 titres publiés en 2007... je saisis mal votre 50.000 ebooks...
Ou alors vous êtes vous mal fait comprendre ?
Patrick

Lundi 27 avr 09
à 17 h 52


Plus simple : s'il n'y a pas d'offre, c'est qu'il n'y a pas de demande, et s'il n'y a pas de demande, c'est parce qu'il n'y a pas besoin d'offre.

A lire et à relire : "Un nobélisable mise sur Internet"

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04 /24/coree-du-sud-un-nobelisable-mise-sur-internet_1184938_0.html
Ahl El Kitab

Mardi 28 avr 09
à 00 h 10


Cher Clément Solym

1. l'estimation de l'offre de 50 000 titres eBooks disponibles à la vente en France ne vient absolument pas du SNE mais des principaux diffuseurs numériques. Quand à l'estimation de 500 000 pBooks disponibles à la vente, elle provient là encore non du SNE, mais de GfK. C'est 530 000 titres, d'ailleurs. Plus de 600 000 selon Electre. Même si on prend une estimation conservatrice, ce qui est certain, c'est que les ventes d'eBooks sont dérisoires par rapport à l'offre existante, qui en quantité est tout sauf indigente. Il y a déjà des catalogues assez sérieux, le pb est que ça ne se vend pas très bien, on est bien obligé de l'admettre.

2. Vous confondez le nombre de titres publiés par an selon le SNE (75000) avec le nombre de titres disponibles à la vente, ça n'a rien à voir !

3. Question, chez Actualitté, vous êtes payés par Sony ou vous avez vraiment trouvé des acheteurs contents du PRS 505 ? Je vous pose la question parce que selon GfK, les consommateurs boudent massivement ces tablettes de lectures tout simplement parce qu'elles sont bien trop chères. Vendues entre 300 et 500 ? l'unité, alors que les consommateurs les attendent à 60?...

4. Toujours selon GfK, en 2008, alors que Sony a vendu péniblement 6000 PRS, il s'en vendu...1,8 millions de smartphones et PDA. Vous pensez toujours qu'il n'y a pas de demande et pas d'offre à cause des éditeurs ?
Tom

Mardi 28 avr 09
à 13 h 05


@Ahl El Kitab: je ne pense pas qu'ils soient payés, chez Actualitté. Ce sont des journalistes amateurs, qui passent leur temps à traduire différents forums anglophones sur le sujet des ebooks. Ils ont leur utilité, leur veille est efficace, mais il ne faut pas non plus en attendre grand chose.

Merci pour ce résume exhaustif qui démontre que vous nous suivez avec attention, Tom.
Mais vous avez raison sur un point - du moins je vous donne raison sur ce point - il faut bien passer le temps...
:-)
Ebooker

Mardi 28 avr 09
à 20 h 46


@ Ahl Al Kitab
50.000, certes, mais vous avez tenté de trouver une nouveauté de chez Actes Sud en ebook, par exemple ? C'est bien beau de parler de la production réalisée par les 'autres' maisons, et leur travail est exemplaire, mais l'offre des livres que l'on trouve en librairie est moribonde si l'on cherche des ebooks.

pour ce que j'en dis cela dit..
 
dessin du jour AcuaLitté